CHASSAGNE Georges. Dit FOUQUET.

Né vers 1906 ; ingénieur ; élève de l’ELI ; militant communiste exclu en 1931 ; syndicaliste CGT ; chargé de mission au cabinet du secrétaire d’État à la Production industrielle sous Vichy.

Georges Chassagne dès l’âge de vingt ans associé à la commission municipale du Parti communiste. Victor Cat qui en assurait la direction insistait sur le rôle des techniciens et des ingénieurs dans la mise en place d’une politique municipale. Secrétaire du 3e rayon de Paris, il fut exclu en 1931 du Parti communiste. En 1954, Chassagne affirme avoir fait un stage en URSS. Prévu pour un an (c’est donc un stage de l’ELI) il demanda à partir au bout d’un mois. Cette information est vraisemblable même si nous n’avons pas découvert de dossier à son nom dans les Archives du Kominterm. Le dossier peut être à son pseudonyme moscovite que nous ne connaissons pas. Les deux Chassagne qui ont un dossier personnel au Komintern sont Marcel Chassagne (495 270 4429) et Chassagne sans prénom (3116).

Devenu syndicaliste CGT, membre du secrétariat de la fédération des techniciens et dessinateurs, il fit partie du courant le plus hostile aux syndicalistes communistes. Il habitait dans le quartier du Marais.
Le 28 .février 1941 fut constitué le Comité d’organisation professionnelle (COP) chargé de l’élaboration de la Charte du travail. Y participent : Allix, cadres ; Bard, secrétaire général adjoint de la Fédération des mineurs CGT ; Marcel Bonnet, secrétaire général de la Fédération de l’habillement CGT ; Antoine Charrial (coopératives de production) ; et Georges Chassagne. En juillet 1941, François Lehideux nommé secrétaire d’État à la production industrielle fit appel à ce militant proche de René Belin*, comme chargé de mission. Sans avoir appartenu officiellement au cabinet de Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur, il entretint avec lui de bonnes relations et fut même chargé de se rendre à Châteaubriant, au camp de Choisel, le 13 octobre 1941 où il se trouva nez à nez avec des syndicalistes qu’il connaissait, en particulier avec Désiré Granet* qui relata longuement cette rencontre dans une lettre à sa femme. L’autorité de Chassagne était réelle puisqu’il ordonna au chef de camp de transférer quelques internés dans la baraque spéciale n° 19, celle dont seront extraits les fusillés de Châteaubriant. Quelques jours plus tard, à la demande des Allemands, une liste d’otages est établie et Chassagne semble avoir participé à son élaboration. Il sera à ce titre arrêté le 28 août 1945, écroué à Fresnes d’où il sortira au bout de soixante-trois mois de préventive. Il niera toujours avoir participé aux tractations, du moins avoir pointé des noms (en fait les noms de communistes « notoires ») sur une liste de cent militants. Pour sa défense, il dira que s’il a siégé jusqu’en décembre 1944 au comité d’organisation de l’automobile, il resta ensuite ingénieur-conseil et ne se cacha pas. Déféré devant le tribunal militaire de Bordeaux avec La Rozière, il obtint, aussi que ce dernier, l’acquittement le 29 septembre 1954. Les historiens Liaigre et Berlière qui ont étudié le dossier à fond pensent que Chassagne a « vraisemblablement donné un avis sur les internés, mais n’a pas, à proprement parler, désigné des otages à fusiller » (op. cit., p. 85). Les listes de Pucheu comportaient 17 des 27 otages fusillés le 22 octobre à Châteaubriant et 9 autres seront fusillés le 15 décembre 1941.
Georges Chassagne aurait conduit Pucheu à la frontière espagnole.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89304, notice CHASSAGNE Georges. Dit FOUQUET., version mise en ligne le 25 septembre 2010, dernière modification le 24 octobre 2010.

SOURCES : Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le Sang des communistes, Fayard, 2004. — A. Vassart, Mémoires, op. cit.. — DBMOF. — Notes de Patrick Fridenson.

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