HESSE André, Alexandre

Par Antoine Olivesi, Justinien Raymond, Madeleine Rebérioux

Né le 29 décembre 1880 à Paris ; professeur à l’École pratique d’industrie de Marseille, licencié ès lettres, docteur en Droit ; militant socialiste à Paris d’abord, puis dans le Nord, enfin à Marseille où il enseigna tour à tour.

En réunion publique, André Hesse était très violent et le préfet demanda son déplacement au ministre du Commerce et de l’Industrie. Celui-ci différa la mesure jusqu’à la prochaine rentrée scolaire, puis ne la prit pas. André Hesse fut le promoteur de l’agitation organisée à l’occasion du transfert du corps du « disciplinaire » Aernoult, en juin 1910. Il organisa une manifestation dans les rues, un rassemblement, fit placarder des affiches pour réclamer la suppression des compagnies de discipline et la fin des tortures en Afrique du Nord. Ce combat fut mené avec l’accord du Parti socialiste SFIO et des syndicats. Briand décida le renvoi à octobre du transfert du corps d’Aernoult : un rassemblement à la Bourse du Travail protesta contre ce renvoi.

Aux élections législatives de 1910, André Hesse se présenta contre Joseph Thierry, dans la 3e circonscription, la plus à droite de Marseille. Il obtint 2 901 voix sur 19 669 inscrits (soit 14,75 %) et 13 614 votants, contre 10 236 à Thierry, élu au premier tour.

Docteur en Droit, pédagogue accompli et conscient de l’être, Alexandre Hesse était assez connu dans le Parti pour représenter aux congrès nationaux de la SFIO chaque année une fédération différente : le Pas-de-Calais à Limoges (1906), la Seine à Nancy (1907), le Haut-Rhin à Toulouse (1908), les Bouches-du-Rhône à Nîmes et à Paris (1910). En 1911, il représenta la Fédération du Cher au conseil national et au congrès de Saint-Quentin. En 1912, il fut nommé professeur à l’École nationale professionnelle de Cluny et, dès le 20 octobre, il présidait le comité fédéral de Saône-et-Loire. Il acquit immédiatement assez d’autorité dans la Fédération pour la représenter au conseil national à partir de mars 1913 jusqu’à la guerre, et c’est lui qui présida le congrès fédéral de 1914.

Très antiguesdiste, il portait intérêt à l’étude de la nationalisation immédiate des forces collectives envisagée comme un moyen d’« organiser la démocratie sociale » (compte rendu du congrès de Nancy, p. 151), et à celle de la législation du travail sur laquelle il rapporta au congrès de Paris en juillet 1910.

En 1919, André Hesse était professeur à l’École des Arts-et-Métiers d’Aix-en-Provence. Sa candidature fut un moment envisagée sur la liste SFIO dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône aux élections législatives. Il fut battu peu après, en décembre, pour le conseil général, dans le canton de Trets (Bouches-du-Rhône), avec 648 voix sur 2 164 inscrits contre 747 à Auguste Baret.

Après le congrès de Tours, il resta à la SFIO et manifesta sa fidélité au congrès fédéral de Marseille, le 6 février 1921. Il proposa deux résolutions : la première pour protester contre la dissolution de la CGT et l’invention « du complot communiste » par le gouvernement, mais dans la deuxième, tout en défendant la révolution russe « contre toutes les réactions et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », il affirma son refus d’un nouveau parti « soumis à une dictature venue de l’extérieur, anonyme, irresponsable, en contradiction avec notre tempérament et nos besoins ». Il incita la SFIO à réorganiser une Internationale unique du prolétariat, souhaita le respect de l’autonomie syndicale et le maintien de l’unité dans la CGT et préconisa la défense « des principes laïques et républicains inséparables de la cause sacrée du socialisme ». Il conclut en invoquant Jules Guesde, Vaillant et Jean Jaurès sur la nécessité de continuer sans compromission la lutte des classes « pour hâter la transformation de la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste ».

À ce congrès, André Hesse fut élu membre de la commission exécutive pour Aix et délégué au congrès national du parti.

Au congrès fédéral SFIO du 16 octobre 1921 à La Ciotat, Hesse fut de nouveau réélu, mais cette fois pour Salon, et de nouveau délégué au congrès national de Paris. Il fit partie, au cours de ce congrès fédéral de la courte majorité qui approuva la présence des élus du parti lors de la prochaine visite du président de la République, Millerand, à Marseille pour l’inauguration de l’Exposition coloniale.

Quelques jours plus tard, le 30 octobre, à Aix, André Hesse fut délégué de l’enseignement au congrès extraordinaire de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône, il intervint sur des problèmes corporatifs et locaux (licenciements dans le personnel hospitalier) puis, après la démission de Mayoux, tira la conclusion de ce congrès où, selon lui, il n’y avait eu « ni vainqueurs ni vaincus ».

Le 23 mars 1922, André Hesse présida une réunion de la Ligue des droits de l’Homme à Aix.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87634, notice HESSE André, Alexandre par Antoine Olivesi, Justinien Raymond, Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 21 avril 2010, dernière modification le 8 octobre 2018.

Par Antoine Olivesi, Justinien Raymond, Madeleine Rebérioux

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 2 III 56 A et 56 B. — Le Petit Provençal, 14 juin 1910., 15 décembre 1919, 7 février, 17 et 31 octobre 1921. — A. Olivesi « Les Socialistes marseillais et le problème colonial », in Le Mouvement social, n° 46, janvier-mars 1964 (pp. 27 à 65). — Comptes rendus des congrès. — Le Socialiste de Saône-et-Loire.

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