VALET André, René

Né à Verdun (Meuse) le 27 mai 1890 ; tué dans la nuit du 15 au 16 mai 1912 à Nogent-sur-Marne (Seine) ; anarchiste illégaliste. (Voir Bonnot).

Victor Serge, qui le connut au Quartier Latin, écrit dans ses Mémoires d’un Révolutionnaire, 1901-1941, Paris, 1951, p. 28 : « ... René était légal, aisé, il avait même, non loin de Denfert-Rochereau, son petit atelier de serrurerie [...] [Il] se jeta dans une mortelle aventure par esprit de solidarité, pour aider les copains perdus, par besoin de combat, au fond, par désespoir. »
Son enfance fut heureuse, mais ses parents connurent des revers de fortune ; la gêne vint ; il en souffrit. À vingt ans il déserta, passa en Belgique, y connut l’illégaliste Garnier, déserteur lui-même. Très courageux, plus instruit que ses camarades, Valet, au « visage long et osseux, aux poils roux, à la bouche crispée et douloureuse [...] véritable évocation de Poil-de-Carotte » était « une des figures les plus attachantes de ce milieu bizarre. » (V. Méric, Les Bandits tragiques). Aux côtés de Bonnot, il devint un illégaliste.
Une quinzaine de jours après la mort de Bonnot, Valet et Garnier furent cernés dans un pavillon de Nogent-sur-Marne où ils s’étaient réfugiés. Dans la nuit du 15 au 16 mai 1912 les policiers donnèrent l’assaut : Garnier fut tué, Valet, blessé, fut piétiné par la foule et mourut au moment où on allait le transporter à l’hôpital.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article86182, notice VALET André, René , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

SOURCES : Arch. PPo., B a/1 643. — Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste en France, op. cit. — Ravachol et les anarchistes, op. cit. — Gazette des Tribunaux, 3, 4, 28 février 1913.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., E a/141.

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