CASTAING Pierre

Par Justinien Raymond

Né vers 1835 ; cordonnier ; militant socialiste de Bordeaux (Gironde).

Castaing résidait à Bordeaux depuis 1860 environ. Boiteux, il avait été exempté du service militaire. Membre du conseil des prud’hommes, président de la chambre syndicale des cordonniers, secrétaire de l’Union syndicale de Bordeaux, il avait été le promoteur de l’envoi de délégués de Bordeaux à l’exposition de Philadelphie. Il correspondait avec les comités radicaux du Midi, et le journal La Tribune, par l’intermédiaire de Chabert. Il avait pris une part active aux élections de février 1876.
Castaing assista comme délégué de l’Union des chambres syndicales ouvrières de Bordeaux aux séances du congrès ouvrier de France qui se tint à Paris du 2 au 10 octobre 1876. Il intervint le 6 octobre à propos des conseils de prud’hommes. Après avoir cité l’exemple curieux des prud’hommes pêcheurs de Cette, qui ne savaient ni lire ni écrire, il demandait des améliorations à la loi de 1848 sur les prud’hommes. Ces améliorations concerneraient le système électoral et le fonctionnement de cette justice. Il souhaitait que les juges puissent faire appel à des experts, pris dans les chambres syndicales, et que le système soit étendu jusqu’aux chefs-lieux de cantons. Il demandait aussi que les compagnies de chemins de fer ne puissent se soustraire à cette juridiction sous prétexte qu’elles ne sont pas productrices.
Le 23 mars 1877, Castaing fut présenté par le Comité ouvrier démocrate socialiste, 2, rue du Tondu, à une élection législative partielle dans la circonscription formée par les 4e, 5e et 6e cantons de Bordeaux. Il réclama « l’amnistie pleine et entière pour tout ce qui concerne les faits politiques dans un but d’apaisement et d’humanité » (La Petite Gironde, 24 mars 1877). Le résultat ne fut pas éclatant : 333 suffrages s’affirmèrent sur le nom de Castaing : 141, 111, et 81 dans chacun des trois cantons constituant la circonscription. La Guienne, organe de droite, se gaussa de cette candidature en écrivant : « La cordonnerie n’est pas prête à prendre en mains, comme une simple paire de bottes, les destinées politiques de la France... Ni la France ni la chaussure ne s’en porteront plus mal » (27 mars 1877).
Pour modestes qu’ils fussent, ces résultats tiraient le socialisme de la vie clandestine où il végétait depuis la Commune et P. Castaing fut un des militants du PO bordelais après le congrès de Marseille (1879). Le 23 juin 1880, il présida au théâtre des Variétés un congrès régional ouvrier qui rassembla quatre-vingt-dix délégués. Il figura sur la première liste de candidats collectivistes au conseil municipal de Bordeaux, présentée le 9 janvier 1881 et qui dénonça l’administration des assemblées précédentes. Mais ce précurseur disparut de la scène bordelaise au moment où le socialisme y occupait progressivement une place croissante.
Participants bordelais au congrès de Paris de 1876 : Angelot, Castaing P., Dufau L., Mesclan Aug.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article78672, notice CASTAING Pierre par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 488. — Arch PPo. B a/33, a/34, a/36. — Compte rendu du congrès de 1876. — A. Moutet, Le Mouvement ouvrier à Paris du lendemain de la Commune au premier congrès syndical en 1876, DES, Paris, 1959. — Les journaux bordelais cités dans la biographie. — Marc Biennès, Le Mouvement socialiste et la pénétration socialiste dans la région de Bordeaux, des débuts de la IIIe République à la 1re Guerre mondiale (4 septembre 1870-3 août 1914), DES, Paris, 1959, pp. 18 à 46, passim.

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