BRUGUIER Victorien

Né à Montclus (Gard) en 1858 ; mort le 28 décembre 1944 ; tailleur d’habits ; un des principaux fondateurs de la Bourse du Travail de Nîmes (Gard) ; premier secrétaire de la fédération ouvrière de l’Habillement.

Victorien Bruguier, membre actif de la chambre syndicale des tailleurs et coupeurs d’habits de Nîmes créée le 4 avril 1879, fut un des principaux fondateurs de la Bourse du Travail le 23 avril 1887. Il en fut le secrétaire, puis le trésorier et la représenta dans plusieurs congrès. C’est ainsi qu’il assista au congrès constitutif de la Fédération des Bourses du Travail qui se tint à Saint-Étienne les 7 et 8 février 1892. Le commissaire spécial de Saint-Étienne, dans un rapport du 9 février, le jugeait ainsi : « Très intelligent, nature douce et sympathique ; conseiller municipal de Nîmes ; a été élu sur la liste de concentration républicaine formée contre Numa Gilly et les réactionnaires ; a constamment donné au congrès la note modérée. » Victorien Bruguier assista également au IVe congrès de la fédération (Nîmes, juin 1895) et au Xe (Alger, septembre 1902). Il fut le premier secrétaire de la fédération ouvrière de l’Habillement constituée en 1893. Lui succédèrent : Rochot en août 1894 ; Milhau, Perrier en 1895 ; Bernadac de 1897 à 1900 ; Rougeron en 1900 ; Chauvot, en 1901 ; Pitolet en 1902 ; Chambon en 1903 ; Gervason en 1904 ; Brochant en 1908 ; Dumas Pierre de 1909 à septembre 1920.
En 1888, Bruguier avait été élu conseiller municipal de Nîmes comme socialiste « possibiliste » et il le demeura jusqu’en 1896. Il s’intéressa surtout aux questions économiques et d’instruction populaire. C’est sur ses propositions que l’assemblée communale vota la gratuité des fournitures scolaires aux enfants des écoles, l’ouverture d’une école pratique d’industrie et de commerce par la transformation d’un cours primaire supérieur, la construction de la Bourse du Travail. Depuis 1899, date de sa fondation, il était président de l’Université populaire ; il y fit de nombreuses conférences. En 1889 et 1900, il fut délégué aux Expositions universelles. En 1900, le groupe républicain socialiste de Nîmes, affilié à la FSA du Gard, le délégua au congrès de Paris, salle Wagram.
V. Bruguier eut deux fils, journalistes. L’aîné, Georges, fut élu sénateur du Gard ; le cadet a créé à Nîmes une importante imprimerie publicitaire.
Firent partie, en 1887, du premier bureau de la Bourse du Travail : A. Theissier, président ; Lombard, vice-président ; V. Bruguier, secrétaire ; Teyssier, secrétaire-adjoint ; Pellegrin, trésorier ; E. Buisson, trésorier adjoint.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article78398, notice BRUGUIER Victorien , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

ŒUVRE : Collaborations au Gard socialiste, au Combat social, au Bulletin officiel de la Bourse du Travail.
Étude historique sur la Bourse du Travail et son utilité économique, in-16, 29 p., Nîmes, 1890. — Les Syndicats agricoles, 1891 — Origine des syndicats professionnels, 1894. — L’Action ouvrière, 1900. — La Bourse du Travail de Nîmes, 1887-1906, Nîmes, 1926, 141 p. (Bibl. Nat. 8° R 45 471).

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 493. — Arch. Dép. Gard 6 M 1008 et 14 M 655. — Dictionnaire biographique du Gard. — V. Bruguier, La Bourse du Travail de Nîmes, op. cit. — La CGT, op. cit.

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