PETHICK-LAWRENCE Frederick William

Né le 28 décembre 1871 à Londres ; mort le 10 septembre 1961 à Londres ; travailliste, féministe.

Originaire d’une famille cossue, Frederick Lawrence fait ses études au collège d’Eton et à l’université de Cambridge. Doué d’une intelligence remarquable, il est ensuite nommé fellow de Trinity College, Cambridge, en 1897, mais la vie universitaire ne le tente guère et il part pour Londres afin de s’inscrire au barreau. Pendant deux ans, il va vivre à Canning Town, banlieue pauvre de l’East End de Londres, où il contribue à animer une fondation charitable de l’université d’Oxford, Mansfield House Uni-versity Settlement. En politique il est d’abord libéral et unioniste, mais il manifeste son indépendance d’esprit en dénonçant vigoureusement la guerre des Boers. Il acquiert en 1901 l’Echo, un quotidien du soir qu’il utilise comme un organe de propagande pacifiste. La même année, il épouse Emmeline Pethick et ajoute le patronyme de sa femme au sien. A partir de 1906, le couple milite activement dans le mouvement des suffragettes ; Pethick-Lawrence fonde en 1907 le périodique Votes for Women, il est aussi le principal soutien financier des Pankhurst dans leur combat. Sa femme est arrêtée et emprisonnée en 1909 puis de nouveau en 1912, en compagnie cette fois de son mari, et les deux époux, inculpés pour conspiration (en liaison avec une manifestation de suffragettes), font neuf mois de prison. Ils entament une grève de la faim mais sont nourris de force.

Pendant la Première Guerre mondiale, Pethick-Lawrence adopte une attitude très critique et se rallie à l’Union pour le contrôle démocratique dont il devient le trésorier. Très courageux, il ne craint pas de présider les réunions les plus houleuses dans lesquelles les pacifistes sont en butte aux manifestations violentes des nationalistes. En avril 1917, alors que l’ardeur guerrière bat son plein, Pethick-Lawrence se présente aux élections législatives de la circonscription écossaise d’Aberdeen, comme candidat d’une « paix négociée », mais il essuie une cuisante défaite. Il se représente en 1922 comme député travailliste mais il est de nouveau battu. C’est seulement l’année suivante qu’il entre enfin au Parlement comme député de Leicester-Ouest, siège qu’il conserve jusqu’en 1931. Dans le deuxième gouvernement travailliste en 1929, il sert comme secrétaire financier auprès du ministre des Finances. A la Chambre des Communes, s’il ne brille guère par l’éloquence, ses capacités de travail et ses compétences d’économiste font de lui un expert précieux pour le parti travailliste ; de plus, ses longs voyages à travers le monde lui donnent autorité en matière de politique étrangère. Il manifeste un intérêt passionné pour la question indienne et en 1931 il fait partie de la Table ronde consacrée à l’Inde. Réélu au Parlement comme député d’Édimbourg-Est, il entre au Conseil privé en 1937.

Au lendemain de la guerre, Pethick-Lawrence reçoit le portefeuille de secrétaire d’État pour les affaires indiennes dans le gouvernement travailliste que dirige Clement Attlee* ; on lui décerne alors le titre de baron et il quitte la Chambre des Communes pour la Chambre des Lords où il devient l’un des principaux porte-parole du Labour. En mars 1946, il se rend en Inde à la tête d’une délégation gouvernementale — dont fait également partie Stafford Cripps* — en vue de préparer le passage du sous-continent à l’indépendance. Le principe de celle-ci étant acquis, il démissionne en avril 1947.

Devenu veuf en 1954, Pethick-Lawrence se remarie trois ans plus tard avec Mrs Duncan McCombie. En 1943, alors qu’il avait soixante-douze ans, il avait écrit ses Mémoires ; personnalité séduisante, et homme d’un grand courage personnel, Pethick-Lawrence était très aimé de ses amis et de ses collègues. Figure notable de la gauche, il a contribué à maintenir vivante et vigoureuse la tradition libertaire en Grande-Bretagne. Il meurt à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75768, notice PETHICK-LAWRENCE Frederick William, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRE : On peut citer notamment A Levy on Capital (L’impôt sur le capital), Londres, 1918. — Why Prices Rise and Fall (Montée et chute des prix), Oxford, 1920. — Fate Has Been Kind (Epargné par le destin), Londres, 1943.

BIBLIOGRAPHIE : V. Brittain, Pethick-Lawrence : A Portrait, Londres, 1963. — A. Rosen, Rise Up, Women ! : The Militant Campaign of the Women’s Social and Political Union, 1903-1914, Londres, 1974. — Who Was Who, 1961-1970. — Dictionary of National Biography, 1961-1970.

Version imprimable Signaler un complément