MACDONALD Alexander

Né le 31 octobre 1821 à New Monkland, Lanarkshire, Ecosse ; mort le 31 octobre 1881 à Wellhall, près de Hamilton, Lanarkshire ; dirigeant mineur, député.

L’aîné de sept garçons, Alexander Macdonald suit son père à la mine dès qu’il a huit ans et pendant seize années consécutives il travaille comme mineur. Très actif auprès de ses camarades, il participe à la grève du Lanarkshire de 1842 et figure ensuite parmi les victimes des représailles patronales.

Macdonald complète l’instruction rudimentaire qu’il avait reçue par des cours du soir et à vingt-cinq ans il entre à l’université de Glasgow ; il subsiste grâce à quelques économies et retourne à la mine pendant les mois d’été. Après ses études, il accepte pour un an un poste administratif à la mine mais en 1851 il ouvre une école. C’est à partir de 1855, après s’être constitué une modeste fortune grâce à d’heureux placements, qu’il se consacre entièrement à l’action en faveur des mineurs ; il devient bien vite secrétaire général de la nouvelle association des mineurs écossais.

Mais l’action syndicale de Macdonald se déroule avant tout à l’échelle nationale. Il joue un rôle considérable dans l’obtention de la loi de 1860 (Coal Mines Regulation Act) qui, entre autres, autorise les mineurs à élire leurs vérificateurs des poids (il s’agit d’employés rémunérés par les mineurs dont la fonction est, dans chaque puits, de vérifier l’exactitude des quantités de charbon créditées à chaque mineur). Les vérificateurs furent très mal vus des patrons et leur situation resta longtemps précaire. Malgré des amendements successifs votés en 1872 et 1887, la fonction de vérificateur ne devient stable et protégée qu’à partir de 1911.

Macdonald est aussi à l’origine de la réunion des mineurs qui a lieu à Leeds du 9 au 14 novembre 1863. A l’issue de cette importante rencontre, une association de mineurs est créée et Macdonald est choisi pour la présider. L’association sera connue plus tard sous le nom d’Union nationale des mineurs (Miners’ National Union) et Macdonald occupera jusqu’à sa mort le poste de président. En 1863 le syndicalisme mineur est encore embryonnaire mais les vingt années qui suivent voient apparaître des unions régionales qui se regrouperont pour finir dans un organisme national, la Fédération des mineurs (Miners’ Federation).

A la tête de la Miners’ National Union, Macdonald mène une politique unitaire en vue de faire voter par le Parlement des mesures améliorant les conditions de travail et d’existence des mineurs. A cette époque il est devenu un des leaders du mouvement syndical, il intervient dans l’agitation contre la loi Maître et serviteur (Master and Servant Laws), c’est lui qui représente les mineurs à la plupart des rassemblements nationaux des trade-unions, et lorsqu’est créé en 1871 le comité parlementaire du TUC, c’est lui qui est choisi comme premier président.

En 1874, pour la première fois, deux ouvriers entrent au Parlement, Thomas Burt* et Alexander Macdonald. Comme Burt, Macdonald a été élu grâce au soutien du parti libéral. De tempérament très radical, il joue un rôle considérable dans le vote de la loi syndicale de 1875 (Employers and Workmen), loi très importante, puisqu’elle met les trade-unions sur un pied d’égalité juridique avec les employeurs dans les conflits du travail. Macdonald fait plutôt preuve de positions radicales.

Au début des années 1880, lorsque Macdonald disparaît, le syndicalisme mineur est au creux de la vague. La chute des prix mondiaux qui s’était amorcée en 1873 frappe durement l’industrie du charbon et les salaires des mineurs subissent de graves réductions. Macdonald, qui s’était montré réticent devant certaines options de cette nouvelle période — telles que la mise en place d’une échelle mobile des salaires variant en fonction du prix du charbon — privilégiait l’action parlementaire pour contrebalancer la puissance des propriétaires des mines.

Personnalité ardente, Macdonald a exercé une influence déterminante pour mettre sur pied un trade-unionisme stable chez les mineurs et il a beaucoup contribué à faire prendre conscience aux mineurs qu’ils constituaient un puissant groupe de pression. Son dévouement à la cause des mineurs reste inégalé. Sa vie et son action font de lui un des représentants les plus typiques des leaders syndicalistes mid-victoriens. Toutefois, à la fin de sa vie, Macdonald a cédé au penchant à l’autosatisfaction et au snobisme de parvenu qui caractérise souvent les leaders ouvriers dans leurs vieux jours lorsqu’ils ont atteint la consécration et les honneurs.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75701, notice MACDONALD Alexander, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

BIBLIOGRAPHIE : S. & B. Webb, History of Trade Unionism, Londres, 1894. — R.P. Arnot, The Miners : A History of the Miners’ Federation of Great Britain, 1889-1910, Londres, 1949. — Idem, A History of the Scottish Miners, Londres, 1955. — J.E. Williams, The Derbyshire Miners, Londres, 1962. — R. Challinor, Alexander Macdonald and the Miners, in Our History, n° 48 (Communist Party of Great Britain). — Royden Harrison éd., Independent Collier : The Coal Miner as Archetypal Proletarian Reconsidered, Hassocks, 1978. — G.M. Wilson, Alexander Macdonald : Leader of the Miners, Aberdeen, 1982. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. I.

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