GRAHAM William

Né le 29 juillet 1887 à Peebles, Edimbourg, Écosse ; mort le 8 juin 1932 à Hendon, Middlesex (Greater London) ; député travailliste.

« Willie » Graham était Faîne d’une famille de six enfants. Son père, entrepreneur en bâtiment à Peebles, s’établit ensuite à Edimbourg. Graham reçoit jusqu’à l’âge de seize ans une instruction solide, puis il va travailler comme employé subalterne au War Office à Londres, de 1903 à 1905. Il retourne ensuite vivre dans sa famille à Édimbourg, mais bientôt il se lance dans le journalisme. D’abord reporter pour le compte d’une feuille locale de Selkirk (petite ville à la frontière anglo-écossaise), le Southern Reporter, dont il devient au bout de six mois le rédacteur en chef. Bien que peu à peu, Graham s’affirme comme un excellent journaliste indépendant, il décide d’entrer à l’Université d’Edimbourg où il fait de brillantes études d’économie.

Graham s’était inscrit en 1906 au Parti travailliste indépendant (Independent Labour Party) et en 1907, il est secrétaire de sa section. A l’université, il adhère au groupe fabien. Très doué, il parvient à mener de front son métier de journaliste qui le fait vivre, ses études et son activité militante. Alors qu’il est encore étudiant, il est élu conseiller municipal travailliste d’Edimbourg, en octobre 1913.

Lors des élections législatives de 1918, en dépit de la vague de fond anti-Labour qui balaie le pays et qui donne une majorité confortable à Lloyd George, Graham remporte une victoire inattendue dans la circonscription d’Edimbourg-centre où il est élu député. Il va conserver ce siège pour le compte du Labour jusqu’en 1931. Aux Communes, Graham met au service du groupe travailliste parlementaire sa clarté d’esprit, sa rigueur de raisonnement, sa mémoire exceptionnelle. C’est un porte-parole compétent en matière financière et économique, et dans le premier gouvernement travailliste, en 1924, il est nommé secrétaire financier du Treasury. Dans le deuxième gouvernement travailliste (1929-1931), il entre au Cabinet avec le portefeuille de ministre du Commerce. Son flair le fait apprécier de Philip Snowden* avec lequel il entretient des liens d’amitié personnels. Comme Graham, Snowden a considérablement évolué vers la droite du travaillisme. Alors que dans sa jeunesse il avait été séduit par les idées du socialisme de guilde (Guild Socialism), telles que les avait développées G.D.H. Cole*, maintenant le socialisme de Graham est devenu des plus modérés. A l’instar de bien d’autres députés du Labour parmi ses contemporains, il subit l’influence intégratrice de la chambre des Communes et, oublieux de ses options radicales, se transforme en un parfait « socialiste parlementaire ».

En août 1931, lorsque MacDonald* et Snowden décident de constituer un gouvernement d’union nationale avec les conservateurs, Graham reste fidèle au Labour. Bien qu’il soit très affecté par les venimeuses diatribes lancées par Snowden contre ses anciens amis, en particulier au cours de la campagne électorale de 1931, il seconde très loyalement Henderson*, au sein du groupe parlementaire (pour quelques mois il a même été leader adjoint du groupe). Mais, emporté dans la débâcle électorale travailliste de 1931, il perd son siège. Il entre alors dans le monde des affaires, en devenant conseiller économique d’un groupe boursier. Pourtant il ne désespère pas de revenir à la carrière parlementaire. Mais il tombe subitement malade et il meurt à l’âge de quarante-quatre ans au début de 1932.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75438, notice GRAHAM William, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : La production journalistique de Graham est considérable ; il a publié essentiellement des articles de journaux et de revues. Son unique ouvrage : The Wages of Labour (Travail et salaires), Londres, 1921, 2e éd. 1924. — Parliament, Legislation and Economic Science (Parlement, législation, Économie) discours prononcé à Birkbeck College, Londres, 1931.

BIBLIOGRAPHIE : The Scottish Socialists, Londres, 1931. — The Times, 9 janvier 1932. — P. Snowden, Autobiography, Londres, 1934. — T.N. Graham, Willie Graham, Londres, 1948. — R. Skidelsky, Politicians and the Slump, Londres, 1967. — Dictionary of National Biography, 1931-1940.

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