CATTANEO Louis, Jules, écrit le plus souvent CATTANÉO

Par René Gaudy, Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 11 juillet 1883 à Villejuif (Seine, Val-de-Marne) ; domicilié à Villejuif ; secrétaire général du syndicat du personnel de la Compagnie du gaz de Paris (section des ouvriers) de 1919 à 1921.

Fils d’un terrassier italien (Pascal Cattaneo, sujet italien) et d’une ménagère Marie Roth), Louis Cattanéo habita à Villejuif, puis au Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne) jusqu’en 1915, puis à nouveau à Villejuif. Entré comme tourneur au Gaz de Paris en 1908 et affecté à l’usine dite d’Ivry (dans le XIIIe arr., près de Tolbiac), il accéda aux fonctions de secrétaire du syndicat du personnel de cette société en septembre 1919. Le bureau était ainsi composé : secrétaires adjoints, Bernier* et Jily ; trésorier, L. Bernardon* ; trésoriers adjoints, Lablanche et Maillot ; archiviste, Khaly. Louis Cattanéo fut élu au comité fédéral à l’issue du Ve congrès de la Fédération CGT de l’Éclairage (mai 1919), puis à la commission exécutive au VIe congrès (septembre 1920), où il fut réélu au VIIe congrès en septembre 1921.

Il fut, avec Jean Milanini*, l’un des animateurs de la grève de mai 1920. Révoqué avec plusieurs centaines de gaziers parisiens le 17 mai 1920, il contribua à leur réintégration, ce qui lui valut une certaine popularité (il fut lui-même réintégré quelques mois après mai).

De tendance « réformiste », c’est lui qui, au Gaz de Paris, dirigea la lutte contre les « révolutionnaires », en particulier Émile Baligean*, ouvrier lui aussi à l’usine d’Ivry. La polémique occupa de longues colonnes du Gazier de Paris. En juillet 1921, les révolutionnaires conquirent la majorité et Émile Baligean le remplaça au secrétariat général du syndicat. Cela contredit un rapport de police qui signale que Louis Cattanéo ne demanda pas le renouvellement de son mandat, qu’il aurait obtenu « s’il en avait manifesté l’intention » (Arch. Nat. F7/13715).

Après la scission, la majorité des ouvriers syndiqués rejoignit la CGTU et Louis Cattanéo se retrouva dans un syndicat CGT minoritaire qui, cependant, conserva le titre du journal Le Gazier de Paris, dont Louis Cattanéo resta gérant (le syndicat CGTU créa alors Les Gaziers de Paris).

Louis Cattanéo fut violemment pris à partie par Émile Baligean* dans l’Humanité du 14 octobre 1923 pour son comportement lors de la grève dans les usines de Gaz de Paris en août-septembre 1923, à l’issue de laquelle Émile Baligean* fut révoqué.

Il siégea à la commission exécutive de la Fédération CGT de l’Éclairage de juin 1922 à octobre 1930. Il fut élu au bureau fédéral comme archiviste au VIIIe congrès fédéral (Paris, 11-12 juillet 1924) et signa, en 1926, un rapport sur les modifications à apporter à l’organisation des caisses de secours pour les cas de décès.

Il ne doit pas être confondu avec Lucien Cattanéo, également militant syndical du Gaz de Paris, secrétaire du groupe syndical des ateliers de la rue Pétrelle en 1922, et secrétaire adjoint du syndicat CGT la même année.

L’acte de naissance de Louis, Jules Cattaneo ne comporte ni mention de mariage, ni mention de décès. Il était donc mort avant l’obligation de report des décès en 1944.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74398, notice CATTANEO Louis, Jules, écrit le plus souvent CATTANÉO par René Gaudy, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 8 octobre 2009, dernière modification le 20 octobre 2009.

Par René Gaudy, Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. F7/13715, rapports du 21 septembre 1921 et du 24 mai 1922. — Le Peuple, 5 juin 1922 et 13 juillet 1924. — Arch. FNE-CGT. — Le Gazier de Paris. — État civil de Villejuif.

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