MALJOURNAL Louis, Charles.

Né le 21 décembre 1841 à Paris ; marié, père de trois enfants ; ouvrier relieur ; membre du Comité central de la Garde nationale et de l’Internationale ; mort à Paris le 15 novembre 1894.

Maljournal habitait, en 1871, impasse Célestin, 5, rue du Pressoir, à Paris, XXe arr. Delion, dont on connaît l’hostilité aux Communards, a laissé de lui ce portrait : « C’était un petit homme, d’une jolie et énergique figure, qu’encadraient de très beaux cheveux noirs. Il avait de l’audace, mais était très ignorant ». Selon un rapport sans date de Testut (Arch. PPo), « il s’était affilié (à l’Internationale) en même temps que la corporation des relieurs, et à l’instigation de Varlin » (cf. Dict., t. IV, p. 76).
Lors du premier Siège, Maljournal appartint à la 4e compagnie de marche du 240e bataillon de la Garde nationale et fut nommé lieutenant après l’armistice. Élu délégué de sa compagnie au début de mars 1871, il fut nommé quelques jours plus tard membre du Cercle du bataillon et délégué au Comité central où il remplit les fonctions de secrétaire jusqu’au 18 mars (durant cette période, son nom figure au bas des proclamations et décrets insérés au Journal officiel de la Commune). Le 18 mars, il fut désigné par Bergeret comme lieutenant d’état-major. Le 22 mars, il remplissait ces fonctions au moment de la manifestation de la place Vendôme. Il s’avança au devant des gardes nationaux pour faire cesser le feu, assura-t-il. Blessé involontairement par un de ses hommes, il fut conduit à l’ambulance du Palais de l’Industrie. Candidat dans le XVIIe arr. aux élections de la Commune, le 26 mars, il ne fut pas élu. Demeuré estropié, il fut arrêté à l’hospice d’Ivry où il était en traitement.
Le 5e conseil de guerre le condamna, le 5 juillet 1872, à la déportation simple et à la dégradation civique. Selon le Corsaire du 7 juillet 1872, on voulut lui faire dire qu’il reniait la Commune, mais il se borna à déclarer : « Je désavoue les crimes qui ont pu être commis ».
Remise de la déportation lui fut accordée le 12 février 1873, et il sortit le 15 mars de la maison de correction de Versailles. Il fut gracié définitivement le 5 juin 1879. Il n’avait encouru antérieurement aucune condamnation.
Après son retour, il gagna sa vie comme distributeur d’imprimés de théâtre et souffleur à la Gaîté. En 1892, il appartenait à la société « La Solidarité des combattants de la Commune ».
Il fut enterré civilement au Père-Lachaise le 18 novembre 1894. Le deuil était conduit par son père et par sa femme. Des discours furent prononcés par Chalain, Champy et Paschal Grousset.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article65134, notice MALJOURNAL Louis, Charles. , version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 26 juillet 2009.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/778, n° 11 103. — Arch. Min. Guerre, 5e conseil, n° 571. — Arch. PPo., B a/1 170. — P. Delion, Les Membres de la Commune et du Comité central, op. cit. — J.O. Commune, 31 mars. — Murailles... 1871, op. cit., p. 17.

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