GIFFAULT Émile, Magloire

Par Michel Cordillot, Jean Maitron

Né le 9 février 1850 à Paris, mort le 12 décembre 1906 ; dessinateur-géographe ; sous-chef du bureau des Archives à la préfecture de Police durant la Commune, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Émile Giffault fut élève et collaborateur d’Élisée Reclus, il révisa notamment l’index de sa Nouvelle géographie universelle (La Justice, 28 décembre 1885).
Militant blanquiste au cours des dernières années de l’Empire, il fut proche des principaux dirigeants du mouvement. Participant assidu aux réunions publiques, membre semble-t-il des groupes de combat, il fut condamné à 10 jours de prison à Paris le 6 mai 1870 pour port d’armes prohibées.
Le 8 février 1870 il fut arrêté rue d’Aboukir, rue des locaux du journal La Marseillaise, avec 16 personnes armées de revolvers dont Raoul Rigault et Albert Grandier. Garde national, pendant le Siège, au 193e bataillon, 1re compagnie de marche, il était à Buzenval ; blanquiste, il prit part au soulèvement d’octobre 1870. Il se fit exempter de service le 1er mars 1871 mais ne retrouva pas d’emploi.

Le 18 mars 1871, il était à Montmartre et en descendit vers la préfecture de Police ; compagnon de Rigault, il examina les rares dossiers laissés par la police impériale et participa à des arrestations : celles de Largillière, de Ruault ; il aurait, avec Da Costa, interrogé l’abbé Deguerry, curé de la Madeleine.
En mai, il se réfugia chez son père. Il fut arrêté le 5 juin ; il dit avoir accepté le poste de commissaire spécial aux Archives pour éviter le service aux avant-postes ; les témoins à charge étaient peu catégoriques, mais on l’accusa d’avoir contribué à l’incendie de la préfecture de police et en particulier d’avoir réquisitionné pour cela esprit de vin, essence et pétrole. Il nia.
Le 8e conseil le condamna, le 3 février 1872, aux travaux forcés à perpétuité ; il fut embarqué le 19 juin 1872, du bagne de Toulon, à bord de la Virginie qui arriva à Nouméa le 24 octobre. Sa peine fut commuée en vingt ans de travaux forcés (1878) puis en dix ans de bannissement (1879) et remise l’année suivante ; il rentra par la Creuse.

Il fut dessinateur-cartographe et employé du bureau de cartographie des éditions Hachette (Journal officiel de la république française, 25 août 1891).
Il collabora à l’Intransigeant de Rochefort et fut fut membre de l’Association des journalistes parisiens et républicains.
Le 9 février 1888, il s’était marié avec Augustine Joséphine Célina Schieltz.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article60330, notice GIFFAULT Émile, Magloire par Michel Cordillot, Jean Maitron, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 16 juillet 2019.

Par Michel Cordillot, Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/753. — Arch. Min. Guerre, 8e conseil. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Chincholle, Les Survivants de la Commune, op. cit. — Vuillaume, Mes Cahiers rouges, op. cit., p. 128. — La Revue blanche, avril 1897. — Le Figaro, 10 février 1870, p. 1, 6e col. — Note de Mélanie Duclos. — Notes de Louis Bretonnière. – Catalogue de la vente des Archives Raoul Lafagette préparé par Roger Roques, Toulouse, 31 mai 2012 (y sont décrites en détail 16 lettres adressées par Giffault à Lafagette entre octobre 1869 et mars 1898).

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