ANCELLE Maurice, Georges, Luc. Pseudonyme : ANDRÉ (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 10 mai 1908 à Paris (XIVe arr.), fusillé par les Allemands le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien (Suresnes) ; ouvrier métallurgiste ; secrétaire de la Région parisienne des Jeunesses communistes.

Fils d’un imprimeur-conducteur (1889-1916), Maurice Ancelle fut mis en pension puis placé chez des paysans et envoyé enfin, jusqu’à l’âge de douze ans, dans un orphelinat tenu par des religieuses.
Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, Maurice Ancelle se fit alors embaucher comme groom dans quelques grands hôtels, devint garçon de café puis partit pour Bruxelles en 1927 où il gagna sa vie en étant successivement aide-électricien, vendeur ambulant ou aide-sculpteur sur bois..

Maurice Ancelle connut le communisme par des Italiens qui fréquentaient le bistrot que sa mère et son beau-père avaient tenu en 1926 à Saint-Denis puis par ceux qu’il fréquenta à Bruxelles. Il était contre la guerre du Maroc et participait aux bagarres pour Sacco et Vanzetti.. À son retour de Bruxelles, en décembre 1927, il entra dans une chocolaterie où il fit la connaissance d’Armandine Chevrier, sœur d’un camarade, qui lui indiqua l’existence de la cellule communiste locale. Il adhéra aux Jeunesses communistes (JC) en janvier 1928. Il assista à trois réunions, la première semaine il fut rapidement confronté au trotskysme qui était dominant dans son rayon et en devint vite, dit-il, un adversaire. Quittant la chocolaterie, Maurice Ancelle fut embauché chez Renault à la chaîne de finissage, puis chez Citröen où il fonda une cellule des JC. Il devint ensuite pendant huit mois commissionnaire au 120 rue Lafayette, au siège de la Fédération des JC puis passa au service du PC mais demanda assez vite à retourner en usine pour pouvoir militer.

Maurice Ancelle était devenu, pendant ce temps, secrétaire de rayon des JC ainsi que secrétaire et membre du bureau du 8e rayon du PC. Il appartenait également au comité régional et au bureau de la 4e Entente des JC. Il participa à la conférence communiste de la Région parisienne, salle Reflut à Clichy, le 24 mars 1929. La police voulut interpeller un « délégué étranger » qui tenta de se réfugier dans la salle, et qui fut arrêté malgré une bagarre avec les congressistes. À la sortie, les militants narguèrent les inspecteurs, une seconde bagarre éclata provoquant une blessure grave dans les rangs policiers : l’agent Resclon, frappé avec des manches de pioche devait mourir quelques jours plus tard. La police entra en force dans la salle et arrêta les cent vingt-neuf délégués dont Maurice Ancelle.

A nouveau arrêté pour distribution de tracts chez Citroën le 13 juillet 1929, ce qui lui valut un mois de prison, Ancelle fit appel mais en vain et dut purger sa peine (à la Santé où il fit la grève de la faim pour obtenir le régime politique et à Fresnes) pendant un an.
À sa sortie de prison, il partit faire son service militaire à Hagueneau (23erégiment d’infanterie). En rentrant du régiment, Maurice Ancelle trouva du travail chez Delaunay-Belleville à Saint-Denis puis comme terrassier à Saint-Cyr. Il avait alors pris la direction du rayon des JC et participait au travail “anti” militariste. En 1931, il suivit une école d’instructeur, il y était considéré comme possédant une « bonne assimilation, développant de bonnes possibilités, travail collectif bon aptitude pur le travail anti et l’organisation » et fut affecté chez Citroën.

En revenant du régiment, Maurice Ancelle prit la direction du rayon des JC et participa au travail « anti » (antimilitariste). Quittant son chantier, il fut envoyé en Bretagne où il resta quarante-cinq jours comme délégué des JC et de la CGTU auprès des sardiniers en grève puis fut à nouveau embauché chez Citroën dans un atelier-école sous un faux nom où il s’occupa du travail « anti ».

En novembre 1932, il appartenait au bureau de la région parisienne lorsque le Parti communiste l’envoya suivre les cours de l’École léniniste internationale à Moscou, où il arriva le 22 novembre 1932. Il faisait partie du 3e contingent de l’école d’un an.. Cette promotion comprenait vingt-deux militants : Bonardel, Bécret, Hulot, Ancelle, Oscar Mériaux, Moerman, Duquesne, Potiez, Leroy, Héroldy, Minard, Wilhm, Mioch, Terrat, Janin, Mathieu, Rencato, Herr, Weigel, Durmayer, Heck. Dans son autobiographie signée un mois après soin arrivée, il écrivait : “Sans être d’aucun groupe je reconnais avoir surestimé le rôle de la JC à l’égard du PC pendant la période 1929.”

Secrétaire de la Région parisienne des Jeunesses communistes, Maurice Ancelle organisa le congrès extraordinaire d’Ivry-sur-Seine le 6 février 1934, et entraîna les congressistes place de la Concorde pendant la soirée d’émeute. Il siégeait au bureau national des Jeunesses communistes en 1936.

Responsable FTP de Paris, Ancelle fut arrêté 11 avril 1942, après l’attentat manqué contre l’ancien communiste Marcel Capron. Il fut jugé le 23 mai 1943 incarcéré à Fresnes. Les Allemands le fusillèrent quelques mois plus tard, le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien. Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine. Il fut réinhumé dans le carré militaire du cimetière de Pierrefitte-sur-Seine. Il fut homologué au grade de lieutenant à titre posthume.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article49948, notice ANCELLE Maurice, Georges, Luc. Pseudonyme : ANDRÉ (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 avril 2009, dernière modification le 22 janvier 2014.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 893. — Arch. Nat. F7/13119, rapport du 24 mars 1929. — Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse. Les Jeunes dans la Résistance, Paris, Éd. sociales, 1972. — Jacques Varin, Jeunes comme JC, Paris, Éd. Sociales, 1975. — Secrétariat d’État des Anciens combattants et victimes de guerre. — Notice par Jean Maitron, Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule dans le DBMOF. — Notes de Sylvain Boulouque.et de Jean-Pierre Ravery

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément