SUCHET Fulchran

Né le 5 mai 1812 à Toulon (Var), mort le 24 mars 1883 à Toulon. Républicain socialiste et saint-simonien.

Négociant et homme politique républicain démocrate, Suchet appartenait à une famille de négociants toulonnais en rapports d’affaires avec l’arsenal. Il répandit, vers 1830, la doctrine saint-simonienne dans la région varoise. Voir Aicard J.*, Gallon*, Jourdan L.*, Vilers*.
À la fin de la monarchie de Juillet, il n’avait pas renié ses tendances au socialisme. Franc-maçon, il était correspondant de La Réforme, ce qui le mit en relations avec beaucoup d’ouvriers radicaux.
Sa popularité, en 1848, fit de lui un maire démocrate de Toulon. Et, le gouvernement du prince-président l’ayant révoqué de ses fonctions au début de 1849 pour son comportement de démocrate résolu, il fut élu à l’Assemblée législative. Montagnard, de la nuance de Ledru-Rollin ou d’une nuance plus affirmée même, il s’associa à l’interpellation de celui-ci sur les affaires de Rome, en mai 1849. Il participa à l’insurrection du 13 juin. Fait prisonnier, il fut condamné par la Haute-Cour à cinq ans de prison qu’il accomplit pour la plus grande partie au pénitencier de Belle-Île, où se trouvaient Blanqui* et quantité de militants démocrates et socialistes de 1848.
Il fut libéré dès 1852 : l’amitié qui le liait au prince Napoléon ne fut pas étrangère à cette remise de peine. Il revint à Toulon où il reprit ses activités qui prospérèrent grâce à l’accroissement des fournitures à la Marine, dû à la guerre de Crimée. Il se tint à l’écart de la politique sous l’Empire autoritaire, sans renier ses convictions et en restant en relations épistolaires avec Proudhon* qui le considérait comme "—l’un des hommes que j’aime le plus au monde—" (lettre du 19 décembre 1854). Avec la libéralisation du régime, Suchet revint à la vie politique et retrouva partiellement son audience, grâce à ses relations où l’on comptait aussi le Père Enfantin*, Louis Jourdan*, Émile Ollivier*... Il était aussi membre de la loge La Réunion du Grand Orient de France. En 1863, il fut élu conseiller général du canton de Toulon-Ouest mais refusa d’être candidat aux législatives, soutenant un ami d’É. Olivier. Sa vie politique, essentiellement locale, fut marquée par des conflits incessants avec les républicains intransigeants, alors qu’il acceptait et soutenait la politique de conciliation du tiers parti. Sa vie politique se termina avec le plébiscite de mai 1870, ayant soutenu la politiuque du ministère du 2 janvier.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article38001, notice SUCHET Fulchran , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Robert, Bourloton et Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français. — Maurice Dommanget, Blanqui à Belle-Île, Paris, 1935. — Maurice Agulhon : « Un homme de 48, Fulchran Suchet, saint-simonien et maire de Toulon » Conférence de l’Institut historique de Provence, Marseille, 23 novembre 1967. — Émilien Constant, Le département du Var sous le second Empire. Thèse.

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