AUMONNIER Jean

Par Marie-Louise Goergen et Patricia Toucas

Né le 25 février 1919 à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; mécanicien de route ; syndicaliste CGT et communiste.

Fils d’un chef de train qui militait au syndicat des autonomes, et d’une couturière qui cessa ensuite de travailler, Jean Aumonnier vécut en Charente-Maritime, à La Rochelle et à Saintes, où s’effectua la totalité de sa carrière professionnelle. Il obtint le certificat d’études primaires à l’âge de onze ans, puis fit deux ans de cours complémentaire. Il entra au réseau de l’État comme apprenti à l’âge de quatorze ans, en 1933, puis y travailla comme mineur-ouvrier ajusteur jusqu’à son incorporation dans l’armée.
Jean Aumonnier faisait partie de la classe de septembre 1939. À cette date, il fut appelé sous les drapeaux dans la Marine à Toulon (Var). Il échappa en conséquence à la rafle menée par les Allemands dans les milieux syndicaux de La Rochelle en 1940. Tous ses camarades furent arrêtés sur la base d’une liste qui se trouvait à la maison des syndicats. La plupart moururent fusillés (Émile Normandin, Louis Bertout) ou en déportation. Jean Aumonnier ne participa pas à la Résistance organisée, mais à de nombreux actes de sabotage. Profondément marqué par cette époque, il revendique, en 2002 encore, l’influence de Marius Lacroix, cheminot militant CGTU et communiste, arrêté par les nazis et mort en détention en 1941. Après trois ans passés à Toulon, démobilisé en septembre 1942, il réintégra les chemins de fer en janvier 1943 comme ajusteur, puis comme « roulant » à partir de 1945. À l’exception de quelques mois comme mécanicien de route à Saintes en 1957, Jean Aumonnier ne quittera plus La Rochelle jusqu’à son départ en retraite en 1969.
Jean Aumonnier avait commencé à militer à la suite des événements de février 1934, qui avaient eu quelques répercussions à La Rochelle. Adhérent de la CGTU dès 1935, sympathisant communiste dès la même année, il n’adhéra au PCF qu’en 1945 et n’y exerça jamais de responsabilités.
À partir de 1935, il eut des responsabilités syndicales diverses. Dans le cadre des initiatives lancées par Léo Lagrange, il créa une commission sports et loisirs, avec deux autres jeunes militants, Jean Proux et Léopold Tricard. Il fut successivement secrétaire du comité technique des agents de conduite de l’arrondissement de Saintes, secrétaire adjoint du syndicat des cheminots de La Rochelle, secrétaire du comité technique des agents de conduite. Il fut désigné secrétaire du comité de travail régional et élu représentant du personnel.
Ayant cessé ses activités professionnelles, il fut élu responsable de la section des retraités CGT de La Rochelle de 1971 à 1987, fonction qu’il assuma avec beaucoup de passion. Ainsi, il fut à l’origine d’une importante collection de photos, qui constitue un véritable « mémorial » du militantisme cheminot de sa région.
Jean Aumonnier assuma également des responsabililités associatives. En 1967, il créa un comité France-Tchécoslovaquie, qui devint le premier de France avec quatre cents adhérents. À ce titre, il effectua de nombreux voyages en Tchécoslovaquie, où vit l’une de ses filles.
Marié en 1944 avec Suzanne Carpentier, originaire de l’Oise, qui était secrétaire puis sans profession, Jean Aumonnier est père de trois enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article329, notice AUMONNIER Jean par Marie-Louise Goergen et Patricia Toucas, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 14 janvier 2012.

Par Marie-Louise Goergen et Patricia Toucas

SOURCE : Renseignements recueillis auprès de Jean Aumonnier.

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