DUPOTY Michel [DUPOTY Auguste, Michel]

Né en 1797 à Versailles (Seine-et-Oise), mort le 28 juillet 1864 à Paris. Rédacteur du Journal du Peuple (janvier 1837-décembre 1841), républicain, socialisant, et qui subit la répression à plusieurs reprises.

Il avait fondé en 1830 Le Vigilant de Seine-et-Oise, première feuille qui ait répandu dans le département des idées presque socialistes et qui passa en cour d’assises de Versailles en 1833 et 1834. Il publia deux brochures coup sur coup : le 3 novembre 1834, Trente-sept jours, Versailles, imprimerie de Marlin, s. d. in 8° 16 p., sur la politique et l’adminstration en Seine-et-Oise, et le 17 novembre, Trente-sept jours, justice du juste milieu, Versailles, impr. de Marlin, in 8°, 16 p. Il passa de là au Réformateur de Raspail et Kersausie et en fut le gérant, à la suite de Jaffrenou*, condamné au procès des défenseurs des accusés d’avril, le 4 juin 1835. Peu de temps après, il fut inculpé d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement pour deux articles des 13 et 14 octobre 1835. Le dernier n° du Réformateur parut le 27 octobre 1835 et Dupoty fut condamné en Assises ce même jour, à 2 mois de prison et 4 000 F d’amende et fut incarcéré à Sainte-Pélagie, du 15 mars au 13 mai 1836.
Rédacteur en chef dès 1837 du Journal du peuple, qui paraissait depuis le 5 juin 1835, il fut de ceux qui animèrent en 1840 le mouvement pour la réforme électorale. La Cour des pairs, décidée à étouffer les "réformistes", condamna Dupoty, contre toute évidence et toute équité, comme complice moral dans l’attentat du 13 septembre 1841 (affaire Quénisset*), à cinq ans de détention le 23 décembre 1841. Cela permit, entre autres, à la Cour, de rassembler une documentation considérable sur les mouvements de l’époque.. A cette occasion, Il fit publier Cour des pairs, allocution de M. Dupoty. Réplique de M. Ledru-Rollin pour M. Dupoty, Paris, imp. de Lange Leroy, 1841, in 8°, 10 p.
Sa condamnation avait soulevé bien des protestations et en particulier fit devenir son journal quotidien, avec Godefroy Cavaignac, mais il devait disparaître quatre mois plus tard. Dupoty fut interné à Doullens. Malade, il fut transféré avec Huber* au pénitentier de Tours en février 1844 et à l’hospice de Tours, où il retrouvait Blanqui* en septembre 1844, il fut amnistié le 4 octobre de la même année, mais sortit de prison physiquement diminué et moralement ruiné. Il rejoignit La Réforme, revint voir Blanqui à l’hospice de Tours, mais ne joua plus réellement de rôle politique jusqu’à sa mort.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article30472, notice DUPOTY Michel [DUPOTY Auguste, Michel] , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Nat., CC 786 à 789 (documents de la réforme électorale joints au dossier Quénisset). — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou, DY/8 9- 2529 — Bibl. Nat., 8° Lc10407 et Lc10407A ; 8° Lb51 3554. — Journal du peuple, octobre-décembre 1841. — La Démocratie pacifique, 8 octobre 1844, n° 100, p. 2. — Notice de la Grande Encyclopédie. — Jacques Grandjonc, Communisme/ Kommunismus/ Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 216, 218, 445-447, 453-456, 511. — Notes de J. Grandjonc et J. Risacher.

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