BALZAC (de) Honoré

Par Notice revue et complétée par J.-C. Dubos

Né le 20 mai 1799 à Tours (Indre-et-Loire), mort le 18 août 1850 à Paris. Écrivain.

Il n’est pas question de retracer ici la vie ou l’œuvre du romancier, mais de rappeler que le légitimiste qu’il était à l’époque de la monarchie de Juillet s’intéressait particulièrement à Saint-Simon* et au saint-simonisme. Il s’était déjà intéressé à Saint-Simon, comme imprimeur-éditeur vers 1825-1826, et avait recueilli les traditions d’atelier qui faisaient, probablement à bon droit, du ci-devant comte Claude-Henri Rouvroy de Saint-Simon, un homme qui avait « levé la lettre » ou accompli d’autres besognes de la profession vers 1810. (Cf. l’utilisation de ces souvenirs dans Olivier Séchard). Balzac a de plus parlé avec compétence du Globe et du saint-simonisme, en particulier dans L’Illustre Gaudissart (Textes choisis de Saint-Simon, publiés par Jean Dautry, Paris, 1951, préface.)
Le 25 août 1840, Balzac publiait dans la Revue parisienne un compte-rendu critique de l’ouvrage de Louis Reybaud, Études sur les réformateurs ou socialistes modernes. Il y soulignait la platitude et le caractère exsangue des propos sur Fourier*, Saint-Simon et Owen. Il y écrivait notamment : « Quand Fourier n’aurait que sa théorie sur les passions, il mériterait d’être un peu mieux analysé. Sous ce rapport, il continue la doctrine de Jésus. Jésus a donné l’âme au Monde. Réhabiliter les passions qui sont le mouvement de l’âme, c’est se montrer le mécanicien du savant... En ceci, Fourier rompt en visière, comme tous les grands novateurs, comme Jésus, à tout le passé du monde. Selon lui, le milieu social dans lequel elles se meuvent rend seul les passions subversives. Il a conçu l’œuvre colossale d’approprier les milieux aux passions, d’abattre les obstacles, d’empêcher les luttes... N’est-ce pas faire Œuvre d’intelligence et non de matérialité ?... »
Le 5 septembre, Alphonse Toussenel* remerciait Balzac au nom des disciples de Fourier « de la justesse avec laquelle (il avait) précisé le système de leur maître : Fourier s’annonce en effet comme le mécanicien du Christ ». Mais quelques jours plus tard, le 14 septembre, Considerant* répondait par un refus à la proposition de Balzac de publier une de ses œuvres — peut-être la Pathologie de la vie sociale — dans La Phalange.
Balzac prenait alors ses distances avec le fouriérisme et dans la Monographie de la Presse parisienne, publiée en janvier 1843, adoptait le ton du persiflage : « On fonde La Phalange pour manifester la doctrine de Fourier : Vous allez travailler les bras croisés, vous n’aurez plus de cors aux pieds, les gigots iront tout cuits par les rues, la lune fera des petits, les pâtés de foie gras pousseront dans les champs, le dégel sera du punch à la romaine, etc., etc. ». Considerant cependant ne lui en tenait pas rigueur et, en décembre 1843 lui faisait demander par la princesse Belgiosojo une nouvelle pour La Démocratie pacifique. Quoique Balzac répondit positivement, le projet n’aboutit pas et les choses en restèrent là.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25656, notice BALZAC (de) Honoré par Notice revue et complétée par J.-C. Dubos, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Notice revue et complétée par J.-C. Dubos

SOURCES : Revue parisienne, 20 août 1840, p. 230, 234. — Correspondance de Balzac, tome IV, éd. Roger Pierrot, 1966. — J.-C. Dubos, « Charles Fourier jugé par ses contemporains et par la postérité », Luvag, n° 16, 1989. — J. Beecher, Fourier, Paris, Fayard, 1993.

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