LUNET André [LUNET Jules, André]

Par Claude Pennetier

Né le 12 octobre 1902 à Paris (VIe arr.), mort le 16 décembre 1981 ; dessinateur industriel ; communiste (membre du comité central), syndicaliste CGT.

Dessinateur, André Lunet était syndiqué à la CGTU en 1930. Il travailla pendant 13 ans, de 1923 à 1936, à la Cie française d’Alsthom. Il s’était installé 20 rue Firmin Gémier en 1934. En 1936-1938, il fut président de la Fédération des techniciens, dessinateurs et assimilés de l’industrie et des arts plastiques. Secrétaire du syndicat CGT des Métaux de la région parisienne de 1936 à 1939, il participa aux négociations pour la convention collective de la Métallurgie en 1936. Candidat à la commission exécutive de l’Union des syndicats de la région parisienne lors du congrès des 5-7 février 1937, il adhéra la même année au Parti communiste.Après avoir été permanent, il travailla chez Amiot à Colombes de janvier à août 1938.
Il fut t un des leaders de la grève du 24 novembre 1938 aux usines Renault. Poursuivi par le ministère public et par la SAUR pour entrave à la liberté du travail, il fut défendu par l’avocat et militant communiste Georges Pitard*, et condamné à une peine de deux mois prison avec sursis et à une amende de 50 francs par la 14e chambre du tribunal correctionnel de la Seine, le 22 mars 1939. Comme les dix-huit autres condamnés, il fera appel et les deux parties, c’est-à-dire Renault et le successeur du syndicat des Métaux, se désisteront mutuellement pendant la guerre.
Replié en 1940 à Limoges, André Lunet participa aux activités de la CGT clandestine et fut membre du bureau du syndicat unique de la Métallurgie jusqu’en 1944. Selon un rapport de police, il fut également responsable régional du PCF pour la Haute-Vienne.

À la Libération, il remit sur pied l’Union CGT des Bouches-du-Rhône et fut l’homme de la « bataille de la production ». Il participa à la prise du bâtiment de la préfecture le 21 août 1944. En compagnie de Lucien Molino, il s’impliqua en de multiples occasions pour soutenir l’effort de guerre puis le redressement économique de la France. Il félicita les dockers en décembre 1944 pour leurs efforts lors des déchargements de navires. En tant que responsable de la 14e région confédérale, il assista le 1er janvier 1945 au départ d’un convoi de camions destiné à ravitailler les FFI combattant sur le front des Alpes (Le Midi-Syndicaliste, n° 19, 5 janvier 1945). En février 1945, il incita les mineurs de Gréasque à augmenter leur production de charbon. Il prononça un discours le 18 février 1945 au Pathé-Cinéma pour justifier la bataille de la production.

Lors de l’Assemblée d’information des cadres syndicaux de l’UD du 16 avril 1945, Lunet rendit compte des travaux du premier CCN de la CGT depuis la Libération (27-29 mars 1945) puis annonça son départ pour Paris et son remplacement à la tête de la 14e région confédérale par Lucien Molino (Le Midi-Syndicaliste, n° 34 du 20 avril 1945).

En 1946, fut nommé secrétaire de l’Union syndicale des travailleurs de la Métallurgie de la Seine. Membre de la commission exécutive de la CGT, du bureau de l’Union des syndicats de la Seine, il joua un rôle important, dirigeant l’activité du futur secrétaire général du Parti communiste, Georges Marchais.

Élu au comité central du Parti communiste lors du XIe congrès en 1947, André Lunet en resta membre jusqu’au XIIIe congrès en 1954. En décembre 1951, il devint membre du comité fédéral de la Seine, puis, en 1954, du comité de la fédération Seine-Ouest du Parti communiste. En 1950, il était membre de la commission nationale permanente des Combattants de la paix et de la liberté.

Élu conseiller municipal dans le 6e secteur de Paris le 19 octobre 1947, André Lunet démissionna de son mandat le 18 mai 1948, semble-il sur la demande de son parti, afin de se consacrer au travail syndical. Il appartint, à partir de 1946 et jusqu’en octobre 1951, au Conseil économique et social comme représentant de la CGT ; il participa aux travaux des commissions du commerce et de la distribution, de l’économie et de l’Union française, et au comité supérieur des conventions collectives.

À la fin de sa vie, André Lunet présidait l’association “Tourisme et Travail”. Marié à Boulogne en 1926 avec Simone Legendre, il était père d’un enfant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24493, notice LUNET André [LUNET Jules, André] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 11 février 2009, dernière modification le 18 mai 2018.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 261, autobiographie. — Arch. PPo., 26 août 1946.— Arch. Institut d’Histoire sociale, rapport de police non daté (1956). — L’Humanité, 13 mai 1939, 22 décembre 1981. — Le Monde, 25 décembre 1981. — Le Travailleur parisien, 1936. — Notes de Jean-Claude Lahaxe. — Archives Renault 91 AQ 116 et 117 (note de Laurent Dingli). — Laurent Dingli, Entreprises dans la tourmente - Renault Peugeot 1936-1940, Presses universitaires François Rabelais, Tours, 2018. — État civil.

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