DUROU Georges, Marcel

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 2 mars 1924 à Clermont-de-Beauregard (Dordogne), mort le 13 juillet 2019 à Gradignan (Gironde) ; employé des lignes des PTT ; militant communiste de Gironde ; déporté ; syndicaliste CGT.

Georges Durou au camp de Mérignac
Georges Durou au camp de Mérignac

Domicilié à Bègles (Gironde), fils d’une blanchisseuse et de Augustin Durou, employé des postes, Georges Durou obtint le certificat d’études et entra aux PTT comme télégraphiste en 1935. Il adhéra aussitôt à la CGTU, mais il ne fut vraiment syndiqué à la CGT qu’à partir de 1945. Son père avait adhéré au Parti communiste SFIC dès le congrès de Tours (décembre 1920) et avait milité à la CGTU ; il l’emmenait dans les meetings du Front populaire. Sa sœur, Simone Rossignol*, fut maire de Bègles de 1971 à 1984.

Pionniers du Secours rouge à partir de la fin 1935 à début, Georges Durou était secrétaire adjoint du groupe des Jeunesses communistes Béquet-Saint-Bris, à Bègles, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Il fut arrêté le 21 février 1940 et condamné le 18 avril 1940 à un an de prison pour distribution de tracts et pour « reconstitution de ligue dissoute et propagation des mots d’ordres de la troisième internationale ». Interné au fort du Hâ, il ne fut pas libéré à l’expiration de sa peine mais interné le 19 février 1941 au Centre de séjour surveillé de Mérignac où il organisa clandestinement les communistes. À Mérignac, il fut interné dans la baraque numéro 6. Lors de la première décision de fusillés une cinquantaine d’otages, sur les vingt prisonniers de sa baraque, quatorze furent fusillés dont Camille Maumey*.
Le 25 novembre 1942, il fut transféré au fort du Hâ, puis à Compiègne. Le 20 janvier 1943, il fut déporté en Allemagne, au camp de Sachsenhausen, à Oranienburg. Il travailla dans une usine de fonderie, tout en entrant en résistance dans le camp. Chargé de la solidarité, il fut nommé responsable à l’organisation dans un block. Quand les Allemands sentirent que la situation leur échappait, ils décidèrent d’évacuer le site et de faire transiter les internés jusqu’à Dunkerque à pied. L’objectif était, semble-t-il, de faire monter les déportés dans des bateaux à Dunkerque et d’hisser le pavillon du IIIe Reich, pour que les alliés coulent les navires. Mais les derniers déportés arrivèrent en retard, et les Russes les libérèrent à quelques kilomètres de Dunkerque le 5 mai 1945.

Georges Durou reprit le travail dès juillet aux PTT et entra au service de transmission en 1946, comme "bouliste" (porteur detélégrammes). Puis il y apprit le morse. Il y resta jusqu’à sa retraite en 1984.

Dès 1946, il entra au bureau des PTT-CGT. À cette date le syndicat CGT de Gironde était dirigé par des militants de l’ancienne majorité confédérale, hostiles à la direction fédérale jugée « communisante ». La grève de début juillet 1946 exacerba les divergences entre deux courants et prépara le départ de responsables vers FO (Témoignage dans La Fédération CGT des PTT et l’affrontement de classe en 1947, op. cit.). En août 1953, pendant les grandes grèves, il devint secrétaire du syndicat PTT-CGT de Bordeaux et de la Gironde. Il entra au bureau de l’UD-CGT à Bordeaux en 1954 tout en siégeant à la commission exécutive de la fédération PTT-CGT. Il entra au secrétariat de l’UD au début des années 1970, quand José Juste devint secrétaire de l’UD. Il fut en charge du secteur de l’éducation et créa les écoles syndicales de trois, cinq et quinze jours en Gironde.

Après la guerre, ayant adhéré à l’UJRF (Union de la jeunesse républicaine française), il fut secrétaire fédéral de juillet 1947 à janvier 1949. Il suivit une école fédérale de quinze jours en 1947 et une École centrale de quatre mois. Il fut secrétaire de la section communiste de Bordeaux centre et membre du comité de section de Bègles. Il fit partie du comité fédéral en 1945, puis du bureau fédéral en 1946 et du secrétariat fédéral, responsable de l’organisation en 1948. Dès 1949, il fut démis de ces fonctions en même temps qu’Henri Chassaing* et renvoyé à la base. On leur reprochait d’avoir manqué de vigilance sur des infiltrations de policiers dans le parti.

En mai 1949, il entra au comité directeur de la Fédération nationale des déportés internés résistants patriotes (FNDIRP). Il fut aussi dans les années 1950 et début des années 1960, secrétaire de deux associations proches du PCF : France-URSS et le Mouvement de la paix. Il était aussi membre du comité de souvenirs des fusillés de Souge puis son président.

Georges Durou devint le premier président de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, avant d’en devenir le président d’honneur.

Ses deux conjointes furent militantes au PCF. Sa première épouse, Huguette Bouseran milita à Agen. Sa deuxième femme fut aussi militante.Il est père de trois enfants.

En 2011, il publia un livre de témoignage, Mes printemps de barbelés ; : 1940-1945.

La remise de ses documents personnels, aux Archives départementales de Gironde fut l’occasion d’un hommage, en sa présence, le 7 mai 2018.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23512, notice DUROU Georges, Marcel par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 20 juillet 2019.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Georges Durou au camp de Mérignac
Georges Durou au camp de Mérignac

ŒUVRE : Mes printemps de barbelés ; : 1940-1945, Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest, Bordeaux, 2012.

SOURCES : Arch. Dép. Gironde, série M, camp de Mérignac. — Georges Frischmann, Histoire de la Fédération CGT des PTT, Éditions sociales, 1967. — Renseignements communiqués par Georges Durou. — État civil de Clermont-de-Beauregard. — Le Relais, Institut d’histoire sociale CGT-FAPT, octobre 2011. - IHS CGT PTT Aquitaine, 1945-1953. La mémoire d’hier pour les enjeux d’aujourd’hui, mars 2002.

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