DESTREM Ferdinand

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né vers 1888 ; commis ambulant des PTT ; secrétaire du rayon communiste de Toulouse (Haute-Garonne) puis de la section du XIIIe arr. de Paris.

Destrem était secrétaire du rayon communiste de Toulouse en 1926. Il militait activement au syndicat CGTU des PTT et fut blessé en septembre au cours d’un affrontement entre unitaires et confédérés, à l’occasion d’un meeting de Léon Jouhaux. Il faisait partie en 1927 du comité régional communiste et en 1928, du bureau régional. L’implantation du PC était alors faible ; selon un rapport de police du 15 novembre 1928, le rayon de Toulouse comptait trente cellules dont treize seulement fonctionnaient, regroupant environ deux cents adhérents. Destrem rendu responsable de cette situation, dut céder en août 1928, le secrétariat à Jean Baby* « plus actif ». Destrem reprit quelque temps sa fonction puis démissionna en octobre 1929. Son successeur Jules Piton ayant été exclu du Parti communiste en 1930, Destrem assura à nouveau le secrétariat du rayon.
Il fut candidat à de nombreuses élections : au conseil d’arrondissement dans le canton Toulouse-Nord, en octobre 1928 ; aux élections municipales du 5 mai 1929 ; aux cantonales d’octobre 1934 à Toulouse-Sud. Concurrent du socialiste Vincent Auriol* lors des élections législatives de mai 1932 dans la circonscription de Muret, Destrem recueillit 3,61 % des voix des électeurs inscrits.
En 1934, il était secrétaire de la 14e région CGTU des PTT. Le congrès de réunification l’élut, en 1935 à la commission exécutive des Agents et à la commission exécutive fédérale. Il ne fut pas réélu en 1938.
Ferdinand Destrem devint secrétaire de la section communiste du XIIIe arr. de Paris en 1937. Cette section déclarait avoir 2 600 adhérents en septembre de la même année.
Pendant la « Drôle de guerre », vers janvier-février 1940, la police arrêta les trois principaux dirigeants communistes du XIIIe arr. : Charles Fréchard*, René Le Gall et Destrem. Emmené dans les locaux de la police de l’arrondissement, Destrem fut longuement interrogé. Dans le même temps, les inspecteurs poursuivaient la fouille du domicile et questionnaient sa femme et sa fille. L’ouvrage collectif intitulé Le 13e arrondissement de Paris du Front populaire à la Libération (p. 83) a reconstitué, à partir des témoignages de militants communistes, les circonstances de la mort des deux femmes :
« Face à ces deux femmes sans défense et traumatisées, les flics font les fanfarons ; ils se disent capables de faire libérer leur mari et père qui, disent-ils, a avoué être coupable d’activités illégales graves.
- Donnez-nous, disent-ils, les renseignements qu’il refuse de nous communiquer et nous le ferons libérer ; sinon ce sera, pour lui, la prison pour de longues années et peut-être même le poteau d’exécution !
« Ni la femme, ni la fille, ne parlèrent ; mais très fortement choquées par des jours et des jours de perquisition et d’interrogatoire, désespérées, épouvantées par la fausse et terrible menace du poteau d’exécution, ces deux femmes sentant tout s’effondrer autour d’elles, se suicident après avoir expliqué dans une dernière lettre, les raisons de leur geste [...]
« Sans commentaire et sans ménagement, un des flics qui dirigent les interrogatoires, lui annonce la nouvelle en même temps que sa libération [...] Il ne supporte pas, il ne supportera jamais ce drame affreux qui le conduira à son tour au tombeau. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22569, notice DESTREM Ferdinand par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/12986, F7/13034, F7/13106, F7/13109, F7/13113. — Arch. A. Marty (Jean Maitron), P VI. — La Voix des travailleurs, 1926-1934. — La Vie du 13e, juillet 1937, octobre 1937, avril 1938. — G. Frischmann, Histoire de la Fédération CGT des PTT, Éditions sociales, p. 437. — Le 13e arrondissement de Paris du Front populaire à la Libération, p. 55, 62, 83. — RGASPI 495 270 975, dossier du Komintern à son nom, pas encore consulté.

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