DESHAIES René, Henri, Lucien

Par Alain Dalançon, Pierre Pétremann

Né le 5 mai 1940 à Boulay-lès-Barres (Loiret) ; ouvrier professionnel puis professeur de génie mécanique ; militant syndicaliste de la CGT, puis du SNET, puis du SNES, membre du BN (1967-1979), secrétaire de la catégorie des PTA (1969-1979), secrétaire de la section départementale du Loiret de la FEN (1967-1970), membre de la CA nationale de la FEN (1969-1979) ; militant communiste, conseiller municipal d’Ingré (Loiret) de 1983 à 1989.

Congrès national SNES 1975
Congrès national SNES 1975
(Coll. IRHSES)

Fils d’un ouvrier agricole et d’une mère sans profession, René Deshaies fut élevé avec sa sœur dans le petit village beauceron de Villeneuve-Conie (Loiret). Il reçut une éducation catholique, fut enfant de chœur, mais cessa toute pratique religieuse à l’adolescence et fit du théâtre dans une association post-scolaire laïque. Après le certificat d’études primaires obtenu à l’école communale publique à classe unique, il entra en 1954 au centre d’apprentissage de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), à proximité de l’usine Renault, petite unité de 750 ouvriers, techniciens et cadres, où il commença à travailler en 1957 comme ouvrier professionnel, muni de deux certificats d’aptitude professionnelle de fraiseur et d’ajusteur.

À son retour du service militaire (mai 1960-juillet 1962, deux mois en Allemagne puis vingt-cinq mois en Algérie), René Deshaies s’inscrivit aux cours du soir de la promotion sociale, obtint le CAP de dessinateur industriel en 1963 puis un brevet professionnel de fraiseur-outilleur en 1964. Il devint dessinateur industriel au bureau d’études de l’usine Renault. Il épousa en mars 1964 civilement à Villeneuve-sur-Conie (Loiret), une institutrice, Josette Régnier, militante du Syndicat national des instituteurs et institutrices, qui devint directrice d’école.

Dès le début de son activité professionnelle, René Deshaies adhéra à la CGT, puis au Parti communiste français en 1959. À son retour d’Algérie, il milita activement, fut secrétaire du syndicat CGT, délégué du personnel de 1962 à 1965 et secrétaire du comité d’entreprise Renault-Orléans de 1963 à 1965 ; il entra en 1968 au comité fédéral du PCF et fut réélu par la conférence fédérale de 1970.

En 1965, René Deshaies passa avec succès le concours de professeur technique adjoint, préparé grâce aux cours de la promotion supérieure du travail dans le cadre du Conservatoire national des arts et métiers. Il effectua son stage en 1965-1966 à Saint-Quentin (Aisne) dans une antenne rattachée à l’École normale supérieure de l’enseignement technique, fut affecté à la rentrée 1966 comme PTA (fabrications mécaniques) au lycée technique Henri Buisson de Vierzon (Cher), puis fut muté l’année suivante au lycée Benjamin Franklin d’Orléans, où il demeura jusqu’à sa retraite en 2000, après avoir bénéficié d’un congé de fin d’activité à partir de 1997. Devenu certifié de génie mécanique en 1978 après sa réussite au concours spécial du CAPET B3, il fut promu à la hors-classe des certifiés et enseigna de 1992 à 1995 en classe préparatoire de mathématiques supérieures-technologie.

Dès le début de sa nouvelle carrière enseignante, René Deshaies adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique, fut le secrétaire de la section (S1) des stagiaires en 1965-1966 et organisa une vigoureuse bataille de pétitions auprès des parlementaires, de concert avec ses camarades stagiaires féminines, professeurs techniques adjointes de commerce (Monique Vuaillat* en particulier), pour faire reconnaître la prise en compte des services effectués dans le privé dans la carrière des nouveaux PTA ; il s’opposa à la direction nationale du SNET alors dirigée par Louis Astre.

Cet engagement syndical le fit remarquer par les responsables du courant« Unité et Action », au moment de la réalisation de la fusion entre le SNET et le SNES. René Deshaies fut élu à la commission administrative nationale du nouveau Syndicat national des enseignements de second degré (classique, moderne, technique) en juin 1967, dans laquelle il demeura jusqu’en 1979. Il entra en même temps au bureau national et fut chargé de la responsabilité d’un groupe de travail permanent sur les enseignements technologiques dans l’exécutif national, travaillant de concert avec René Plaisance*, un ancien militant proche de la retraite du courant « Unité pour une action syndicale efficace » du SNET qui n’avait pas été élu en 1967 au secrétariat de la catégorie des PTA contre le candidat autonome, Pierre Sauvreneau.

En 1967, alors que le courant autonome disposait de la majorité dans la CA de la section départementale de la FEN du Loiret, faute de candidat majoritaire, René Deshaies fut élu secrétaire de la section, responsabilité qu’il conserva jusqu’en 1970. Il eut à gérer au nom de la fédération la période de Mai-juin 1968 avec René Garreau, le secrétaire « autonome » de la section départementale du SNI. Il fit en sorte que la FEN participe activement à l’action unitaire dans le Loiret au côté des centrales ouvrières, mais il fut en désaccord avec la présence de la FEN à Charléty le 27 mai, jour où il transmit à la direction fédérale la détermination d’une assemblée générale de 400 personnels à poursuivre la grève, au cas où les propositions du ministère de l’Éducation nationale ne seraient pas meilleures que celles faites aux organisations ouvrières.

En 1969, René Deshaies fut élu secrétaire de la catégorie des PTA dans la CA nationale du SNES et le demeura jusqu’en 1979, en même temps qu’il siégeait à la CA nationale de la FEN au titre du SNES, était élu commissaire paritaire national des PTA, membre du Conseil de l’enseignement général et technique et du Conseil supérieur de l’Éducation nationale. Au cours de cette décennie, durant laquelle il fut déchargé de cours à temps complet, en s’appuyant sur son expérience professionnelle et syndicale dans le monde ouvrier, il se montra un vigoureux défenseur des enseignements techniques et de la promotion de ses personnels, aussi bien à l’intérieur du syndicat et du courant Unitié et Action que dans les instances où il siégeait et auprès des partis politiques de la gauche.

Dans la direction nationale du SNES, de concert avec notamment Étienne Camy-Peyret, André Dellinger, Michel Velay*, Paul Berger, Philippe Rabier, tous anciens militants du SNET, Deshaies joua un rôle de premier plan dans l’organisation de la lutte syndicale en faveur des professeurs des enseignements techniques après 1968 (circulaire Creyssel et Périllat de 1970, grève tournante de septembre et octobre 1972 des PTA, PT et chefs de travaux, notamment pour l’arrêt du recrutement des PTA et leur accès au corps des certifiés, lié à la mise en place dans toutes les disciplines techniques de CAPET ou concours de PT, grève et rassemblement des PT et PTA de novembre 1975 pour la revalorisation des PTA et la transformation de tous les postes de PTA en poste de PT ou de certifiés...).

En 1979, devenu certifié, René Deshaies ne pouvait plus être secrétaire de la catégorie des PTA. En raison de désaccords avec des membres du secrétariat national (Gérard Alaphilippe notamment), il reprit un service complet d’enseignement. Membre de la CA académique du SNES d’Orléans, il fut commissaire paritaire académique des certifiés de 1979 à 1989.

René Deshaies se présenta à de nombreuses reprises au CA de la Mutuelle générale de l’éducation nationale du Loiret mais ne fut jamais élu ; en revanche son épouse le fut en 1998. Il continua de militer au plan politique au PCF, fut conseiller municipal sur une liste d’union de la gauche à Ingré (ville d’exercice de son épouse et de sa résidence) de 1983 à 1989, année où il quitta le PCF.

En 2006, Deshaies, syndiqué au SNES-FSU retraités, faisait partie de la commission des comptes de la trésorerie nationale du Groupement des retraités.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22469, notice DESHAIES René, Henri, Lucien par Alain Dalançon, Pierre Pétremann, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 5 janvier 2018.

Par Alain Dalançon, Pierre Pétremann

Congrès national SNES 1975
Congrès national SNES 1975
(Coll. IRHSES)

SOURCES : Arch. FEN (CAMT de Roubaix). — Arch. IRHSES (CA, congrès, secteur enseignements technologiques et PTA, L’Université syndicaliste). — Arch. comité national du Parti communiste. — Notes de De Nardi. — Témoignage de l’intéressé. — Témoignages oraux de militant.es du SNES.

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