ROUX Louis, Jean, Auguste [pseudonyme dans la résistance : Jean Louis]

Par Eric Panthou

Né le 19 décembre 1919 à Chamalières (Puy-de-Dôme), mort le 28 décembre 1986 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; ouvrier du caoutchouc chez Bergougnan, licencié pour grève en 1938 ; syndicaliste CGT ; membre des Brigades Internationales comme Volontaire de l’Espagne Républicaine ; membre du Parti communiste ; résistant au sein des Francs-tireurs et résistants (FTP) ; administrateur de l’Auvergne-Mutualiste et élu administrateur CGT de la Sécurité Sociale.

Louis ROUX
Louis ROUX

Fils de Antoine, mécanicien, et de Cécile Edier, Louis Roux fut embauché aux usines Bergougnan, importante firme de pneumatique et produits en caoutchouc installée à Clermont-Ferrand. Il participa aux grèves de juin 1936. C’est cette année là qu’il adhère au PCF. Responsable au cercle de la Jeunesse communiste et aux pionniers de la fédération de l’enfance, il est à ce titre nommé membre du Comité de coordination pour l’accueil des réfugiés espagnol. C’est à ce titre que, sensible au drame que vit la jeune république espagnole, il effectuera deux courts séjours auprès des brigades internationales en Espagne.
Son activité au sein de la CGT lui vaudra d’être licencié des usines Bergougnan à la suite de sa participation à la grève générale nationale du 30 novembre 1938 contre la remise en cause de la semaine des 40 heures.
Il se maria le 22 juillet 1939 avec Émilienne Brun à Peschadoires (Puy-de-Dôme). Il se remaria le 3 décembre 1960 à Clermont-Ferrand avec Odette Boudon, après avoir divorcé la même année.
Mobilisé pendant la drôle de guerre, il est envoyé en août 1940 aux chantiers de Jeunesse dont il sort le fin janvier 1941. Il reprend alors contact avec ses camarades du Parti.
Son nom figure sur une liste manuscrite de suspects, suspect de menées antinationales dans le cadre d’une vaste enquête concernant Sauvignet à l’automne 1941. Il est arrêté en octobre.
Il reconnaît avoir mené une très grande activité aux JC, section de Clermont-Ferrand de la fin du mois de juin 1936 jusqu’à juillet 1938, mais assure avoir alors cessé toute activité à la suite d’un différend survenu avec les membres du Bureau régional, les nommés Barbat, secrétaire régional, Ayala, trésorier, et Mioche qui était secrétaire adjoint. Pour lui, ce différend provenait de la création d’un groupement artistique avec laquelle il n’était pas complétement d’accord. Il dit avoir alors définitivement quitté les JC pour se consacrer définitivement aux Sports Ouvriers Clermontois en qualité de moniteur à la section Basket. Il reconnaît avoir cependant conservé des amitiés aux JC avec Emile Finck, Robert Mazuel, alors prisonnier, Roger Targonnet, prisonnier également.
En décembre 1940, un dénommé Raymond, envoyé par Finck, est venu au commissariat général des chantiers de Jeunesse, à Châtel Guyon, où Roux travaillait, pour lui demander une grande quantité de papier à machine à écrire pour tracts. Il fit avoir refusé catégoriquement de lui donner et ne plus avoir eu de nouvelle ensuite jusqu’à juin 1941 où un individu vint le trouver à la sortie de l’usine de la part de Raymond pour lui remettre un paquet d’une trentaine de tracts dont 6 ou 7 exemplaires de l’Avant-Garde en le priant de les diffuser parmi mes amis. Un mois après, Raymond est venu lui-même accompagné de Mioche et Mioche lui a remis une dizaine d’Avant-Garde puis est revenu deux autres fois lui remettre des tracts de l’Avant-Garde et La Caserne. Il a accepté à chaque fois de les diffuser mais déclare à la police avoir en réalité tout brûlé.
Il reconnaît avoir accepté de la demande de Mioche et Raymond pour participer au nouveau groupement des JC. Mioche et Raymond confectionnaient eux-mêmes les tracts. La seule personne à qui il reconnaît avoir remis des tracts, c’est Barrier, ancien collègue Bergougnan, arrêté la semaine précédente pour menées communistes.
( portrait en 1420768).
Puis, en 1943, il s’évade et rejoint la Résistance et devient lieutenant FTP.
Dès 1946, Louis Roux reprend ses activités aux établissements Bergougnan et parmi celles-ci, celle de militant mutualiste.
Administrateur depuis 1956 de l’Auvergne-Mutualiste -société départementale de la mutualité du Puy-de-Dôme- important groupement mutualiste départemental qui réunit 25000 adhérents, il a occupé successivement les fonctions de trésorier puis de secrétaire général. Il en assure la présidence à partir de 1974.
Élu en 1962 administrateur CGT de la Sécurité Sociale, il y siégea pendant 17 ans. Parallèlement il assuma de multiples responsabilités dans d’autres organismes, d’autres établissements du secteur santé.
Début 1984, il fut nommé Chevalier dans l’ordre du Mérite.
Il était encore membre du PCF dans les années 1970, vivant rue de l’abbé Prévost à Clermont-Ferrand.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article219923, notice ROUX Louis, Jean, Auguste [pseudonyme dans la résistance : Jean Louis] par Eric Panthou, version mise en ligne le 27 octobre 2019, dernière modification le 29 octobre 2019.

Par Eric Panthou

Louis ROUX
Louis ROUX

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 525524. Dossier Louis Roux (non consulté) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 100 : PV interrogatoire Louis Roux, 23 octobre 1941 .— “Distinctions. Deux militants nommé chevaliers dans l’ordre national du Mérite”, Unité, journal de la CGT du Puy-de-Dôme, février 1984 .— Liste de vétérans du Parti (archives privées) .— état-civil Chamalières.

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