RECEGANT Lucien, Joseph

Par Michel Thébault

Né le 17 mars 1910 à Bordeaux (Gironde), tué par erreur le 15 juin 1944 à La-Chapelle-Viviers (Vienne) ; résistant AS, maquis Lagardère.

Lucien Recégant était le fils d’Alphonse, Ernest Recégant âgé de 31 ans, employé de commerce et de Marie Delage âgée de 23 ans lingère, demeurant 10, cité Faugas à bordeaux. Il se maria le 6 août 1931 à Bordeaux avec Fernande Lacombe, dont il divorça par jugement du tribunal civil de Dakar, le 13 janvier 1940. Il s’engagea à une date à préciser, dans la Résistance, dans un maquis rattaché à l’AS du nord de la Vienne et au groupe Lagardère. Ce réseau d’abord créé par deux frères André alias « Lagardère » et Henri Baudinière à partir de résistants recrutés à Châtellerault et au nord de Châtellerault s’installa début mai 1944 entre Lhommaizé et Civaux, constituant un maquis. Contraint de se déplacer après une première attaque de la Milice le 15 mai 1944, il s’établit ensuite sur la commune de Queaux (Vienne). Selon la version établie par Christian Richard (op. cit.), le 15 juin 1944 André Baudinière alias « Lagardère » s’était rendu à Châtellerault en voiture accompagné de quelques membres du groupe dont Lucien Recégant. Au retour, au lieu-dit Grémont (La Chapelle-Viviers), une section du groupe « Gilles » en embuscade ouvrit le feu sur la voiture de Lagardère, l’ayant confondu avec un véhicule de la Milice signalé et attendu. Lucien Recégant et un autre de ses camarades Eugène Kontzler furent tués sur le coup. Il existe une autre version de l’événement rapportée par un témoin direct, Gaston Perdriau : « en juin 44, nous devions aller faire un parachutage d’armes à Bourresse. Nous étions partis d’Oyré avec une voiture et un side-car de l’armée. A La Chapelle Viviers, arrive derrière nous un camion d’un autre groupe du maquis qui ouvre le feu au fusil mitrailleur à 7 mètres de notre voiture. Le chauffeur et le passager de devant ont le temps de se cacher derrière un mur. Nous étions trois à l’arrière de la voiture. Mes deux copains à ma droite sont morts » (livret Saint-Gervais-les-Trois-Clochers op. cit.). Les deux documents concordent cependant sur la mort de Lucien Recégant liée à une erreur de la Résistance dans le contexte de l’action contre les forces d’occupation.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur une stèle commémorative dressée après la guerre à Cornouin, commune de Civaux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article215532, notice RECEGANT Lucien, Joseph par Michel Thébault, version mise en ligne le 16 mai 2019, dernière modification le 16 mai 2019.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Gironde (état civil en ligne) — SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 141444 (à consulter) — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — Site VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation) article Christian Richard, maquis Lagardère — Notes Nicole Valette (Saint-Gervais-les-Trois-Clochers) et livret édité par la commune de Saint Gervais Commémoration du 28 août 1944 — Mémoire des Hommes — Mémorial GenWeb.

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