CERSOT Francis

Par Coralie Immelé

Né le 3 février 1901 à Saint-Marcellin-de-Cray (Saône-et-Loire), mort le 21 décembre 1984 à Mâcon (Saône-et-Loire) ; agent technique SNCF dans le Rhône ; militant socialiste, secrétaire fédéral de la SFIO du Rhône (1946-1951), puis de l’Ain (1961) ; syndicaliste CGT, puis FO, secrétaire de la région Sud-Est de la section nationale des retraités FO des cheminots ; résistant dès juillet 1940.

Fils d’un domestique, Francis Cersot suivit l’école primaire en Saône-et-Loire. Il exerça la profession de cultivateur avant d’entrer, en novembre 1923, à la compagnie du PLM comme homme d’équipe à la gare de Lyon-Guillotière (Rhône). Le 16 mai 1925, il épousa, à Saules (Saône-et-Loire), une bourguignonne, Marie Gonot, avec qui il eut une fille, née le 21 octobre 1931. Travaillant dans différents établissements de la région lyonnaise, Francis Cersot s’éleva progressivement dans les échelons hiérarchiques de la compagnie : il fut facteur aux écritures à Oullins en décembre 1926, facteur enregistrant à Écully en juin 1931, sous-chef de gare à Lyon-Perrache en novembre 1935 et contrôleur technique au poste de commandement de Lyon (dispatching) à partir de janvier 1941.
Parallèlement à son activité professionnelle, Francis Cersot adhéra à la SFIO dès 1929 et fut secrétaire de la section socialiste de Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) et de la deuxième section de Lyon. Il milita aussi à la CGT. Fort de cette expérience politique et syndicale, Francis Cersot entra dans la Résistance dès juillet 1940. Avec l’aide du chef du service des bagages de Lyon-Perrache, Vincent Vassy* socialiste et militant de la CGT comme lui, il rédigea, confectionna et diffusa des tracts contre le régime de Vichy. Dénoncé et arrêté au début du mois de décembre 1940 comme chef d’un foyer de propagande antinationale, il bénéficia d’un non-lieu grâce à la complicité de la police et, selon ses dires, à l’intervention de ses supérieurs hiérarchiques, Portafaix, inspecteur principal et Monmarché, chef du bureau du personnel. Fin 1941, Cersot et Vassy furent contactés par Henri Morier, agent SNCF à Perrache, militant d’avant-guerre à la SFIO, pour participer à la reconstitution de la CGT et à la recherche de terrains de parachutage. En décembre 1942, René Hardy les intégra au NAP-Fer, que Cersot fut chargé d’organiser dans la région lyonnaise. En juin 1943, il intégra aussi le réseau de renseignements Corvette. Sous les pseudonymes de Lagrange, Robert, Petitjean et Leducq, il diffusa la presse clandestine (Libération, Le Populaire), transporta des armes, organisa et exécuta des sabotages sur diverses installations ferroviaires dans la région lyonnaise. En outre, grâce à ses fonctions au poste de commandement de Lyon, il détourna quotidiennement, avec la complicité d’un agent de l’imprimerie interne de la SNCF, tous les documents concernant les transports allemands. À la suite de plusieurs arrestations de membres du NAP-Fer et de la surveillance étroite dont il fit l’objet, il quitta son poste pour entrer dans la clandestinité complète le 17 mars 1944, alors même que la Gestapo venait l’arrêter sur son lieu de travail. Il se réfugia alors dans le département de la Côte-d’Or où il devint responsable du NAP-Fer pour la région de Dijon, chargé notamment de coordonner les sabotages ferroviaires. Il fut également l’adjoint au responsable national du NAP-Fer de la région Sud-Est. Pour son action résistante, Francis Cersot reçut, en 1945, le titre de chevalier de la Légion d’honneur avec port de la Croix de guerre et fut cité à l’ordre de la Division avec attribution de la Croix de guerre avec étoile d’argent. Il fut également décoré de la médaille de la Résistance française en janvier 1946.
Démobilisé le 30 septembre 1944, il reprit son service à la SNCF comme contrôleur technique principal, présida la commission d’épuration du 4e arrondisssement de la SNCF (exploitation, voies, matériel et traction) et obtint, en janvier 1945, le poste de contrôleur technique des services régionaux. Élu secrétaire adjoint de la fédération SFIO du Rhône au congrès fédéral de février 1945, tête de liste dans le IIe arrondissement de Lyon aux élections municipales, il fut aussi candidat aux cantonales en septembre dans le même arrondissement et troisième sur la liste de la SFIO conduite par André Philip* dans la première circonscription du Rhône au scrutin constituant du 21 octobre. Après le retrait de Lucien Lequertier* pour raisons de santé, il occupa ensuite la fonction de secrétaire fédéral de la fédération socialiste du Rhône de décembre 1945 à juin 1951, puis de celle de l’Ain en 1961. Il fut nommé, en décembre 1946, président du comité d’arrondissement de Lyon de l’association Résistance-Fer et en resta toujours un adhérent actif.
En 1946-1947, Francis Cersot, alors membre de la CGT, avait participé à la création de FO dans la région lyonnaise. Il partit à la retraite en 1959 avec le grade d’inspecteur de 1re classe au poste de commandement de l’arrondissement de Lyon. En octobre 1963, il fut élu responsable pour la région Sud-Est de la section nationale des cheminots retraités de FO, un mandat qui fut renouvelé en 1965.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19173, notice CERSOT Francis par Coralie Immelé, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Coralie Immelé

SOURCES : Direction départementale de l’Office national des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de Lyon, dossier n° 2323. — Arch. Dép. Rhône 31 J B33. — Arch. dép. Rhône, 3551W2. — Centre d’archives historiques de la SNCF du Mans, 25LM0254. — Centre d’archives multirégional de la SNCF de Béziers, microfiche 0155416 F. — Institut d’histoire sociale de la CGT Rhône-Alpes, Fonds Charles Philippo. — Arch. de l’OURS (Parti socialiste), 2APO12. — Francis Cersot, « La Résistance des cheminots », témoignage dactylographié (mars 1951). — Le Populaire du Rhône (1944-1946). — Le Cheminot du Sud-Est (juin-juillet 1955). — Le Rail syndicaliste (1963-1965). — FO Rail (mars 1986) ; notes de Gilles Vergnon. — Alban Vistel, La Nuit sans ombre. Histoire des mouvements unis de résistance, leur rôle dans la libération du Sud-Est, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1970, p. 221-230. — Marcel Ruby, Résistance et contre-résistance à Lyon et en Rhône-Alpes, Roanne, Horvath, 1995. — Louis Botella, Force ouvrière chez les cheminots. De la Libération à 1954. La voie de l’indépendance, Saint-Jean des Mauvrets, Éditions du Petit Pavé, 2002, p. 326. — Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, BGA/Bruno Permezel, 2003.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément