ROUSSEAU Claudette épouse Rosell

Par Wally Rosell, Hugues Lenoir

Née le 22 juin 1923 à Angers (Maine-et-Loire), morte le 1er février 2016 à Paris XVIIIe arr. ; sage-femme ; militante de la Fédération anarchiste ; de la CGT-FO ; de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Claudette Rousseau était issue d’une famille d’instituteurs "laïcards". Après son divorce, sa mère épousa Robert Chevet, Claudette alors rejoignit Saint-Malo. En 1936, au lycée, elle adhéra aux jeunesses socialistes.
Dès 1940, elle participa à des réseaux d’évasion et de soutien aux réfugiés antifascistes espagnols avec sa mère et son beau-père qui état cheminot, socialiste, adhérent à la CGT. Celui-ci fut arrêté et assassiné en 1941.
Claudette Rousseau a été arrêtée une première fois en 1941, puis elle a rencontré José Rosell* et elle intégra le réseau Robur composé de militants catalans de la CNT. Elle fut « agent de liaison » sous le nom de Petardo. Ce réseau était implanté sur toute la Bretagne. Elle participa notamment au réseau d’évasion des Espagnols depuis les îles de Jersey et Guernesey. Claudette Rousseau fut de nouveau arrêtée le 6 juin 1944 et incarcérée à la prison de Rennes.

À la libération, elle suivit des études de sage-femme à Rennes. Elle monta à Paris où elle vécut dans la Goutte d’Or avec José Rosell qu’elle avait épousé en 1949. Claudette et José eurent trois enfants.

Rapidement, elle adhéra au groupe libertaire Louise Michel (du XVIIIe) et à la CGT-FO, dès qu’elle travailla comme sage-femme à la Sécurité Sociale. Sa conception de son métier de sage-femme l’a amené à le lier, dès les années 1950, aux luttes des femmes, pour la contraception et l’IVG notamment, à travers sa collaboration au Planning familial et des centres de protection maternelle infantile (PMI). Elle créa notamment des consultations PMI dans les bidonvilles de Nanterre, Saint-Denis, pendant la guerre d’Algérie et les anima jusqu’à leur disparition.

Claudette Rousseau, Rosell à cette date, ne pouvant pas mener de front une vie familiale et un double militantisme, se concentra sur le militantisme syndical et au sein de la LDH du 18è où elle prit la présidence de cette section après la mort de sa mère Suzie Chevet en 1972. À cette période, elle fut détachée de la sécurité sociale (au sein de laquelle elle a été trop souvent confrontée aux agissements des staliniens et des militants trotskystes du PCI), pour travailler au sein de la Commission femme confédérale de la CGT-FO avec Paulette Hofman.

Claudette et José Rosell finirent leur vie militante en soutenant l’Ecole libertaire Bonaventure sur l’Ile d’Oléron. Elle est décédée le 1er février 2016 à Paris XVIII.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184977, notice ROUSSEAU Claudette épouse Rosell par Wally Rosell, Hugues Lenoir, version mise en ligne le 8 septembre 2016, dernière modification le 25 juillet 2018.

Par Wally Rosell, Hugues Lenoir

Œuvre : Une vie de militante associative, LDH, Paris (2001).

SOURCES : archives personnelles

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément