JI Fang 季方

Par Yves Chevrier

Né vers 1890 (1891, 1893, 1886 ?) dans le xian de Haimen, Jiangsu. Chef militaire non-communiste, organisateur d’une guérilla rurale au nord du Yangzi en 1940. Rallié au P.C.C. à cette époque. Dirigeant du « Tiers parti » avant 1949 et du Parti démocratique des paysans et des ouvriers chinois après cette date.

Formé à l’école militaire de Baoding, Ji Fang entre en 1925 comme instructeur à l’Académie militaire de Huangpu (Whampoa) (voir Blücher). L’année suivante, après la constitution de l’Armée nationale révolutionnaire sous les ordres de Chiang Kai-shek, il entre au Département de politique générale, dirigé par Deng Yanda (鄧演達). Dès lors, la carrière des deux hommes se développe parallèlement, Ji Fang servant sous Deng au cours de l’Expédition du Nord (Beifa). Après la rupture du premier Front uni (juillet 1927), Ji Fang, rallié aux idées — mais non aux hommes — du G.M.D. de gauche (voir Wang Jingwei (汪精衛)), crée le Parti révolutionnaire chinois. Ce parti, réorganisé en 1929 par Deng Yanda sous le nom de Comité d’action provisoire du G.M.D., sera plus connu sous celui de Tiers parti. L’arrestation et l’exécution de Deng Yanda à l’été 1931 durcissent l’opposition de Ji Fang à la dictature nationaliste. Il participe ainsi à l’éphémère révolte de Cai Tingkai et prend part au « gouvernement populaire du Fujian » mis en place par les rebelles en 1933. Après l’échec de la rébellion du Fujian, Ji Fang est emprisonné. Il se rend ensuite à Hong Kong, d’où il tente d’organiser la résistance du Tiers parti à Chiang Kai-shek.
La guerre sino-japonaise et l’établissement du second Front uni (1937) lui permettent de poursuivre ces activités en Chine même tout en le rapprochant de manière décisive des communistes. En effet, Ji Fang est chargé par les autorités centrales, réfugiées à Chungking, d’organiser la résistance anti-japonaise dans sa province natale occupée. Il regroupe des bandes paysannes au nord de l’estuaire du Yangzi et forme une guérilla indépendante, dans les faits, des autorités nationalistes locales (établies à l’arrière des lignes japonaises). Au cours de l’année 1940, cette guérilla se renforce et s’étend, si bien qu’elle devient la plus importante des forces anti-japonaises non communistes au nord du Jiangsu. Au même moment, les troupes communistes de la 4e Armée nouvelle (voir Ye Ting (葉挺) et Xiang Ying (項英)), basées au sud de la province, franchissent le fleuve sous la conduite de Chen Yi (陳毅). Contrairement aux commandants nationalistes qui optent pour l’affrontement (attitude qui provoque le fameux « incident de la 4e Armée nouvelle » au début de l’année suivante), Ji Fang fait mouvement afin de joindre ses forces à celles de Chen. L’intégration a lieu à la mi-novembre : Ji Fang est nommé commandant de la région militaire tandis que les postes-clés sont attribués à des membres du P.C.C. Le ralliement de Ji Fang a grandement facilité le redéploiement des troupes communistes au nord du fleuve, tout en faisant passer la région relativement riche du nord de l’embouchure sous contrôle communiste. Ji Fang occupe pendant le reste de la guerre le poste de vice-président de la région-frontière du Jiangsu-Anhui.
Éloigné du centre d’intrigues de Chungking, Ji Fang ne participe pas à l’organisation de la troisième force, suscitée par la quasi-rupture du Front uni après 1’« incident » de janvier 1941. Le Tiers parti, conduit par Zhang Bojun, s’agrège à la Ligue démocratique (septembre 1944) et, après la victoire et la reprise de la guerre civile, se transforme en Parti démocratique des paysans et des ouvriers chinois (Zhongguo nonggong minzhudang, 1947). Ji Fang est nommé au nouveau C.C.
Après la Libération (1949), il est membre de la C.P.C.P.C. et élu à l’A.N.P. comme député du Jiangsu en 1954. Il est aussi vice-ministre des Communications sous Zhang Bojun. Le mouvement anti-droitier qui fait suite aux Cent Fleurs à partir de l’été 1957 lui permet de prendre la place de Zhang au ministère des Communications et d’accéder au comité permanent de l’A.N.P., tout en dirigeant 1’« épuration » du Parti démocratique. Après une courte période d’effacement pendant la Révolution culturelle, Ji Fang a retrouvé en 1972 ses responsabilités à l’A.N.P. En mars 1978 il est devenu vice-président de la C.P.C.P.C., qui le réélit à ce poste en 1983. Il a recouvré la présidence du Parti démocratique en octobre 1979. Ses ralliements publics à la cause communiste ne doivent pas faire négliger l’hypothèse fréquemment émise d’une appartenance secrète de Ji Fang au P.C.C.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article182303, notice JI Fang 季方 par Yves Chevrier, version mise en ligne le 2 novembre 2016, dernière modification le 2 novembre 2016.

Par Yves Chevrier

SOURCES : Outre KC, voir Johnson (1963) et Bartke (1981).

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