ROUGERON Jean Marie

Par Michel Thébault

Né le 22 février 1890à Soumans (Creuse) , abattu sommairement le 25 août 1944 par les miliciens à Nouhant (Creuse) ; coiffeur ; victime civile.

Il était le fils de François Rougeron cultivateur domicilié à Châtres de Soumans et de Marie Vernaudon. Il fit son service militaire comme canonnier conducteur au 52ème régiment d’artillerie de campagne à Angoulême (Charente) d’octobre 1911 à août 1913. Mobilisé en 1914, il incorpora le 3 août 1914 le 52ème RAC. Ancien combattant de la première guerre mondiale, il fit sous les drapeaux la totalité du conflit, et fut démobilisé le 11 août 1919 après avoir reçu la Croix de guerre avec citation à l’ordre du régiment en février 1919. Il se maria à Nouhant (Creuse) le 28 juillet 1923 avec Marie Julie Martot. Il s’installa dans cette commune où il était coiffeur en 1937. Mobilisé à nouveau le 2 septembre 1939, il fut renvoyé dans ses foyers dès le 16 septembre 1939.
A la fin du mois d’août 1944, les forces allemandes et les miliciens qui les accompagnaient refluèrent du sud-ouest et du Limousin pour rejoindre l’est de la France. Un des principaux axes de leur repli suivait l’itinéraire Bourganeuf – Guéret – Montluçon, pour continuer ensuite en direction de Moulins (Allier). Les derniers allemands à faire étape à Guéret le 23 août 1944 appartenaient au 19ème SS Polizei qui avait refusé la reddition à Limoges. Ils furent suivis le 24 août par un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages). Dans la nuit du 24 au 25 août 1944 ceux-ci quittèrent à leur tour Guéret pour tenter de gagner Montluçon où la garnison allemande assiégée dans la caserne Richemont résistait encore. L’État-major des FFI en Creuse avait organisé des opérations de harcèlement sur tout l’itinéraire, découpant le parcours entre ses multiples unités de résistance. A la limite de la Creuse et de l’Allier, dans les communes de Verneiges et Nouhant, la 2115ème Compagnie FTP (Lieutenant Jim Roetinck) attaqua le convoi des miliciens. En représailles, tout au long de la nationale 145, les miliciens incendièrent des maisons et bâtiments d’exploitation agricole (à la Chaussade Blanche, au Boueix, à la Sagne de Nouhant …). « C’est alors que Jean Marie Rougeron, le coiffeur de Nouhant, voyant au loin la fumée qui s’élevait au-dessus des bâtiments de la ferme de son neveu Philippe Autissier, accourut pour aider à combattre le sinistre » (Marc Parrotin op. cit.). Il fut abattu sommairement par les miliciens encore présents.
Il est vraisemblablement une des dernières victimes voire la dernière de la Libération de la Creuse. Son nom figure sur le monument aux morts de Nouhant et sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article180711, notice ROUGERON Jean Marie par Michel Thébault, version mise en ligne le 13 mai 2016, dernière modification le 23 février 2017.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (état civil, registre matricule) — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — René Castille La Libération définitive de la Creuse, 25 août 1944 in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Ed. Le Puy Fraud 2012 — mémorial genweb.

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