BRION Mariette [née DRILLON Mariette]

Par Claude Pennetier

Née le 6 avril 1908 à Gy-l’Évêque (Yonne), morte le 10 avril 1994 à Roullet-Saint-Estèphe (Charente) ; ménagère ; militante communiste de Charente ; membre de la seconde Assemblée nationale constituante (1946) et conseillère de la République (1946-1948), conseillère générale.

[Sénat]

Fille d’un maréchal-ferrant mort au front en 1915, pupille de la Nation (2 avril 1919), Mariette Drillon fut élevée par sa mère et son beau-père, retraité de la gendarmerie. Elle fit ses études à l’école primaire d’Enghien et Gennevilliers, puis au cours secondaire de jeunes filles à Cognac (Charente) jusqu’en 1923. Elle avait épousé Guy Brion en avril 1927, à Salignac-de-Pons (Charente-Inférieure,-Charente-Maritime), un instituteur qui adhéra au Parti communiste l’année suivante. Elle-même ne prit sa carte qu’en 1933, mais elle était sympathisante depuis 1928 et avait été très active pendant la campagne électorale d’avril-mai 1932. Femme au foyer, elle lisait assidûment l’Humanité depuis cette date avant de souscrire à l’Office mensuel des publications communistes début 1935. La même année la justice l’inculpa pour « provocation de militaires à la désobéissance », en la circonstance pour distribution de tracts à des militaires sénégalais en manœuvre. Dans le contexte du Front populaire naissant, ces poursuites lui permirent de capter un élan de sympathie bien au-delà de son organisation. Elle épaulait son mari, secrétaire de section, membre du bureau régional et administrateur du journal régional : Le Prolétaire. Elle-même prit des responsabilités. Elle fut déléguée à la conférence nationale de juillet 1936 salle Huygens, à Paris ; son rayon la chargea de former un Comité des femmes contre la guerre et le fascisme, dont elle prit le secrétariat. Elle travailla à l’aide au peuple espagnol et entra au bureau régional communiste vers 1937.

Candidate en quatrième position sur la liste communiste de Charente aux élections de la première constituante le 21 octobre 1945, elle ne fut pas élue, mais elle entra au parlement le 2 juin 1946 avec la seconde constituante. Conseillère générale de Ruffec et vice-présidente du conseil général, elle fut élue au conseil de la République le 8 décembre 1946 et battue le 7 novembre 1948. Ses interventions dans les assemblées portaient essentiellement sur les questions agricoles et agro-industrielles. En 1945, son mari fut sanctionné par le Parti communiste pour des raisons non précisées. Le couple divorça en février 1952.

Le nom de Mariette Brion ne figure pas sur la liste des dirigeants communistes de Charente dans les années 1950.

Elle était mère de quatre enfants nés vers 1929, 1931, 1932 et 1936.

Remariée à Bordeaux en octobre 1957 avec André René Blain, elle mourut en 1994 à Roullet-Saint-Estèphe (Charente).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17969, notice BRION Mariette [née DRILLON Mariette] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 21 janvier 2011.

Par Claude Pennetier

[Sénat]
[Assemblée nationale, Notices et portraits]

SOURCES : Dictionnaire des Parlementaires français, op. cit. — RGASPI, 495 270 3617, autobiographie 5 janvier 1938. — Notes de Jacques Girault. — État civil de Gy-l’Évèque.

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