BOULLY Georges

Par Jean Gaumont, Gaston Prache

Né le 20 février 1877 à Saint-Valérien (Yonne), mort le 9 mars 1949 à Saint-Valérien ; professeur ; coopérateur, franc-maçon ; conseiller municipal de Tonnerre (Yonne), maire de Saint-Valérien ; député (1924-1928, 1932-1936) puis sénateur (1936-1944) de l’Yonne.

[Sénat]

D’une génération de familles paysannes du Gâtinais, G. Boully, après avoir fréquenté l’école primaire de son village natal, fut élève de l’École normale d’instituteurs d’Auxerre (Yonne). De 1896 à 1898, il enseigna comme instituteur à Auxerre puis à Sens. Admis alors à l’École normale supérieure de Saint-Cloud puis inscrit successivement aux Facultés de lettres de Poitiers puis de Lille, il commença sa carrière professorale, jalonnée par les Écoles normales de Rodez et de Poitiers, les EPS de Tourcoing, de Tonnerre, de Saint-Fargeau puis de Sens, de 1928 à 1932.

Combattant de la guerre 1914-1918, il fut blessé en 1915. Conseiller municipal de Tonnerre (Yonne) en 1919, puis de sa propre commune natale dont il fut élu maire en 1935, il avait été élu député de l’Yonne le 11 mai 1924 sur la liste du « Bloc national des gauches », avec 19 937 voix sur 86 028 inscrits (23 %). Non réélu en avril 1928 il retrouva son siège en mai 1932. Il intervint notamment sur l’impôt sur le chiffre d’affaires (1926), fut membre de la Commission d’enquête sur l’affaire Stavisky (1934). Avec autorité, il plaida devant la Chambre des députés sur la faillite de la Banque des Coopératives (BCF 1934) et déposa plusieurs propositions de loi en faveur des créanciers déposants de cette institution. Vice-président de la Commission parlementaire de l’Enseignement, ses préoccupations furent constantes à la tribune en faveur des fonctionnaires de l’enseignement primaire. Sénateur de l’Yonne de 1936 jusqu’en 1940, il fut un des principaux animateurs du Groupe parlementaire de la Coopération qu’il présida de 1938 à 1940 et devant lequel il présenta plusieurs rapports dont le moins important ne fut pas celui tendant à l’organisation d’un enseignement de la Coopération.

Membre de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, il présida sa section tonnerroise. Sa qualité de franc-maçon lui valut d’être révoqué de ses fonctions de maire par le régime de Vichy mais ses électeurs lui rendirent son écharpe en 1945.

Fervent coopérateur d’idées et d’action, Georges Boully, adhérent à la coopérative de consommation « La Tonnerroise » en fut le président de 1922 à 1924. Il s’efforça, mais sans succès, de créer une Fédération départementale des boulangeries coopératives, nombreuses dans l’Yonne. Il vécut aussi de très près l’activité agricole du Gâtinais et fut syndic-adjoint de la Corporation agricole à Saint-Valérien en 1943 et membre du Comité national coopératif jusqu’en 1947. Durant les années de l’Occupation nazie avec ses amis Gaumont* et Fauquet* il prodigua son soutien à l’action de président responsable du Mouvement coopératif menée par Gaston Prache. C’est avec chaleur qu’il plaida la cause du président de la SGCC devant le congrès national des 28 et 29 juillet 1945 à Paris, présentant une motion signée par vingt-cinq militants coopérateurs responsables. Cette motion recueillit près de huit cent mille voix (49,63 % des suffrages exprimés), en provenance de toutes les Fédérations régionales sauf deux, mais des « manœuvres de dernière minute » dans le scrutin la présentèrent en position minoritaire. Boully revint en vain sur la question au congrès national de 1946 à Evian.

Fin 1945, il participa avec Bernard Lavergne, Georges Fauquet et Gaston Prache à la rédaction du Manifeste coopératif auquel Jean Gaumont apporta son adhésion immédiate. En peu de temps ce Manifeste recueillit de nombreuses signatures des milieux coopératifs, économiques, politiques, universitaires, parmi lesquelles celles de Mme Albert Thomas, de Paul Claudel, de Georges Bourgin, de René Capitant, d’Émile James, de Georges Lasserre, de Georges Lutfalla, de Jules Prudhommeaux, de François Perroux, de Paul Angoulvent, celles de militants coopérateurs responsables des organismes de producteurs et de consommateurs, suivie de beaucoup d’autres dans les semaines ultérieures. Ces adhésions s’accompagnaient de l’adhésion à l’Association des Amis de la Coopération dont le Dr Fauquet fut président, S. Blanchet, vice-président et Prache, secrétaire. Cette Association ne vécut que deux ans (décembre 1947).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17508, notice BOULLY Georges par Jean Gaumont, Gaston Prache, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2008.

Par Jean Gaumont, Gaston Prache

[Sénat]

SOURCES : Arch. Nat. F7/13029, 16 avril 1934. — Fonds d’archives J. Gaumont-G. Prache. Correspondance et notes de G. Prache. — Abattre un homme (G. Prache, juillet 1945). — Le Travailleur, 26 avril 1922, 29 mars et 14 mai 1924.

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