OLIVO Gino

Par Daniel Grason

Né le 26 juillet 1915 à Ossopo province d’Udine, région Frioul-Vénétie julienne (Italie), mort en avril 1945 à Neudstadt (Allemagne) ; peintre en bâtiment : membre du Fascio de Paris ; volontaire en Ethiopie ; volontaire en Espagne républicaine ; interné ; déporté.

Fils de Dominique et de Maria, née Pritani, Gino Olivo vint en France en 1921, il travailla comme peintre en bâtiment. Membre du Fascio italien de Paris, il s’engagea en 1935 dans l’armée italienne qui attaqua l’Éthiopie le 3 octobre 1935. Les 400 000 hommes de l’armée italienne stationnés en Somalie, en Érythrée et venant d’Italie déferlèrent sur ce pays. Le 2 mai 1936, le maréchal Badoglio, chef des armées italiennes entrait dans la capitale Addis-Abeba. Le 30 juin 1936, l’empereur Hailé-Selassié plaida en vain la cause de son pays à Genève devant la Société des Nations (SDN).
De retour en France, Gino Olivo se porta volontaire en mai 1938 pour combattre dans les Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole. Au cours des combats, il fut gravement blessé, amputé du bras gauche. Il revint en France lors de la retraite de Catalogne au début de l’année 1939, il fut interné au camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), puis de Gurs (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). Libéré, il regagna la Région parisienne, habita chez ses parents à Ermont (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). En difficulté du fait de son handicap, le service d’Évacuation des réfugiés espagnols l’aida.
En 1941 il fit la connaissance de Denise Jarrety le couple demeurait dans un hôtel meublé au 18 rue de Beauce à Paris (IIIe arr.). Le 8 octobre 1941 la police procéda à un contrôle d’identité, Gino Olivo fut arrêté pour défaut de titre de séjour. Remis aux autorités allemandes, il était libéré 48 heures plus tard après l’intervention d’un capitaine de la Wehrmacht. Le 27 octobre il était de nouveau interpellé pour trafic de titres de ravitaillement et de cartes de textiles. Inculpé, envoyé au dépôt puis à la prison de la Santé, condamné le 12 février 1942 à deux mois de prison par la XIe Chambre Correctionnelle, il fut libéré le 13 février 1942.
Le 14 février, Gino Olivo se présentait à la Préfecture de Police, il sollicita la prolongation de son titre de séjour. Des policiers l’appréhendèrent, en raison de ses antécédents judiciaires et de son volontariat dans les rangs des Brigades internationales. Interné au centre des Tourelles à Paris (XXe arr.), conformément à une directive de Karl Boemelburg commandant SS-Sturmbannführer, chef de la police de sécurité et du renseignement de la SS, concernant les anciens miliciens en Espagne républicaines. Il fut ensuite transféré au camp de Rouillé (Vienne), puis à Voves (Eure-et-Loir). Le Consul d’Italie intervint à plusieurs reprises auprès du Ministre, Secrétaire d’État à l’Intérieur demandant sa libération. Ce dernier l’informa que Gino Olivo « membre du Fascio de Paris, ancien volontaire en Éthiopie, avait été considéré à tort comme un milicien des Brigades internationales et qu’il avait au contraire combattu en Espagne, dans les troupes du général Franco ».
Les services de la police française présentèrent Gino Olivo comme un « parfait opportuniste » qui avait abusé le Fascio de Paris, son internement à Argelès-sur-Mer et à Gurs prouvait qu’il avait combattu avec les Brigades internationales. Transféré à Compiègne, le 21 mai 1944 il était dans le convoi de 2004 hommes à destination de Neuengamme (Allemagne), les prisonniers arrivèrent le 24 mai au camp. Matricule 35231Gino Olivo mourut après l’évacuation du camp au cours du mois d’avril 1945 à Neudstadt. Près de la moitié des déportés de ce convoi moururent.
Son amie Denise, mère d’un fils Daniel, Mario, François né le 8 mars 1942, a été reconnu par Gino Olivo le 17 mars 1942. Son épouse déposa en mai 1957 une demande de carte de « déporté politique » pour son défunt mari auprès du ministère des anciens combattants et victimes de guerre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article173658, notice OLIVO Gino par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 juin 2015, dernière modification le 26 novembre 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 0633 (document transmis par Gilles Morin). – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Acte de naissance de Daniel Olivo, Paris IVe arrondissement. – JO n° 031 du 6 février 2011. – Site internet Hérodote. – Nos remerciements à Daniel et Yvette Olivo pour leurs informations.

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