HAUBRY Henri [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Mineur d’origine belge ; vivant maritalement ; correspondant des feuilles libertaires éditées par L. Goaziou et militant anarchiste actif en Pennsylvanie (et dans plusieurs États voisins) durant les années 1890 ; partisan de l’action violente.

Originaire de Wallonie, anarchiste convaincu, Henri Haubry travaillait en 1887 à Houtzdale (Pennsylvanie). Membre ou sympathisant du groupe anarchiste « Ni Dieu ni maître », il versa son écot à la souscription organisée par Louis Goaziou au profit du journal parisien Le Révolté. Lecteur en 1890 du Réveil des mineurs, il se mit en rapport avec la rédaction, commandant par son intermédiaire divers ouvrages libertaires. Il habitait alors à Lilly (Pennsylvanie). Il écrivit en janvier suivant à ce journal pour décrire les difficiles conditions faites aux mineurs et raconter comment il avait découvert qu’il avait été lui-même spolié par les compagnies de Rocky Hollow, près de Johnstown (Pennsylvanie). Lecteur fidèle et généreux, correspondant occasionnel de son journal, il fit la connaissance de Louis Goaziou en assistant avec 10 autres personnes à la réunion tenue par ce dernier le 2 mars 1892 à Bellevernon (Pennsylvanie) où il avait déménagé.

En février 1893, Henri Haubry résidait à Spring Valley (Illinois). Malade durant cinq mois, il reçut de ses camarades la somme de 3 dollars, qui représentait le bénéfice partiel d’une soirée organisée par les anarchistes locaux le 21 janvier. En septembre, il était de retour à Monongahela (Pennsylvanie) et versa son écot à la souscription permanente du Réveil des mineurs.

En novembre 1894, Henri Haubry travaillait à Cincinnati (Ohio), lorsqu’il s’abonna à L’Ami des ouvriers en ajoutant quelques cents pour la souscription. En décembre il était (de passage ?) à Mystic (Iowa), où il collecta 75¢ pour ce même journal. En juin 1895, à l’occasion d’un débat entre lecteurs, il répondit à Désiré Gaspard (qui avait prôné l’action pacifique) en appelant à l’action violente. Au cours de mois suivants on trouve encore trace de sa présence à Weir City (Kansas) en septembre, puis à Seatonville (Illinois) en janvier 1896, où il participa activement à une collecte au bénéfice de la presse révolutionnaire après une chanson par sa compagne Marie Haubry (voir ce nom). Il demeura un fidèle soutien de L’Ami des ouvriers jusqu’à sa cessation de parution en mai 1896.

En septembre 1898 Henri Haubry résidait à Marseilles (Illinois) avec sa compagne. Tous deux versèrent leur obole à la souscription destinée à aider La Tribune libre. L’année suivante, il participa à la souscription des camarades de Spring Valley au profit du militant anarchiste Victor Fouquet.

En 1903, Henri Haubry était installé à Westville (Illinois). Le bruit courut par erreur qu’il était mort. Il n’était en fait que malade.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article163201, notice HAUBRY Henri [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 27 août 2014, dernière modification le 27 août 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Le Révolté, 26 mars 1887 ; Le Réveil des mineurs, 19 novembre 1890, 31 janvier, 14 février, 31 mars 1891, 16 avril, 28 mai 1892, février, septembre 1893 entre autres ; L’Ami des ouvriers, novembre, décembre 1894, janvier, juin, septembre 1895, 30 janvier, 15 mai 1896 ; La Tribune libre, 8 septembre 1898, 18 mai 1899 ; L’Union des travailleurs, 6 août 1903.

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