BELLONI Lucien, Fernand

Par Paul Boulland

Né le 22 juin 1924 aux Lilas (Seine), mort le 3 février 2000 à Paris (XVIIIe arr.) ; métallurgiste ; militant communiste ; maire adjoint de Saint-Ouen (Seine puis Seine-Saint-Denis) ; secrétaire fédéral de Seine-Ouest.

Au travers de ses parents, Lucien Belloni fut précocement en contact avec les idées communistes. Son père, Henri Belloni, électricien à la Compagnie du métro parisien, était en effet militant du Parti communiste depuis le début des années trente et animateur du syndicat CGTU du métro, tandis que sa mère, Marie-Louise née Molinier, employée de bureau puis gardienne d’immeuble, était sympathisante du PC et militante de l’Union des femmes contre la guerre et le fascisme. Dès 1934, Lucien Belloni participa ainsi aux activités de l’organisation des Pionniers. Titulaire du certificat d’études primaires et d’un CAP d’ajusteur, il entra en usine en juin 1939. À la fin de l’année 1943, son père, qui avait maintenu la liaison avec l’organisation clandestine du Parti communiste, le mit en contact avec le secrétaire politique inter-régional d’Ile-de-France, Robert Deloche*. À dix-huit ans, Lucien Belloni entra dans l’illégalité sous le nom de Patisse et donna son adhésion au Parti communiste clandestin, au sein duquel il fut chargé du recrutement des réfractaires au STO. Peu avant la Libération de Paris, il passa aux Jeunesses communistes, où il fut rattaché au triangle régional, en tant que secrétaire à l’organisation de la région Paris XII. À la Libération, il se rendit au Pré-Saint-Gervais pour organiser parmi les jeunes un groupe de combat FTP-FFI. Il resta plusieurs mois à la direction régionale des JC, jusqu’à octobre-novembre 1945, date à laquelle il reprit le travail dans l’entreprise qu’il avait quittée en 1943.
En août 1946, Lucien Belloni entra à la RATP ; quelques mois plus tard, il acquit le grade d’ouvrier qualifié d’état, en tant que tourneur. Au sein des ateliers du métro de Saint-Ouen, il milita à la CGT et fut notamment élu secrétaire syndical de la section, de 1947 à 1955, ainsi que membre de la commission administrative du syndicat général RATP et élu CGT au comité professionnel n° 3.
Remarqué pour son activité syndicale, et notamment pour son rôle dans la grève des ouvriers RATP de 1950, Lucien Belloni se vit alors confier des responsabilités au sein de l’organisation communiste. En 1951, il fut promu secrétaire de la section de Saint-Ouen et élu au comité fédéral de la Seine. En 1953, Raymond Guyot*, alors secrétaire fédéral de la Seine, fit appel à lui pour figurer sur la liste du PCF pour les élections municipales à Saint-Ouen, et pour intégrer le bureau de la nouvelle fédération Seine-Ouest, issue de la décentralisation de la fédération de la Seine. Après avoir suivi une école centrale de quatre mois, il prit donc ses fonctions au bureau fédéral de Seine-Ouest. En 1955, il quitta la RATP et devint permanent de sa fédération. À ce titre il fut secrétaire fédéral à l’organisation, de 1956 à 1959. Au début des années 1960, il fut chargé par le comité central de suivre la fédération de Haute-Saône, tout en restant membre du bureau fédéral de Seine-Ouest jusqu’en 1964. À cette date, il abandonna ses responsabilités au sein du Parti communiste pour se consacrer à la présidence de la Fédération nationale des Offices municipaux des sports qu’il avait contribuée à créer en mai 1958.
En 1953, il fut élu sur la liste communiste aux élections municipales de Saint-Ouen. Il devint maire adjoint de Saint-Ouen, en charge de la jeunesse et des sports, fonction qu’il occupa jusqu’en 1983 ; il fut ensuite conseiller municipal de 1983 à 1995. En 1977, il fut également conseiller régional d’Ile-de-France, fonction qu’il occupa jusqu’en 1983.
Lucien Belloni était marié à Mireille Belloni, née Decoudert, qui fut active dans des organisations de jeunesse catholique, puis militante de l’Union des femmes françaises et de la CGT à la Libération, avant d’adhérer au PCF en 1953. Ils eurent quatre enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16173, notice BELLONI Lucien, Fernand par Paul Boulland, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 27 octobre 2010.

Par Paul Boulland

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Questionnaire rempli par Lucien Belloni en juillet 1999 et entretien avec Paul Boulland en décembre 1999. — État civil.

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