BÉCART Étienne, Clovis

Par Gaston Prache, Jacques Girault

Né le 6 juin 1902 à Saint-Floris (Pas-de-Calais), mort le 21 août 1988 à Avesnelles (Nord) ; professeur, puis inspecteur général de l’Éducation nationale ; socialiste du Nord, syndicaliste, coopérateur ; chef de cabinet de Léo Lagrange.

29 mars 1957, supplément au n°91 du Bulletin mensuel de l’Union française des colonies de vacances (UFCV). Étienne Bécart est le plus à gauche

Fils d’un employé, Étienne Bécart poursuivit ses études secondaires (collèges d’Armentières et de Boulogne-sur-mer) et supérieures à la Faculté des Sciences de Lille (licence de mathématiques en 1924), tout en exerçant les fonctions de maître d’internat à Douai en 1921 puis de répétiteur à Tourcoing. Il effectua son service militaire (1925-1926) dans une compagnie de météorologie à Saint-Cyr. Délégué pour l’enseignement des mathématiques au collège du Cateau, il fut nommé au collège d’Avesnes-sur-Helpe (Nord) en octobre 1927.

Il se maria à Mons-en-Baroeul (Nord) le 6 août 1927 avec Viviane, Hélène, Germaine Wybaillie, institutrice à l’école maternelle d’Avesnelles et vint habiter cette commune.

Syndicaliste depuis 1922, adhérent du Parti socialiste la même année, il eut pour parrains Jean Guéhenno et Louis L’Hévéder et fut pendant plusieurs années secrétaire de la section du Parti SFIO d’Avesnes (environ deux cents adhérents).

Propagandiste actif, Étienne Bécart rejoignit, en 1934, le groupe socialiste de « Révolution constructive », créé en 1932 par Georges Lefranc, par sa femme et par Maurice Deixonne. Il redoubla bientôt ses activités socialistes avec la candidature du jeune avocat socialiste Léo Lagrange au siège de député d’Avesnes. Le 8 mai 1932, le jour même du succès de Lagrange, Bécart devint son collaborateur assidu, chef de son secrétariat de 1936 à 1938 lorsque le député socialiste fut nommé sous-secrétaire d’État à l’organisation des loisirs et des sports dans le gouvernement de Front populaire de Léon Blum. Grâce à des centaines de réunions et de meetings, à de nombreux articles, puissamment secondé par sa femme Viviane, Étienne Bécart fut vraiment le maître d’œuvre de toutes les réalisations dans le domaine des loisirs et des sports, qui virent alors le jour. En 1937, il avait été élu au conseil général du Nord dans le canton de Solre-le-Château.

Bécart, détaché à partir du 15 juin 1936, reprit ses fonctions de professeur de mathématiques au collège d’Avesnes, le 19 janvier 1938. Vint la guerre, mobilisé, fait prisonnier le 25 août 1939, Bécart, jusqu’au 15 avril 1941, resta "en congé de captivité". Il reprit alors son poste. Son chef d’établissement indiquait qu’il était "dévoué aux sports" et qu’il exerçait en plus les fonctions de maître d’éducation physique et sportive. En relations avec les socialistes qui reconstituaient le parti dans la région, résistant, arrêté le 17 juin 1944, il fut déporté à Buchenwald en août 1944. Il s’évada d’un convoi d’extermination en avril 1945 et rentra en France en mai 1945. Il avait été désigné président de la délégation municipale d’Avesnelles, le 29 octobre 1944.

Léo Lagrange était mortellement tombé sur le front de l’Aisne le 9 juin 1940. Andrée Viénot, sous-secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports dans le ministère Léon Blum, constitué en décembre 1945, appela Bécart à la direction de son cabinet. Il devint inspecteur-adjoint d’éducation physique et sportive dans le Nord à partir d’octobre 1945. Il fut notamment chargé à partir de 1946 de l’inspection des colonies de vacances. En août 1946, chargé de la direction des mouvements de Jeunesse et d’éducation populaire, inspecteur principal d’éducation physique et sportive, en janvier 1947, il devint directeur de la culture populaire et des mouvements de jeunesse. Deux ans plus tard, adjoint au directeur général de la jeunesse, il fut réintégré dans les cadres de l’inspection de la Jeunesse et des Sports comme inspecteur des colonies de vacances.

Bécart retrouva son siège de conseiller général à la Libération et ne fut pas réélu en 1949 à la suite du maintien au second tour du candidat communiste. Syndicalement, en 1947-1948, il soutint les Amis de Force ouvrière.

Le 17 juillet 1945, Bécart avait été nommé, au titre des prisonniers et déportés, membre de l’Assemblée consultative provisoire où il représentait le Parti socialiste. Il fut candidat aux élections pour les deux assemblées consultatives sur les listes socialistes SFIO (sixième position) en 1945 et 1946. Il fut par la suite candidat à diverses élections. Après le congrès d’Epinay, il contribua à implanter le nouveau Parti socialiste dans sa région. Dans les votes d’orientation, il soutenait les analyses défendues par François Mitterrand.

Étienne Bécart participa également au mouvement coopérateur : en 1929, il adhéra au comité national des loisirs que la FNCC avait créé sous l’impulsion d’Albert Thomas. Deux ans plus tard, il prenait place, un des tout premiers, dans les rangs coopératifs avesnois de l’UDC d’Escaut et Sambre. Dès lors, il y milita sans relâche, secondant l’action de ses camarades du Cambrésis, Edmond Bricout, Nestor Buiron, Gaston Prache, présidant la section locale d’Avesnelles dès 1934 et jusqu’en 1940, participant à de multiples créations de comités coopératifs locaux dans la région d’Avesnes, portant surtout ses efforts vers les jeunes, dans les domaines culturel et sportif.

Signataire du manifeste coopératif de 1945, il fut un des premiers membres fondateurs de l’Association des amis de la coopération créée par Bernard Lavergne, Georges Fauquet, Georges Boully, Jean Gaumont et Prache.

Après son décès, son nom fut donné à une salle de l’Institut national des sports et de l’éducation physique à Marly-le-Roi (Yvelines).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article16058, notice BÉCART Étienne, Clovis par Gaston Prache, Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 21 janvier 2019.

Par Gaston Prache, Jacques Girault

29 mars 1957, supplément au n°91 du Bulletin mensuel de l’Union française des colonies de vacances (UFCV). Étienne Bécart est le plus à gauche

ŒUVRE : Rapports au secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports. — Organisation et fonctionnement des colonies de vacances (Sudel 1955). — Nombreux articles dans la presse socialiste et dans les publications du secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports.

SOURCES : Arch. Nat., F17/27172. — Arch. Dép. Nord, M 154/279. Fonds d’archives J. Gaumont-G. Prache. — Cambrésis, terre coopérative de G. Prache, PUF, 1963. — L’Office central de la coopération à l’école de 1928 à 1948 d’André Gourdon, OCCE, 1973. — Bulletin n° 3 de l’Association des amis de la coopération, 1949 (avec photographie). — Notes d’A. Caudron et de J. Girault. — Renseignements fournis à J. Girault par le fils de l’intéressé, la mairie de Saint-Floris et par Monsieur J. Philippart, président de l’Office de tourisme d’Avesnes-sur-Helpe. — Daniel Mayer, Les Socialistes dans la Résistance, op. cit.DMEP, op. cit., notice par Geneviève Poujol. — Biographie reprise dans Les coopérateurs. Deux siècles de pratiques coopératives, collection Jean Maitron, Éditions de l’Atelier, 2005, pp. 226-227 (Michel Dreyfus, Patricia Toucas).

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