PHILIPPE François

Par Alain Prigent

Né le 19 juillet 1922 à Mael Pestivien (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 19 novembre 1999 à Lamballe (Côtes-d’Armor) ; instituteur, principal de collège ; résistant ; membre du bureau de la section départementale du SNI (1949-1953) ; militant du PCF.

Fils d’un facteur-receveur, François Philippe, élève-maître, fit partie de l’une des promotions de normaliens (promotion Aurore 1940-1943) qui firent leur scolarité au lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc.

N’ayant pas répondu au conseil de révision en mairie de Saint-Brieuc pour le STO, il fut arrêté le 1er septembre 1943 chez ses parents à La Harmoye. Incarcéré à l’annexe de la prison, François Philippe fut transféré à Paris en partance pour Erfurt (Allemagne) fin septembre. A la gare Saint-Lazare, il réussit à fausser compagnie aux deux gendarmes qui le surveillaient. Muni de faux papiers remis par Joseph Chevé, élève maître aussi, il se cacha un moment à Paris avant de revenir en Bretagne. Revenu chez ses parents, il décida de passer dans la clandestinité. Il se cacha le 26 septembre chez son oncle à Bulat-Pestivien. Il prit alors contact avec Louis Le Meur, Rolland, instituteur dans cette commune. Il eut des contacts avec les principaux responsables comme Louis Pichouron (Front National) et Jean Le Jeune (FTP et PC clandestin). Il participa à la réception des principaux parachutages comme à Maël-Pestivien. Menacé, sur les conseils de Le Meur, il rejoignit alors le maquis à Corlay. Devenu chef de groupe de la 2e section, il participa aux combats qui permirent la libération de la ville. Cette unité participa au siège de Paimpol puis à la reddition de la garnison allemande le 17 août. La première compagnie FTP de Corlay fut intégrée au bataillon Valmy qui participa aux combats, dès le 7 septembre 1944, pour tenter de libérer la poche de Lorient pendant l’hiver 1944-1945. François Philippe en était un des lieutenants avec Albert Le Noane, futur instituteur, sous les ordres du capitaine Arthur Hélier. Membre du Front Uni des Jeunesses Patriotiques, il était sous la responsabilité de Jacky, Jean Hudo, élève-maître de la même promotion.

En septembre 1945, il retourna en formation professionnelle à l’EN de Saint-Brieuc avec tous ses camarades qui eurent leur scolarité interrompue par l’occupation. Sorti major de cette promotion, il fut nommé à la rentrée 1946 à Corlay puis à Lamballe. Son engagement syndical qui commença à l’EN avec Maurice Le Tonturier, responsable des jeunes, pour l’obtention d’une indemnité spéciale pour les normaliens en formation, se poursuivit en juillet 1947 lorsqu’il fut candidat sur la liste « Majorité confédérale » au conseil syndical du SNI. Mais cette liste n’obtint qu’un siège, la majorité élit Sylvestre Guillou à la tête de la section. En 1949, François Philippe participa au changement de majorité syndicale sous la houlette de Jean Geffroy. Élu sur la liste cégétiste au conseil syndical en juin 1949 puis en juin 1951, il intégra le bureau de la section départementale du SNI en 1949 au poste de trésorier adjoint. Responsable de L’École libératrice, il fut élu trésorier général en charge de la caisse de solidarité en 1951. Dans une note des RG sur le SNI, en date du 14 décembre 1949, il était classé syndicaliste « communiste ». Après le départ de Jean Geffroy, il siégea avec Alice Merrien puis Georges Helloco, secrétaires de la section. En janvier 1954, il ne figurait pas sur la liste qui gagna les élections internes. Il fut remplacé au poste de trésorier par Eugène Chevé qui vécut aussi l’histoire des normaliens du lycée Le Braz. Il devint alors responsable cantonal de Corlay, échelon de base mais essentiel du syndicat. Très actif pendant le mouvement de mai-juin 1968, il fut à nouveau élu au conseil syndical au titre de la tendance « Unité et Action » (1971-1975) siégeant sous la responsabilité de Maurice Renault. Il siégeait alors à la commission administrative de la section de la FEN des Côtes-du-Nord au titre du SNI (1971-1973), section dirigée par Jean-Claude Corre.

Il se maria, le 6 septembre 1948, à La Poterie (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) avec une employée des PTT. Directeur de cours complémentaire à Corlay, Plouer sur Rance, directeur du CEG de Plouha, sous-directeur du CES de Beaufeuillage (Saint-Brieuc), directeur du collège de Broons, revenu à Saint-Brieuc (CES Beaufeuillage), il termina sa carrière à Plémet comme principal de collège avant de prendre sa retraite à Lamballe.
Militant du PCF, il fit partie du comité directeur de l’ANACR jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159979, notice PHILIPPE François par Alain Prigent, version mise en ligne le 18 juin 2014, dernière modification le 18 juin 2014.

Par Alain Prigent

SOURCES : Arch. dép. Côtes d’Armor 68J1 (Fonds Roger Huguen, liste des instituteurs engagés dans la Résistance établie par Marcel Le Guen), 12W47 (Notes des RG sur le SNI, 14 décembre 1949). —Arch. de la FSU 22 (bulletins des sections départementales du SNI et de la FEN). —Alain Prigent (sous la direction de), Des salles de classe aux luttes sociales : Mai-juin 1968 dans les Côtes-du-Nord, Publication FSU-22, 2009. —Ouvrage collectif, De la nuit à l’Aurore, des lycéens dans la guerre, Association Lycée A. Le Braz de Saint-Brieuc, 1995. —Eloge funèbre prononcée par Maurice Le Tonturier. —Notes de Jacques Girault. —Notes de Jean-François Philippe, fils de François Philippe.

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