MAJOT Émile [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Ouvrier verrier ; coopérateur et mutualiste ; militant socialiste, membre du SDP, puis du SLP, puis du PSA ; élu en 1903 à Hartford (Indiana) lors des élections municipales.

Militant socialiste installé à Hartford (Indiana), Émile Majot était souffleur de verre à vitre. Ses efforts pour organiser en 1898 une section du Social Democratic Party de Berger parmi les verriers francophones de Hartford furent réduits à néant en juillet par l’organisateur du Socialist Labor Party de leoniste B. F. Keinard, qui débaucha la plupart de ses sympathisants. Majot lui-même se rallia au SLP deux mois plus tard.

Il était également le secrétaire de la société de secours mutuels La Prévoyante de Hartford (fondée le 2 février 1895), et il s’efforçait de mettre en place des mutuelles de langue française à Alexandria et Orestes (Indiana). Bien qu’idéologiquement en désaccord avec Louis Goaziou (comme en témoigna leur vigoureuse polémique fin 1898 dans les colonnes de La Tribune libre), Majot plaça de nombreux abonnements à l’hebdomadaire francophone, lequel était par ailleurs en vente à son domicile.

En 1902, il résidait à Mathews (Indiana), où il exerçait la fonction de directeur de la coopérative La Ruche. Lors d’un meeting animé par Goaziou à Hartford, Émile Majot collecta 6 dollars 60 au profit de L’Union des travailleurs. Candidat présenté par le PSA à l’occasion des élections communales, il fut élu trustee pour le 3e district en mars 1903. Il s’activait à la même époque à mettre sur pied une section socialiste francophone, et il versa à titre personnel la somme de 3 dollars 50 à la souscription destinée à permettre l’agrandissement du format de L’Union des travailleurs en mars 1903.

Au cours des années suivantes Émile Majot semble s’être principalement investi dans le développement de la société de secours mutuels La Prévoyante (dont il avait été l’un des fondateurs). Ce fut d’ailleurs en tant qu’inspecteur général de cette dernière qu’il assista à la réunion de la Fédération des mutuelles de langue française qui se tint à Charleroi (Pennsylvanie) le 4 juillet 1913.

Lecteur assidu et généreux de L’Union des travailleurs, Émile Majot fit en août 1911 le déplacement jusqu’à Charleroi pour visiter l’imprimerie, et en 1913, il s’engagea à verser mensuellement la somme de 10¢ afin de permettre la constitution d’un fonds de réserve financier.

Le nom d’Émile Majot figura sur la liste des abonnés de l’hebdomadaire socialiste francophone jusqu’à sa cessation de parution en septembre 1916.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article159523, notice MAJOT Émile [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 5 juin 2014, dernière modification le 5 juin 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : La Tribune libre, 21 juillet, 28 juillet 4 août, 18 août, 22 septembre, 13 octbre, 3 novembre 1898. — L’Union des travailleurs, 20 février, 5 juin 1902, 19 mars 1903, 10 août 1911, 17 juillet, 14 août 1913, 19 novembre 1914 entre autres.

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