BONOMINI Ernesto [Dictionnaire des anarchistes]

Par Marianne Enckell

Né le 18 mars 1903 à Pozzolengo (Lombardie, Italie), mort le 6 juillet 1986 à Miami (USA) ; meunier, tapissier décorateur, libraire ; militant antifasciste et anarchiste, milicien en Espagne.

Poursuivi pour son antimilitarisme et pour avoir répandu des chansons subversives, Bonomini émigra à Paris où il entra en contact avec des anarchistes italiens. Le 20 février 1924, il tira sur le journaliste fasciste Nicola Buonservizi, un collaborateur de longue date de Mussolini et chef des fascistes à l’étranger, qui mourut un mois plus tard. Un comité de soutien s’activa en sa faveur (voir Cantarelli). Défendu par Me Torres, Bonomini fut condamné le 23 octobre à huit ans de détention et dix ans d’interdiction de séjour.

Libéré en février 1932 de la maison de force de Melun et réfugié en Belgique, il réussit toutefois à rentrer en France, où il travailla à la Librairie moderne de Lille avec Umberto Marzocchi* ; il fut chargé en 1933 de la correspondance en français du nouveau bureau du Comité anarchiste en faveur des victimes politiques d’Italie qui avait été nommé le 29 octobre lors d’une réunion dans une salle municipale à Puteaux. Les 11-12 novembre 1933 il participa au congrès des réfugiés anarchistes italiens tenu à Puteaux et où fut fondée la Federazione anarchica dei profughi italiani. Ses activités antifascistes lui valurent plusieurs arrestations. En octobre 1935, il participa à Paris au congrès de réunification des anarchistes italiens émigrés en Europe.

Il se réfugia ensuite à Genève puis rejoignit l’Espagne dès juillet 1936. Il y fut commissaire de frontière à Port-Bou, chargé par la FAI de filtrer l’entrée des volontaires étrangers qui ne pouvaient attester de leur engagement anarchiste, socialiste ou communiste. En octobre 1936, il publia dans Le Libertaire une page d’hommage à Emile Cottin*. Il collabora aussi à Guerra di Classe (Barcelone, octobre 1936 à octobre 1927 ; voir Camillo Berneri) et à Rébellion (Bruxelles, mai à août 1937).

Il quitta l’Espagne au début de 1938 et s’établit à Paris sous un faux nom, mais fut arrêté dans une réunion anarchiste en avril pour "infraction à arrêté d’expulsion" et interné à Fresnes puis à Rouen. A sa libération le 2 mars 1939, Bonomini qui avait été intégré au syndicat des correcteurs, était immédiatement arrêté et transféré à Paris puis au camp de travail de Rieucros (Lozère). Il parvint à s’évader à la fin d’avril 1939 et à rejoindre la Belgique. De là il partit pour le Canada pour enfin s’établir à New York, où il fut accueilli par le groupe anarchiste italien de L’Adunata dei Refrattari. Il travailla aussi comme décorateur à Hollywood et collabora à la presse libertaire sous le pseudonyme de Dick Perry.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155816, notice BONOMINI Ernesto [Dictionnaire des anarchistes] par Marianne Enckell, version mise en ligne le 28 mars 2014, dernière modification le 11 novembre 2017.

Par Marianne Enckell

SOURCES : Lettre (de Rieucros) à Luigi Bertoni, 25.3.1939, IISG Amsterdam – Dizionario biografico degli anarchici italiani, op. cit. – Miguel Filgueiras, « Genève : les anarchistes romands et la guerre d’Espagne, une histoire des influences anarcho-syndicalistes au sein de la classe ouvrière genevoise », Université de Genève, 2000 – André Colomer, Bonomini contre le fascisme, Paris, La Librairie sociale, s.d. – Notes de Rolf Dupuy.

ICONOGR. : Photo dans Le Libertaire 366, 19.12.1924.

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