ABBAD Ahmed [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Dirigeant du PPA en Oranie (Algérie) (1943-1949) ; responsable du travail à l’adresse de l’immigration de la Fédération de France du PCA (1950-1962) ; après l’indépendance, membre du PAGS.

Né dans une bourgade d’Oranie, installé artisan tailleur à Oran, Ahmed Abbad est responsable en 1943-1945 du secteur Oran-Aïn Temouchent du PPA (Parti du peuple algérien) qui regroupe quelque 200 militants. Membre de la direction fédérale d’Oranie, il participe en mai 1945 aux discussions sur l’ordre d’insurrection générale dans les jours et à la suite des manifestations du 8 mai, tragiquement réprimées à Sétif et dans l’Est. Selon son témoignage, cité par Mohammed Harbi*, « malgré ses réticences » la fédération messaliste d’Oran communique la directive aux militants, mais le mot d’ordre fut peu suivi. A. Abbad quitte le PPA en 1949 au moment de la condamnation et des sanctions contre des jeunes responsables du parti messaliste accusés de « berbérisme ».

Ahmed Abbad part en France aux débuts des années 1950 et participe aux activités du Parti communiste français à l’adresse des « travailleurs nord-africains », comme on dit encore à l’époque, et plus particulièrement des militants algériens pendant la guerre de libération ; il est un des responsables de la Fédération de France du Parti communiste algérien (PCA) ; à ce titre, il appartient à la direction du PCA qui, en 1956, tout en maintenant clandestinement le parti communiste, pousse cadres et militants à rejoindre le FLN à titre personnel comme il était stipulé dans les accords.

Après l’indépendance, Ahmed Abbad demeure un responsable du Parti communiste, qui n’est pas reconnu mais toléré, et soutient l’action de Ben Bella notamment pour sa politique des nationalisations. Dans l’opposition au coup d’État militaire du 19 juin 1965 qui amène le colonel Boumédienne au pouvoir, il fait partie dans la clandestinité en Oranie de l’Organisation de la Résistance Populaire (ORP) regroupant des communistes et l’extrême gauche marxiste.

Arrêté en fin d’année 1965, il est emprisonné à Lambèse, puis Annaba et Dréan avec Bachir Hadj-Ali*, Mohammed Harbi* et Hocine Zahouane* et ensuite assigné à résidence à Biskra ; il n’est libéré qu’en 1971. Il reprend alors place dans l’organisation communiste d’orthodoxie soviétique : le Parti d’Avant-garde Socialiste (PAGS) qui, sans être légalisé, colle au régime Boumédienne et célèbre le "développementalisme" étatique comme voie vers le socialisme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article149764, notice ABBAD Ahmed [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 26 octobre 2013, dernière modification le 6 janvier 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. d’Outre-mer, Aix-en-Provence, 9H51. — Benjamin Stora, Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens, L’Harmattan, Paris, 2003. — M. Harbi, Le FLN. Mirage et réalité, Éditions J.A., Paris, 1980. — Rapport sur mai 1945 rédigé par A. Abbad et communiqué par M. Harbi ; entretien avec M. Harbi.

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