LABADIÉ Alexandre

Né 12 avril 1814 à Lézignan (Aude), mort le 2 janvier 1892 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; participation à la Commune de Marseille.

Fils d’un modeste négociant de l’Aude. Son intelligence précoce décida son père à l’envoyer dans un lycée de Paris où la vocation pour l’enseignement se révéla au jeune lycéen. Ce choix déplut à ses parents. Son père avait en effet d’autres projets pour son fils. Il le retira de l’école à l’âge de 14 ans pour le placer dans une maison de commerce de Marseille. Surpris par l’attachement que mettait ce fils à exercer cette activité, le père décida d’ouvrir une boutique de vente de draps. La maison de commerce des Labadié se développa rapidement et devint en peu de temps une des plus connues du Midi et de l’Orient. Le jeune Labadié, bien qu’absorbé par sa profession, n’en demeurait pas moins passionné par la politique. Lors de la proclamation de la République en 1848, il rejoignit le camp des républicains et fit partie de la commission municipale qui fut créée à Marseille. À la suite du coup d’État de Napoléon III, le 2 décembre 1851, il fut l’un des plus farouches opposant à l’Empereur. Il devint membre de l’Union libérale formée pour les élections législatives de 1863 qui envoient Berryer et Marie à la Chambres des députés. En 1865, il fut élu au conseil municipal, et dirigea avec Henri Amat, la fraction républicaine. Il fut reconduit dans ses fonctions de conseiller municipal le 27 août 1870. Au lendemain du 4 septembre 1870, il devint membre de la Commission administrative du département. Le 6 septembre 1870, il était nommé préfet des Bouches-du-Rhône par Léon Gambetta, en remplacement de Levert. Pris entre Alphonse Esquiros, administrateur supérieur des Bouches-du-Rhône et la « Garde civique » qui occupait la préfecture, il n’avait guère de pouvoir. Labadié démissionna de ses fonctions de préfet le 24 septembre 1870 ; on le remplaça par Louis Delpech. Il reprit ses activités commerciales et fonda avec Henri Fouquier, l’ancien secrétaire général de la préfecture le journal La Vraie République.

En octobre 1871, il fut élu au Conseil général des Bouches-du-Rhône du 2e canton de Marseille. Il devint par la suite Président du Conseil général. C’est en cette qualité, qu’au cours du mois de novembre 1871, il plaida devant la Commission des grâces, la cause des trois condamnés à mort par le 1er conseil de guerre à la suite des événements insurrectionnels de la Commune de Marseille du 23 mars au 4 avril 1871. Gaston Crémieux en faisait partie. Malgré la pétition signée par de très nombreux hommes politiques locaux et magistrats, et remise directement par Labadié, au président de la commission des grâces, Gaston Crémieux fut exécuté le 30 novembre 1871. En 1876, élu député de l’arrondissement d’Aix en Provence, Labadié siégea à l’Assemblée. En 1881, il fut battu par Camille Pelletan. Ne s’avouant pas vaincu, pour autant, il fonda un parti républicain modéré qui porta son nom : les labadiéristes. Ce groupe contribua à la chute de la municipalité de Brochier, le 15 mai 1884, et à l’échec électoral de Rouvier aux élections de 1885. Il se présenta aux élections sénatoriales de 1885 mais il subit un véritable échec, il n’obtint que 27 voix. Dépité, il se retira définitivement de la vie politique. Ses obsèques, sept ans plus tard, passèrent inaperçues.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146224, notice LABADIÉ Alexandre, version mise en ligne le 28 avril 2013, dernière modification le 28 avril 2013.

SOURCE : Notes de Roger Vignaud.

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