L’HUILLIER Henriette, Charlotte [née MERLIN]

Par Daniel Grason

Née le 30 mars 1903 à Saint-Quentin (Aisne), morte le 24 mai 1943 à Auschwitz (Pologne) ; déportée.

Fille de Marie Casseleux, découpeuse, Henriette était reconnue par sa mère le 6 novembre 1903, elle fut légitimée par le mariage de sa mère avec Paul Merlin, charretier. Henriette Merlin épousa Alphonse L’Huillier le 13 octobre 1923 à la mairie du XXe arr., le couple eut un fils Roger qui naquit le 28 octobre 1924 à Paris Xe arr. La famille vivait 43 Rue des Maronites à Paris XXe (arr.). Sa sœur Charlotte était mariée avec Henri Douillot, conseiller municipal communiste de Bondy (Seine, Seine-Saint-Denis).
Depuis son évasion de la citadelle de Sisteron (Alpes-Maritimes) où il était interné Henri Douillot était activement recherché par la police. Membre des FTP, Henri Douillot s’occupait des stocks de produits chimiques qui servaient à la fabrication d’explosifs. Repéré par la police, il fut filé alors qu’il venait dîner en mai 1942, le jeudi de l’Ascension avec sa femme Charlotte au domicile d’Henriette et d’Alphonse L’Huillier.
Le samedi 16 mai 1942, Henriette, Alphonse et Roger étaient arrêtés par quatre inspecteurs de la BS2, la perquisition de leur domicile fut infructueuse. Emmenés dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, ils retrouvèrent le couple Douillot également interpellé.
Henriette L’Huillier interrogé par les policiers des Brigades spéciales, fut ensuite incarcérée au Dépôt, puis au Fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis). Son mari Alphonse était fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont Valérien à Suresnes.
Henriette L’Huillier était déportée avec sa sœur Charlotte Douillot le 21 janvier 1943 de Compiègne à destination d’Auschwitz-Birkenau (Pologne), deux cent trente femmes étaient dans ce convoi. Matricule 31688, elle mourut du typhus le 1er juin 1943 à l’âge de quarante ans.
Après la Libération, Roger L’Huillier témoigna le 15 mars 1945 devant la commission d’épuration de la police, lui et sa mère ne subirent pas de sévices. Il porta plainte contre les inspecteurs qui arrêtèrent ses parents.
Henriette L’Huillier a été homologuée au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déportée internée résistante (DIR).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145815, notice L'HUILLIER Henriette, Charlotte [née MERLIN] par Daniel Grason, version mise en ligne le 27 mars 2013, dernière modification le 18 septembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 379, KB 96. – Bureau Résistance GR 16 P 412796. – Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Éd. de Minuit, 1995. — Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Éd. Tirésias, 2004. — JO n° 100 du 27 avril 2008. — Site Internet GenWeb. – État civil, Saint-Quentin.

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