CHAR René, Alexandre

Né le 14 juin 1907 à L’Isle-sur-Sorgue (Vaucluse), mort le 19 février 1988 à Paris ; poète ; surréaliste ; résistant.

René Char naquit bourgeoise appauvrie par la mort du père, Joseph Émile Magne Char en en janvier 1918. Il était administrateur-délégué des plâtrières de Vaucluse et maire de L’Isle-sur-la-Sorgue depuis 1905. René Char fut élevé aux « Névons », grande maison familiale. Et fit ses études au lycée Mistral d’Avignon puis à l’école de commerce de Marseille. Passionné de littérature et de poésie, mais aussi de rugby (il avait lui-même la carrure avec ses 1,92 m), il commença à écrire en 1922, visite la Turquie, travailla à Cavaillon dans l’Expédition, puis fit son service militaire dans l’artillerie à Nîmes.

Il publia pour la première fois en 1928, mais il renia son recueil Cloches sur le cœur et ne prit en compte que ses œuvres à partir de 1929, année de la visite de Paul Éluard à L’Isle-sur-Sorgue. Il décida alors de venir à Paris pour adhérer au groupe surréaliste et rencontre Louis Aragon, André Breton et René Crevel. Il fit parti, le 14 février 1930, du groupe de surréalistes qui participa à une bagarre au bar « Maldoror » et fut blessé d’un coup de couteau à l’aine. Il était alors anticlérical, anticolonialiste, antimilitariste et antifasciste. Un voyage en Allemagne, en 1933, avait exacerbé sa haine du nazisme. Il fut de toutes les publications (Ralentir travaux, Le Surréalisme au service de la Révolution) et manifestes surréalistes : tract sur le film l’Âge d’Or, appel contre l’exposition coloniale.. . Il séjourna en Catalogne pendant l’été 1931 et fit étape chez Dali et Gala à Cadaquès. L’année suivante, en octobre, il épouse Georgette Golstein.

L’historien Jean-Marie Guillon, qui le situe dans la lignée du républicanisme, évoque « sa belle attitude de soldat au cours de la débâcle de juin 1940 ». Démobilisé, il revint dans sa ville natale avec sa femme et la famille de juive parisienne de celle-ci. La police le considérait alors comme « communiste ». Il se rendit ensuite à Céreste (Basses-Alpes) puis à Marseille où il fut en contact avec Varian Fry et les surréalistes. Refusant de publier pendant la période 1940-1945, il entra très tôt dans la Résistance avec l’Armée secrète à Aix-en-Provence. Sous le nom de Capitaine Alexandre, il fut chef départemental de la Section des atterrissages et des parachutages en septembre 1943. Jean-Marie Guillon affirme qu’il se révéla « meneur d’hommes, bon organisateur, réticent devant les actions intempestives […] et courageux face aux occupants qui investirent Céreste à plusieurs reprises ». Il fut appelé à Alger le 15 juillet et démobilisé en septembre 1945.

Membre du Comité national des écrivains, il se lia à Albert Camus qui publia son récit de la Résistance sous le titreLes Feuillets d’Hypnos (collection Espoir Gallimard).

Il se tint à distance de l’engagement politique, se consacrant à l’art. Il fut à l’origine du Festival d’Avignon avec Jean Vilar. Cependant, René Char participa, en 1966, aux manifestations contre l’installation des missiles à tête nucléaire sur le plateau d’Albion.

Poète reconnu de son vivant, ses Œuvres complètes prirent place dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1983.

Remarié en octobre 1987 avec Marie-Claude de Saint-Seine, éditrice, il mourut le 19 février 1988 d’une crise cardiaque.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article145192, notice CHAR René, Alexandre, version mise en ligne le 23 février 2013, dernière modification le 1er décembre 2017.

SOURCES : Jean-Marie Guillon, « Char, René, Alexandre », Dictionnaire historique de la Résistance (sous la direction de François Marcot), Bouquins, Robert Laffont, 2006, p. 388. — Jean Garcin, De l’armistice à la libération dans les Alpes de Haute-Provence, 17 juin 1940 - 20 août 1944 : chronique : Essai sur l’histoire de la Résistance avec un prologue 1935-1940 et un épilogue 1944-1945, Jean Garcin, 1990. — Wikipédia.

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