LHONOREY Lucien, Eugène

Par Louis Botella, Gilles Morin, Antoine Ransonnet

Né le 6 janvier 1909 au Havre (Seine-Inférieure), mort le 13 mai 1996 au Havre ; ouvrier métallurgiste ; militant socialiste et syndicaliste de la Seine-Maritime ; membre de la commission exécutive fédérale et du bureau fédéral de la SFIO puis du PS ; membre du comité directeur de la SFIO (1955-1956) ; adjoint au maire du Havre.

Fils de Désiré, Eugène Lhonorey, débitant âgé de 28 ans et de Lucie, Margueritte Forest, son épouse, sans profession, âgée de 20 ans, Lucien Lhonorey, ouvrier ajusteur dans la métallurgie, épousa le 12 janvier 1935, Hélène-Françoise Allain. IL fut fait prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale.
Syndicaliste à la CGT puis à Force ouvrière (FO) en Seine-Inférieure [Seine-Maritime], Lhonorey, appartenait à la branche du Bâtiment. Secrétaire de comité d’entreprise, dans une entreprise de constructions navales, pendant trois ans, de 1944 à 1947, il perdit cette fonction, écarté par les communistes. Il fut élu, ou réélu, en décembre 1949, secrétaire général adjoint de l’Union départementale FO de Seine-Inférieure, et reconduit dans cette fonction en décembre 1950. Il assuma, de 1949, au moins, à 1956, au moins, la fonction de secrétaire général de l’Union locale du Havre. On le retrouve secrétaire de la section syndicale CGT-FO des Forges et chantiers de la Méditerranée du Havre en 1966. Il était par ailleurs administrateur de la caisse d’allocation familiale de 1947 à 1954 au moins.

Lhonorey, militant ouvrier « véritable », entra à la SFIO en 1947, alors que celle-ci avait vu une partie de sa base ouvrière la quitter dans les difficiles combats de la Guerre froide. Prenant souvent la parole lors des congrès fédéraux et régulièrement désigné délégué de la Fédération lors des congrès nationaux, son attention se concentrait sur les questions sociales. Ainsi, lors du congrès national de 1954, il intervint notamment pour critiquer les zones de salaires et le cumul d’une retraite et d’un salaire. Il reprochait à certaines sections « de fermer les portes aux camarades ouvriers ». Au même congrès, il siégea à la commission de réintégration alors qu’il était favorable à l’amnistie des députés socialistes ayant voté contre la CED et opposé aux accords de Londres. Après avoir échoué à entrer au comité directeur socialiste en 1952, il intégra la direction nationale de la SFIO en 1955, au côté du secrétaire fédéral par ailleurs secrétaire général adjoint du parti, Georges Brutelle. Avant-dernier élu, avant Marceau Pivert, seul ouvrier en fonction dans cette instance, il entra par ailleurs à la commission nationale ouvrière du parti. Après le succès de la gauche aux élections législatives de 1956, il affirma son opposition aux mouvements de grève naissants considérant qu’ils étaient lancés par la CGT pour former un nouveau Front populaire. Au congrès national de juin 1956, il protesta contre le changement de statut qui portait le nombre de membre de la direction de 31 à 45, en augmentant la part des parlementaires. Il se représenta en vain à la direction de la SFIO en 1956, 1957, 1958 et 1959. En juin 1957, un an après avoir exprimé ses doutes sur la capacité de la France à maintenir sa présence en Afrique du Nord, il félicita, lors du Congrès fédéral, le gouvernement pour ses réformes sociales et dit son souhait que « pour les accélérer encore, l’on ne se déchire pas à Toulouse sur les trois motions [liées à la question algérienne] ». Lors du congrès national, il appela donc à voter le rapport moral de la direction sortante, en détaillant les avancées sociales accordées aux ouvriers par le gouvernement Mollet. Dans une deuxième intervention, il demandait que l’appartenance à la CGT (qu’il appelait toujours CGTU) soit interdite aux militants du parti. En juin 1959 encore, il défendit Guy Mollet devant le congrès fédéral.

Élu conseiller municipal SFIO du Havre en 1947, adjoint au maire socialiste Robert Monguillon de 1959 à 1965, Lhonorey fut candidat aux élections cantonales de 1955 dans le 4e canton de la ville, puis en 1964 dans le 3e canton. Il fut également candidat aux élections législatives de 1962, 1967 (10,8 %) et 1968 (7,3 %) dans la septième circonscription de Seine-Maritime dominée par le Parti communiste.

Lucien Lhonorey resta au Parti socialiste fondé par Alain Savary. Il était Secrétaire de la section du Havre en 1970 et membre du Bureau fédéral. Il se prononça pour la motion du Nord qui demandait une accélération des discussions avec le PCF. Il fut ensuite membre de la tendance “Bataille socialiste”, rassemblé autour des anciens proches de Guy Mollet dans les premières années du Parti socialiste de Mitterrand en 1971. En 1975, il fut à nouveau élu à la commission exécutive fédérale de Seine-Maritime. En 1975, il fut à nouveau élu à la commission exécutive fédérale de Seine-Maritime.

Marié le 12 janvier 1935, il était père de trois enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139612, notice LHONOREY Lucien, Eugène par Louis Botella, Gilles Morin, Antoine Ransonnet, version mise en ligne le 9 février 2012, dernière modification le 19 février 2012.

Par Louis Botella, Gilles Morin, Antoine Ransonnet

SOURCES : Arch. Nat. F/1cII/315 ; 19860021/3. — Arch. de l’OURS, fonds C. Fuzier, fichier “Bataille socialiste”. — Arch. FJJ, dossiers fédération Seine-Maritime (1968-1978). —Arch. Dép. de la Seine-Maritime, fonds La République de Normandie (JPL 81/1 à 81/12). — Comptes rendus des congrès confédéraux FO de 1948, 1952 et 1956. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 29 décembre 1949, 4 janvier 1951. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Bulletin Intérieur de la SFIO, n° 108. — Jean-Pierre Perche et Alain Émile in 50 ans de syndicalisme libre, Fédération générale FO du Bâtiment, du bois, du papier-carton, de la céramique et des matériaux de construction, 1998. — Etat civil.

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