YOURAVLOV Boris

Par Daniel Grason

Né le 12 juin 1898 à Batalpashinsk (Cherkessk) dans le Caucase (Russie) ; instituteur, ouvrier métallurgiste ; communiste ; membre de l’Union pour le rapatriement ; volontaire en Espagne républicaine.

Ilarion le père de Boris Youravlov était mort, sa mère vivait avec l’un de ses frères Mtislav, agronome, membre du Komsomol (jeunesses communistes). Son autre frère Yuri, mécanicien était opposé au régime soviétique. Il alla à l’école professionnelle, suivit des cours d’électrotechnique à Odessa de 1913 à 1916. En février 1917 il combattit au front avec la 37e Brigade d’artillerie. Il était proche des idées des Socialistes révolutionnaires, en décembre 1917, nommé lieutenant, il eut une permission. Lors de la prise du pouvoir par les bolcheviks, il pensait qu’ils étaient proches des Allemands, il s’engagea dans une armée blanche.

En 1919, lassé par la guerre Boris Youravlov fut partie prenante d’un groupe qui voulait quitter l’armée. La hiérarchie militaire eut vent de l’affaire, il fut considéré comme suspect. Atteint par le typhus, il s’enfuira lorsqu’il fut rétabli à Gallipoli en Turquie. En 1921, il se réfugia à Sofia (Bulgarie). Des hommes le recrutèrent dans l’association de l’Union pour le rapatriement en Russie, il travaillait sur des chantiers, adhéra au syndicat du bâtiment. En 1923, les autorités bulgare l’arrêtèrent, l’internèrent à Varna dans un camp où étaient si cents détenus. Les communistes bulgares s’adressèrent à eux, les incitèrent à se révolter… sans résultat. Le gouvernement bulgare décida de renvoyer les russes par la voie maritime jusqu’à Novorossiisk. Il quitta l’Union soviétique en 1925 et se réfugia de nouveau en Bulgarie d’où il fut expulsé vers la Turquie. Là il fut incarcéré quatre mois, puis expulsé.

En juillet 1925, il arriva à Lyon (Rhône), prit contact avec l’Union pour le rapatriement, dirigée par Alexandre Tveritinoff*, travailla dans la métallurgie, se syndiqua à la CGTU, adhéra au parti communiste. Exclut en 1928 de l’organisation pour son intempérance, la décision ne fut pas ratifiée par l’échelon supérieur. Il travailla aux usines Émile Guimet à Charlieu-sur-Saône, mais fut arrêté par la police et expulsé en Belgique. Il adhéra au parti communiste de Belgique, membre du groupe de langue russe, il en devint le secrétaire. Il participa au Ve congrès du parti, fut interpellé en novembre 1932 pour son activité politique, expulsé en mai 1934 en Sarre, de là, il rejoignit Paris.

Il reprit de l’activité au sein du parti communiste et de son groupe de langue russe, fit à plusieurs reprises des démarches auprès de l’ambassade soviétique pour être rapatrié, en vain. Il partit combattre en Espagne à une date indéterminée, fut incorporé dans les Brigades internationales au 18e Corps d’artillerie où il participa aux combats. La vie en Espagne de Boris Youravlov était considérée « comme positive pour notre cause » par Eduardo D’Onofrio dit Edo chargé d’évaluer les cadres dans un rapport rédigé le 29 novembre 1939. Il ajoutait quelques mots prudents : « Son passé, naturellement, est à contrôler ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article139447, notice YOURAVLOV Boris par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 mars 2012, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Daniel Grason

SOURCE : RGASPI 545.6.1541, BDIC mfm 880/42.

Version imprimable Signaler un complément