PÉRI Joseph, Marius

Par Jacques Girault

Né le 21 juin 1891 à Hyères (Var), mort le 9 août 1972 à Hyères ; charpentier ; militant communiste, puis du Parti ouvrier et Paysan, du Parti d’Unité prolétarienne, puis socialiste SFIO.

Fils d’un maçon originaire d’Italie (province de Florence), qui aurait été membre du Parti communiste et d’une cultivatrice, Joseph Péri, artisan charpentier à Hyères, souvent indiqué comme ouvrier, fut gazé pendant la Première Guerre mondiale qu’il termina comme prisonnier. Il adhéra au Parti communiste en 1923. Candidat aux élections municipales sur la liste "d’opposition et de contrôle prolétarien", il obtint, le 24 février 1924, 130 voix sur 3 174 inscrits. Lors des élections législatives de 1924, il siégea aux bureaux de nombreuses réunions communistes. La police, rendant compte d’une réunion des secrétaires des cellules communistes du Var en novembre 1924, signalait un Perret d’Hyères, déformation fréquente dans ce type de sources. Candidat aux élections municipales en 1925, il obtint, le 3 mai, 149 voix sur 3 537 inscrits. Pendant la campagne contre la guerre du Maroc, lors d’une perquisition au siège communiste régional de Marseille, une de ses lettres fut saisie. Son entête portait "Bois et charpentes en tous genres. 4 rue Beau Séjour". Les communistes d’Hyères le déléguèrent pour participer au congrès contre la guerre du Maroc à Marseille, en août 1925 et au congrès régional communiste, en juin 1926. En 1928, il refusa d’accomplir une période militaire. Après l’avoir caché, Frédéric Daucros l’accompagna à la caserne après sa condamnation à quatre jours de prison. En 1929, candidat aux élections municipales sur la liste communiste, il obtint, le 5 mai, 304 voix sur 4 035 inscrits et 155 au deuxième tour.

A la fin de 1929, Joseph Péri quitta le Parti communiste pour créer à Hyères le Parti ouvrier et paysan dont il assuma le secrétariat. Toutefois, candidat communiste pour le Conseil d’arrondissement, le 18 octobre 1931, il réunit 177 voix sur 6 356 inscrits. Avait-il seulement le soutien du Parti communiste ou l’avait-il réintégré pour le quitter à nouveau peu après ? Aussi, parla-t-il au nom du Parti d’unité prolétarienne lors du meeting d’Hyères, le 12 février 1934. Il n’avait pas totalement rompu avec les communistes et put ainsi assurer le secrétariat du comité antifasciste qu’ils avaient contribué à fonder à la fin de 1933. Lors de l’été 1933, il renvoya son livret militaire pour protester contre le fait qu’il n’ait pas été réformé puisqu’il avait été gazé. L’hebdomadaire communiste Rouge-Midi parlait de cette action avec sympathie.

Joseph Péri se rapprocha alors du Parti socialiste SFIO. Lors des élections municipales du 5 mai 1935, il fut candidat sur la liste socialiste SFIO qui obtint 410 voix de moyenne sur 4 657 inscrits. A la fin de 1935, devenu membre de la commission exécutive de la section socialiste SFIO, il fut délégué au comité local de Front populaire. Il était le secrétaire-adjoint de cette section au début de 1938. Candidat socialiste SFIO sur la liste de toute la gauche "de Rassemblement populaire et de redressement financier" aux élections municipales , il obtint, le 19 septembre 1937, 1 625 voix sur 4 834 inscrits.

La police, dès la fin de 1936, signalait ses relations avec le Parti ouvrier internationaliste. Partisan des thèses de Marceau Pivert, il appuya Gaudien Bartoli lors du congrès de Fédération socialiste SFIO du 22 mai 1938. Il devint peu après secrétaire-adjoint de la Fédération du Parti socialiste ouvrier et paysan.

Resté à Hyères pendant la guerre, Péri porta plainte pour cambriolage en novembre 1943. Membre du conseil d’administration de la section socialiste SFIO, candidat aux élections municipales sur la liste "d’Union socialiste et d’intérêt local", il réunit, le 19 octobre 1947, 1 288 voix sur 12 349 inscrits.

Membre de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Libre Pensée, marié, père d’un enfant, Joseph Péri fut enterré civilement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article125543, notice PÉRI Joseph, Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 3 mars 2014.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13090. — Arch. Dép. Var, 2 M 6 25, 2 M 7 28 2, 30 2, 31 1, 35 2, 4 M 50, 59 2, 3, 4 2, 18 M 9, 3 Z 2 5, 4 29.— Presse locale. — Sources orales.

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