NICOLAS Albert

Par R. Pierre

Né le 8 juillet 1884 à Treschenu (Drôme), mort le 22 juin 1950 à Tain-l’Hermitage. Instituteur, militant syndicaliste et socialiste de la Drôme ; président de la Fédération drômoise de la Ligue des droits de l’Homme ; maire et conseiller général de Tain-l’Hermitage.

Fils d’un instituteur, Albert Nicolas débuta dans l’enseignement à Fiancey, commune de Portes-lès-Valence (Drôme) où il adhéra à la section socialiste. Nommé en 1908 à Saint-Donat, il y fut en mai 1914 secrétaire du groupe d’études sociales. Cependant, jusqu’en 1926, il fut surtout un militant syndical. Secrétaire adjoint depuis 1907 de l’Amicale des institutrices et instituteurs de la Drôme (sa femme Alice, institutrice, le remplaça pendant la guerre alors qu’il était mobilisé), il contribua en 1919 à transformer cette association en syndicat. Sa femme en fut la première secrétaire et il assuma lui-même la trésorerie jusqu’en 1925.

Ami de Jules Nadi et de Désiré Valette , franc-maçon comme eux, il partageait leurs conceptions. Sous son influence, la section socialiste de Saint-Donat se prononça en 1920 pour la motion des "reconstructeurs" alors que la Drôme donnait 51 mandats sur 65, à la motion Cachin-Frossard.

Nommé directeur d’école à Saint-Vallier en octobre 1922, Albert Nicolas fut Vénérable de la loge maçonnique. Il démissionna en 1926 du conseil du SNI dont les majoritaires de la tendance CGT, divisés, abandonnèrent la direction à une coalition d’opposants (voir Arnoux Théophile) et consacra l’essentiel de son activité à la Ligue des droits de l’Homme. Secrétaire général de la Fédération de la Drôme en 1927, il en assura la présidence de 1928 au 25 juin 1939.

Parallèlement, il continua à militer activement au Parti socialiste. Directeur d’école à Bourg-lès-Valence en 1928, directeur de l’école annexe de garçons en 1930, il appartint à la commision exécutive ou à la commission de contrôle de la Fédération du Parti socialiste SFIO, participa à la propagande et aux congrès fédéraux. En 1934, il fut candidat, sans succès, aux élections cantonales à Tain où il était propriétaire et, où il se retira en janvier 1936. L’année suivante, il prit la direction de la section socialiste, entra au conseil municipal et, fut élu maire mais fut battu et mis en minorité dans sa commune, le 10 octobre 1937, à l’élection du conseil général.

Révoqué par le gouvernement de Vichy, il redevint maire de Tain à la Libération et fut élu en septembre 1945 par 2 874 suffrages sur 4 226 votants au conseil général où il présida la commission départementale jusqu’à sa mort. Albert Nicolas était chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article123937, notice NICOLAS Albert par R. Pierre, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par R. Pierre

ŒUVRE : Tain-l’Hermitage pendant l’Occupation allemande, Valence, 1950.

SOURCES : Arch. Dép. Drôme, 3 M, 13 M 325. — Bulletin SNI Drôme, 1921-1926. — La Volonté socialiste. — État civil.

Version imprimable Signaler un complément