MONTEIL Jean-Paul [Antoine, Julien]

Par Robert Brécy, mise à jour par Marie-Cécile Bouju

Né le 6 avril 1900 à Nedde (Haute-Vienne), mort le 13 janvier 1983 à Meuzac (Haute-Vienne) ; électricien, puis correcteur d’imprimerie ; auteur de chansons et secrétaire de La Muse rouge.

Antoine Monteil était le fils de Jean Baptiste Monteil, cultivateur et vigneron, et de Marie Catherine Magal.
Après des études classiques au lycée de Limoges, Jean-Paul Monteil se spécialisa dans l’électricité et en fit sa profession jusque vers 1950. Parallèlement, il commença une carrière de chansonnier à Paris ; il participa, avec sa compagne Jeanne, au groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires dit « La Muse rouge ». Il en devint le secrétaire en 1926, après le retrait de Clovys. Il écrivit les paroles de nombreuses chansons sociales, qui furent interprétées dans des goguettes, des galas et des fêtes populaires entre les deux guerres. La plupart parurent dans les périodiques du groupe : La Muse rouge et Nos Chansons, ou furent publiées en petit format, en particulier par les Éditions Greyval où il travaillait sous la direction de Marguerite Greyval. À côté de son répertoire révolutionnaire et pacifiste (citons : Chanson de liberté, Si vous rêvez, Debout camarades !, La Guerre, sur des musiques de Cloërec-Maupas), il écrivit des romances et des chansons destinées à la danse.

En 1931, Jean-Paul Monteil et la majorité des chansonniers de « La Muse rouge » refusèrent de se laisser absorber par la Fédération du théâtre ouvrier français, d’obédience communiste, ce qui provoqua une rupture avec le Parti communiste ; celui-ci demanda à ses militants de ne plus fréquenter les goguettes de la Muse, de ne plus acheter ses publications et de ne plus faire appel à elle pour organiser la partie artistique de leurs fêtes (sur cette affaire, voir l’Humanité, 26 mars 1931 et la Muse rouge, 2e série, n° 10). Cette mise à l’index fut une des causes des difficultés financières de la Muse rouge, qui dut bientôt cesser ses publications.

Jean-Paul Monteil continua à faire participer les chansonniers de la Muse aux galas d’autres organisations (anarchistes, socialistes, syndicalistes, pacifistes). Ils accompagnèrent aussi Victor Méric dans ses tournées de propagande pour un "pacifisme intégral". Monteil écrivit en 1933 avec Loréal un hymne pour ce mouvement, Patrie humaine, à la mémoire de V. Méric. Collaborateur du journal la Patrie humaine de 1931 à 1939, il écrivit dans le Libertaire, puis dans le Monde libertaire après la Seconde Guerre mondiale.

Mobilisé en 1939, Jean-Paul Monteil fut affecté aux applications militaires à cause de ses connaissances en électronique (gyroscopes, repérage des coupures de câbles...). En juin 1940, il fut "prié" de rester à Paris et fut affecté à l’Association des ouvriers en instruments de précision ; il y fut employé pendant toute l’Occupation et encore quelques années après. Puis il devint correcteur d’imprimerie (labeur et presse) de 1950 à 1965 ; il travailla entre autres à L’Aurore. Il adhéra au Syndicat des correcteurs en mai 1949 et partit à la retraite en septembre 1965. Ce métier lui laissa plus de loisirs pour son activité d’auteur et d’éditeur de chansons. Il prépara et préfaça une nouvelle édition de La Chanson d’un gars qu’a mal tourné de Gaston Couté (Seghers, 1951).

Comme parolier, Jean-Paul Monteil écrivit à la Libération La Liberté est revenue, chanson politique restée sans suite, puis il fut l’auteur d’une quantité de chansons de variétés ; il en fournit aussi à des orchestres de bal de son Limousin natal, où il s’était retiré avec sa femme qu’il avait épousée le 25 novembre 1922 à Paris (Ve arr.).

Jeanne Monteil, dite aussi Janyne ou Jane pendant sa carrière d’interprète, née Langlade, Marguerite Jeanne, le 3 avril 1901 à Limoges, douée d’une voix puissante et bien timbrée, fut une des vedettes de la Muse rouge, où elle interprétait aussi bien des chants de lutte que de tendres mélodies. Après la guerre, la Muse ayant disparu, elle chanta encore dans quelques cabarets parisiens et dans des galas de solidarité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article122896, notice MONTEIL Jean-Paul [Antoine, Julien] par Robert Brécy, mise à jour par Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 12 mars 2019.

Par Robert Brécy, mise à jour par Marie-Cécile Bouju

SOURCES : Renseignements fournis par Jeanne Monteil et ses enfants. — R. Brécy, Florilège de la chanson révolutionnaire, Éditions Hier et demain, 1978. — Robert Brécy, Autour de La Muse rouge (Groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires) 1901-1939, Éditions Christian Pirot, 1991. — Notes de R. Bianco.— État civil en ligne cote 3 E 104 / 13 , vue 120, Arch. Haute-Vienne.— Arch. IISG carton 114.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément