ODÉON Pierre (PERRIN Pierre, dit)

Par Jean Maitron

Né le 5 mai 1903 à Pontivy (Morbihan), mort le 14 décembre 1977 à Paris XVe  ; militant anarchiste, responsable de la Jeunesse anarchiste communiste, puis secrétaire adjoint de l’Union anarchiste communiste révolutionnaire ; insoumis : rédacteur au Libertaire.

Pierre Le Mouel était le fils naturel d’une domestique, légitimé par la mariage de sa mère avec jacques Perrin en mars 1913 à Paris VIe arrondissement. Le nom de Pierre Odéon apparut pour la première fois dans le Libertaire en 1921, à la rubrique “tribunes des Jeunes”. Il était alors responsable des Jeunesses anarchistes. Il fut arrêté pour une affiche incitant à “la désobéissance aux ordres de mobilisation” et, en cas de guerre, à l’insurrection (cf. le Libertaire, n° 121, 13-20 mai 1921). Condamné à six mois de prison, sa peine fut confirmée en appel. Il assista à Lyon, les 26 et 27 novembre 1921, au IIe congrès de l’Union anarchiste où il représentait la Jeunesse communiste anarchiste dont il fut le responsable pour les années 1922 et 1923. À l’issue des travaux du congrès de l’UA qui eut lieu à Pantin du 31 octobre au 2 novembre 1925, il fut élu secrétaire du comité d’initiative de l’UA. Au congrès d’Orléans des 12-13 et 14 juillet 1926, il fut réélu au comité d’initiative et devint secrétaire de l’UA devenue l’Union anarchiste communiste.

Odéon était partisan de la “plateforme” et par conséquent d’une organisation structurée. Après le congrès de Paris (30-31 octobre 1927), congrès de scission qui amena la création, avec Sébastien Faure, de l’Association des fédéralistes anarchistes, Odéon fut, avec Ferandel, désigné comme responsable de la Fédération du Midi. À l’issue du congrès d’Amiens (12-15 août 1928), il fut élu membre de la commission administrative et secrétaire adjoint de l’Union anarchiste communiste révolutionnaire, Le Meillour en étant le trésorier et Lecoin le secrétaire. Odéon représentait à ce congrès, le XIIIe arr. de Paris.

En décembre 1929, appelé au titre de réserviste, il refusa de se présenter. Le Libertaire du 14 décembre 1929 fit connaître son arrestation ; il a accompli en son temps, son service “et ce sera le remords de toute sa vie” écrivit L. Lecoin et, dans le numéro du 28 décembre. Le 29 janvier 1930, le conseil de guerre de Paris le condamna à un an de prison. Enfermé à la prison militaire du Cherche-Midi à Paris, il y fit, à partir du 3 février, la grève de la faim parce que les visites lui étaient refusées. Ayant obtenu satisfaction, il cessa la grève le 20 février, puis fut libéré le 15 décembre 1930. En 1931, il était nommé secrétaire du comité d’action contre les prisons militaires et pour l’amnistie (cf. le Libertaire, 31 juillet 1931) La même année, il participa au congrès de l’UACR qui eut lieu à Toulouse les 17 et 18 octobre et y fut désigné comme membre du comité de rédaction du Libertaire et de la commission administrative de l’UACR dont il était secrétaire depuis déjà quatre mois. En 1933, il fut exclu de l’UACR pour des raisons touchant aux questions de trésorerie et, plus tard, pour le même motif, de la Ligue internationale des combattants de la paix dont il était permanent. Il fut réadmis dans le mouvement anarchiste puisqu’il représenta le XIVe arr. de Paris au congrès de l’UA qui eut lieu à Paris les 12 et 13 avril 1936.

Pendant la guerre civile d’Espagne, il milita activement en faveur des républicains espagnols. En septembre et octobre 1936, il participa à la constitution de la centurie “Sébastien-Faure” destinée à aller combattre en Espagne. Délégué du Comité de l’Espagne libre, émanation de l’Union anarchiste, il accompagna des dizaines de fois les camions de vivres, de médicaments et d’armes que le Comité envoyait en l’Espagne. En 1938, avant peut être, il fut responsable de la colonie “Ascaso-Durruti” installée près de Llansa non loin de la frontière française, qui accueillit 300 enfants évacués, la plupart orphelins de guerre. Odéon collabora au Libertaire en 1931 et en 1937 et 1938. En 1934, il avait fondé le Tocsin, publication anarchiste-communiste, surtout préoccupée par la lutte contre le fascisme qui compta quatre numéros (2 mars-11 mai 1934).

Pendant l’Occupation, il fut déporté au camp de Buchenwald. Le Libertaire d’août 1945 annonça son retour. Il créa par la suite un bulletin de liaison entre les familles de disparus et fut décoré de la Légion d’honneur.

Selon le Réfractaire de janvier 1978, il mourut dans sa soixante-douzième année et fut incinéré au Père-Lachaise (après cérémonie religieuse, selon l’Espoir du 4-10 septembre 1978). Il était marié et père d’un fils.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article107852, notice ODÉON Pierre (PERRIN Pierre, dit) par Jean Maitron, version mise en ligne le 20 novembre 2010, dernière modification le 18 décembre 2010.

Par Jean Maitron

SOURCES : Arch. Nat. F7/13056. — Arch. PPo. cartons 49 et 50. — Journaux cités. — Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, op. cit..— Etat civil.

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