CURTI Angelo dit ZACCARELLI, alias PIEMONTE

Par Daniel Grason

Né le 14 avril 1896 à Reggio-Émilia (Italie) ; comptable ; militant communiste ; secrétaire de la section de Drancy de l’Union populaire italienne ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils de Francesco et de Chiara, née Mariani, Angelo Curti arriva en France en 1923, il demeura 45 rue Charmante (Roger-Breton) à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) dans une maisonnette en bois dont il était propriétaire. Du 22 avril 1924 au 31 janvier 1930, il exerça sa profession de comptable à la société de peinture, place de Valois (Ier arr.). Il fut ensuite chef comptable à la Chemiserie Doile 9 avenue des Ternes (XVIIe arr.). À la suite d’un différend avec le patron, il quitta la société le 24 octobre 1931. Il fut naturalisé français par le décret du 20 octobre 1931.

Il s’inscrivit au fonds de chômage de Drancy le 26 janvier 1932. Il adhéra au Parti communiste de France, était l’un des militants très actif du rayon de Drancy de la région Paris-Est. Le 27 décembre 1933 il manifesta avec un groupe de chômeurs devant la mairie de Drancy, il était l’un des principaux dirigeants du « Comité de chômeurs », il fut délégué des protestataires, porta un cahier de revendications à la municipalité.

Le 12 mai 1934, il était au Blanc-Mesnil dans le quartier du Petit Groslay (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis) où se déroulait une fête. Il interpella un boulanger qui à cette occasion avait accroché un drapeau tricolore sur la façade de son commerce, lui demanda de l’enlever. Le boulanger protesta fit signer une pétition par quatorze personne. L’incident parvint sous la forme d’un rapport au directeur des Renseignements généraux qui s’adressa au Préfet de police. Un portrait au vitriol était dressé de lui : « sournois, paresseux, violent et pouvant être, le cas échéant, très dangereux ». En conclusion, la question de l’examen « d’une demande de déchéance de nationalité » était posée. Le Garde des Sceaux n’engagea pas la procédure estimant que les faits étaient insuffisamment caractérisés. Il devint en 1935 secrétaire de la section de Drancy de l’Union populaire italienne (UPI), l’association nationale était dirigée par Romano Cocchi. À Drancy, à l’été 1938 un cercle féminin fut formé, l’association diffusait La Voce degli italiani (La Voix des italiens).

Il s’engagea le 31 août 1936 dans les Brigades internationales, il appartint à la centurie « Gastone Sozzi » (5e régiment) et à la 11e Brigade internationale. Il fut blessé. Le rapatriement d’Angelo Curti eut lieu à bord du contre-torpilleur Tigre qui accosta le 10 mars 1939 à Toulon (Var). Les brigadistes rapatriés furent fouillés, il était porteur d’une lettre de Sylvestre Spada, italien, délégué à la propagande du Front Libertaire à Madrid, missive destinée à Bernardo Cremonini de Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne). Les douaniers saisirent des brochures éditées par le Parti communiste qui étaient dans ses bagages.

Mobilisé le 13 septembre 1939 au 224ème Régiment Territorial, il combattit du 16 mai au 25 juin 1940, il fut démobilisé le 22 août 1940. Du fait de son activité politique avant-guerre des policiers l’interpellèrent le 19 mars 1941, il fut emprisonné à la prison de Fresnes jusqu’au 13 décembre. À partir de 1946 il milita au sein de l’association Italia Libera (Italie Libre), l’organisation fut dissoute par arrêté ministériel le 17 janvier 1948. Il adhéra à l’association des Garibaldiens dont le siège était 20 rue des Vinaigriers (Xe arr.) et à l’association des Anciens volontaires en Espagne républicaine (AVER).

Après la Libération, il travailla à la mairie de Drancy devint rédacteur, il cessa toute activité en 1961 à l’âge de la retraite. Père de deux enfants issus d’un premier mariage, Raymond né en 1932 et Josette, née en 1937, Angelo Curti se remaria le 4 décembre 1956 avec Renée Beaufrère.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article107644, notice CURTI Angelo dit ZACCARELLI, alias PIEMONTE par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 15 mai 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 0302 (document transmis par Gilles Morin). – Arch. AVER. – Éric Vial, L’Union populaire italienne, 1937-1940. Une organisation de masse du Parti communiste italien en exil, École française de Rome, 2007.

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