DEVILLE Gabriel, Pierre

Par Georges Tanesse

Né le 8 mars 1854 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), mort le 28 février 1940 à Viroflay (Seine-et-Oise, Yvelines) ; militant dans le Parti Ouvrier Français aux côtés de Guesde jusqu’en 1889. Sa pensée ayant évolué, il adhéra au Parti socialiste français lors de sa fondation en 1902, s’en sépara à la veille de l’unification socialiste en 1905, et abandonna toute action politique à partir de 1907. Contribue à la diffusion de la philosophie marxiste par son abrégé du Capital (1883), devenu un classique. Député du IVe arr. de Paris de 1896 à 1898 et de 1903 à 1906, et ensuite ministre plénipotentiaire de France à Athènes de 1907 à 1915.

Gabriel Deville était petit-fils de J.-M.-J. Deville, 1787-1853, représentant du peuple sous la Seconde République. Son père, Émile Deville, était notaire et maire de Tarbes. Après d’excellentes études secondaires au lycée de Tarbes, il passa avec succès, en juillet 1872, ses deux baccalauréats (ès lettres et ès sciences), obtint à Paris en août 1874 la licence en droit et se fit inscrire au barreau de Paris. Doué d’une intelligence supérieure, et travailleur acharné, il apporta la même probité intellectuelle et la même rigueur dans des travaux aussi variés que l’exposé des principes du marxisme, l’histoire de Thermidor et du Directoire, l’étude, jour par jour, du développement du langage chez sa fillette, et enfin celle de l’amour dans l’œuvre de Balzac. Ses qualités d’esprit, qui étaient surtout d’ordre scientifique, le poussaient à traiter tous les problèmes, si divers qu’ils fussent, avec la précision et la lucidité un peu froides du mathématicien. Des principes une fois posés et adoptés il tirait sans hésiter toutes les conséquences logiques et croyait même — non sans quelque illusion — pouvoir en poursuivre la réalisation jusque dans la vie quotidienne. Cette tournure d’esprit, lorsqu’elle n’est pas tempérée par une certaine souplesse d’adaptation, réserve à l’homme d’action, et particulièrement à l’homme politique et au diplomate, bien des déceptions. Deville, qui fut successivement l’un et l’autre, en éprouva de graves, dont il souffrit cruellement. Du moins ses plus violents adversaires — sans qu’on sache s’il éprouva la satisfaction de s’en rendre compte — reconnurent-ils toujours la droiture parfaite de son caractère ; personne n’attribua jamais ni à l’intérêt ni à l’ambition personnelle son évolution doctrinale.

Deville, inscrit dès 1872 comme membre de la 1re Internationale (aile marxiste), fréquenta à Paris les réunions d’étudiants révolutionnaires du café Soufflot et lança avec ses camarades la candidature d’Émile Acollas à l’élection législative complémentaire du VIe arr. de Paris, février 1876 (Acollas avait été nommé par la Commune doyen de la Faculté de droit de Paris). En 1877, il devint l’un des principaux collaborateurs de l’Égalité, que Jules Guesde venait de fonder. Dès ce moment, guesdiste de stricte observance, il engagea la bataille. Condamné à deux mois de prison et cent francs d’amende et incarcéré à Sainte-Pélagie, en 1878, pour avoir essayé, malgré l’interdiction du gouvernement, de réunir un congrès ouvrier international, il fit campagne en 1879 pour Auguste Blanqui, candidat aux élections législatives, alors emprisonné pour sa participation à la Commune ; il se fit encore arrêter la même année à l’occasion de la première manifestation organisée par l’Égalité en commémoration de la Semaine sanglante.

C’est au cours de cette même année 1879 que se fonda, au congrès de Marseille, la première organisation du socialisme français (Fédération du Parti des travailleurs de France) et c’est l’année suivante que fut adopté par le congrès de cette même organisation (Union fédérative du Centre) réuni à Paris, le programme établi par Guesde, Deville et Jean Lombard, et revu par Marx et Engels eux-mêmes. Dans la lutte qui s’engagea bientôt entre le « possibilisme » de Brousse et le guesdisme et qui aboutit à la scission (congrès de Saint-Étienne, 1882), Deville resta fidèle à la fraction guesdiste, qui fut mise en minorité et alla immédiatement tenir à Roanne un congrès distinct.

Aux élections législatives de 1885, trois listes socialistes se présentèrent dans la Seine contre la droite pour 38 candidats à élire. Deville figura sur la liste de coalition socialiste révolutionnaire guesdiste et blanquiste (les deux autres listes étant la liste possibiliste et la liste « fédérative socialiste », qui comprenaient des socialistes indépendants et des radicaux socialistes). Aucun des candidats socialistes ne passa. Deville arrive dix-neuvième de sa liste avec 10 771 voix (moyenne de sa liste 20 500 ; moyenne de la liste possibiliste : 18 173). En 1889, il appartenait toujours au parti guesdiste (Parti ouvrier français). Il ne fut pas candidat aux élections législatives, mais, avec Guesde et Paul Lafargue, il prépara, au nom du parti, le 1er congrès de la IIe Internationale (Paris 1889).

Dans les années qui suivirent, il paraît s’être tenu à l’écart de l’action politique. Il semble qu’il ait éprouvé à ce moment le besoin de soumettre sa doctrine personnelle à un sévère examen critique. Il inclinait maintenant à une interprétation du marxisme plus nuancée que celle de Guesde, qu’il avait adoptée sans restriction en 1883, dans son « Aperçu sur le socialisme scientifique » (Introduction à son abrégé du Capital).

Sa nouvelle orientation paraît fixée en 1893. On en discerne aisément les signes dans la suite des conférences, articles ou lettres datés de 1893, 1894 et 1895, et qu’il publia en 1896 sous le titre : Principes socialistes. Il ne renie pas le marxisme et il dédie même son livre avec beaucoup de respect et en termes très affectueux à Guesde et à Lafargue.

C’est à partir de 1893 aussi qu’un certain nombre d’hommes étrangers aux conflits qui déchiraient le socialisme français depuis 1880, attachés cependant aux principes du socialisme, mais non aux méthodes guesdistes, se rapprochent et finissent par constituer une « Confédération des socialistes indépendants ». Le premier groupe constitué fut la « Fédération républicaine socialiste de la Seine », avec Viviani, Millerand et quelques autres. C’est Millerand, au banquet de Saint-Mandé (30 mai 1896), qui établit dans son discours célèbre la base doctrinale de ce groupement.

Trois semaines plus tard (21 juin), Gabriel Deville, candidat d’« Union socialiste », était élu au deuxième tour député du IVe arr. de Paris (1re circonscription) par 3 822 voix sur 7 460 votants, en remplacement de Barodet (élu sénateur). Son programme était authentiquement socialiste et aucun des partis socialistes organisés ne lui avait opposé de concurrent. Jaurès, Millerand, Gustave Rouanet avaient fait une ardente campagne en sa faveur. Il est possible que dès ce moment Deville ait donné son adhésion à la fédération des indépendants de la Seine. En tout cas, il en avait adopté la doctrine dès 1893 en précisant le sens qu’en accord avec Engels il entendait donner désormais au mot « révolution » (Principes socialistes, p. 1).

Il s’acquitta de son mandat législatif avec sa probité habituelle. À l’occasion d’une interpellation de Jaurès sur les problèmes agricoles, il fit, le 6 novembre 1897, sur le programme agricole du socialisme, un exposé précis et solide, qui eut un grand retentissement.

Aux élections générales de mai 1898, les deux circonscriptions du IVe arr. ayant été fondues en une seule, Deville fut mis en ballottage défavorable au premier tour ; et au deuxième tour (22 mai), par le jeu de la discipline républicaine, le candidat radical Chassaing, devenu seul candidat de la gauche, était élu.

Les années 1898 à 1906 furent pour la République des années d’épreuves. En présence de l’agitation nationaliste, cléricale et antisémite qui suivit l’affaire Dreyfus et menaça les libertés publiques, le « Bloc des gauches » se forma à la Chambre, et Millerand, député inscrit au groupe socialiste, accepta, sans prendre l’avis du groupe, un portefeuille dans le ministère Waldeck-Rousseau.

Dès lors, le « cas Millerand » allait être posé à tous les congrès socialistes jusqu’en 1904. Le débat dépassait la personnalité de Millerand ; la tactique et la discipline socialistes étaient en cause. « Classe contre classe », pas d’alliance, même occasionnelle, avec les partis bourgeois, subordination rigoureuse des élus à l’autorité de leur Parti, disaient les uns. « Bloc des gauches » et autonomie des élus, disaient les autres. L’effort tenté en 1899 et 1900 pour réaliser un accord échoua. Mais les groupements de même tendance se rapprochaient et fusionnaient. Ainsi naquirent (mars et septembre 1902) le Parti Socialiste de France (leader : Guesde) et le Parti Socialiste Français (Allemanistes, Possibilistes, Indépendants et Fédérations autonomes ; leaders : Jaurès, Briand, Millerand, Gérault-Richard, etc.). Deville adhéra à ce dernier parti et participa activement à l’élaboration de son programme, qui fut définitivement adopté au congrès de Tours (mars 1902). Fidèle à l’interprétation qu’il avait donnée du marxisme en 1895, dans une lettre à Garofalo (op. cit.) (et sans soulever alors aucune protestation), aussi intransigeant aujourd’hui dans son interprétation réformiste qu’il l’avait été jadis dans son interprétation guesdiste, il demanda, au cours de la discussion, que le mot « révolutionnaire », jugé par lui équivoque, soit rayé du programme, ou que, si l’on décidait de le conserver, on en précisât le sens. C’est Jaurès qui défendit le mot et qui l’emporta.

Des élections générales suivirent de peu (27 avril 1902). Les deux circonscriptions du IVe arr. avaient été rétablies. Deville, candidat dans la deuxième, arriva au premier tour en tête des candidats de gauche (2 814 voix), mais en ballottage difficile. Le concurrent guesdiste Amédée Bousquet qu’on lui avait opposé obtenait 315 voix. Au deuxième tour, Deville, resté seul candidat de gauche, fut battu (5 441 voix) par le nationaliste Cloutier, resté seul candidat de droite (5 899 voix).

Cloutier étant décédé l’année suivante, Deville fut de nouveau candidat, mais cette fois contre un adversaire de choix : Maurice Barrès lui-même, lequel arriva en tête au premier tour (22 mars 1903), avec 3 974 voix, précédant de peu Deville, qui en obtenait 3 826. Jean Martin, candidat du Parti Socialiste de France, en avait 409. Sa candidature fut retirée après le premier tour. Une campagne extrêmement ardente de tous les partis de gauche assura au deuxième tour (5 avril) le succès de Deville, qui avait défendu, sans y changer une ligne, le programme adopté à Tours l’année précédente par le Parti socialiste français. Il obtenait 5 059 voix et Barrès 4 827. Depuis 1902, chacun des deux partis socialistes avait son groupe au Parlement. Le groupe du Parti socialiste de France comptait onze membres, celui du Parti socialiste français trente-sept. C’est naturellement à ce dernier que se fit inscrire Deville.

Avec tout son groupe, il soutint dans son action républicaine et laïque le ministère Combes (juin 1902-janvier 1905) et ensuite les ministères Rouvier (janvier 1905-février 1906) et Sarrien (mars-avril 1906). Libre penseur et laïque intransigeant, il fit un discours remarqué, le 23 mars 1905, en faveur de la loi de Séparation (il était secrétaire de la commission), qui fut votée le 9 décembre 1905.

Mais Deville n’était guère capable de se soumettre à une discipline quelconque de groupe ou de parti. Son groupe fut longtemps d’accord avec lui sur la nécessité de collaborer avec les partis bourgeois de gauche, mais il n’en fut pas de même de son parti. Le Parti socialiste français était maintenant divisé. Au Comité fédéral chargé d’administrer le Parti, certains restaient fidèles au programme réformiste de Tours, favorables au Bloc des gauches et à la liberté de vote des élus, d’autres, peu éloignés du point de vue guesdiste, se montraient hostiles au Bloc et partisans d’un contrôle sévère sur le groupe parlementaire. Ces derniers, au congrès de Bordeaux (avril 1903) n’avaient pas réussi à obtenir l’exclusion de Millerand, à qui certains votes étaient reprochés. Mais Millerand, en janvier 1904, fut exclu par sa fédération (Seine) et ne jugea pas à propos d’en appeler au congrès suivant. Ainsi s’éleva un conflit violent entre le Comité fédéral et le groupe parlementaire, qui supportait difficilement le contrôle du Parti. Deville, délégué au congrès de Saint-Étienne (14-17 janvier 1904) par le groupe parlementaire, déclara « qu’il n’acceptera aucune modification du programme sur lequel il a été élu ». Ce programme était celui du congrès de Tours, qui ne prévoyait aucun contrôle exercé sur les élus. Jaurès essaya en vain d’atténuer le désaccord. Il fut battu par 124 voix contre 51.

Tout autre que Deville eût été immédiatement exclu. La fédération de la Seine essaya de gagner du temps. D’ailleurs il se défendit énergiquement. Sa section du IVe arr. et ses électeurs lui restaient fidèles. Finalement, après un échange de lettres et des renvois successifs, la fédération décida que le groupe de l’Unité républicaine socialiste de la 2e circonscription du IVe arr. et son élu s’étaient placés eux-mêmes « en dehors du Parti » (20 juin 1904). L’affichage de la motion dans la circonscription de Deville fut décidé et un groupe « d’action socialiste » discipliné y fut constitué. Mais le groupe parlementaire, toujours fidèle à la politique du Bloc, prétendait conserver Deville. La fédération (9 février 1905) finit par signifier au secrétaire du groupe que « Deville n’a pas le droit d’y être inscrit ».

Entre temps avait eu lieu le congrès international d’Amsterdam (14-20 août 1904) où la tendance guesdiste l’avait emporté et qui invitait les partis socialistes de France à s’unifier. La commission d’unification réunissant des délégués des deux partis se prononça contre la « Délégation des gauches ». Le congrès du Parti socialiste français réuni à Rouen accepta l’unification sur les bases proposées par la commission (27 mars 1905).

Le groupe parlementaire se soumit. Seuls du groupe, semble-t-il, Deville et Normand, ne se soumettant pas, adressèrent leur démission au groupe. « Je quitte le groupe, parce que le groupe quitte le Bloc », écrit Deville (avril 1905). D’autres parlementaires socialistes, la même année, refusèrent la discipline et le programme de la nouvelle SFIO et constituèrent un groupe parlementaire distinct auquel Deville s’inscrivit. Un parti socialiste indépendant se constitua dans le pays. Aux élections de 1906, il aura vingt-quatre élus, dont Normand, Briand, Millerand, Gérault-Richard et Viviani. Deville se présenta dans sa circonscription. Cette fois, il fut âprement combattu par le candidat de la SFIO Auguste Besombes. Il obtint au premier tour (6 mai 1906) 4 428 voix, son concurrent SFIO 567, mais le candidat de la droite Galli arrivait en tête avec 5 623 voix. Deville était en ballottage favorable. Mais le congrès de Chalon (29 octobre-1er novembre 1905) avait interdit tout désistement au deuxième tour d’un candidat SFIO en faveur d’un socialiste indépendant. Peut-être Deville aurait-il pu cependant bénéficier au deuxième tour du désistement pur et simple du concurrent SFIO. C’est ce que Jaurès souhaitait et espérait. Mais Deville, ulcéré par les attaques peu courtoises de ses adversaires SFIO — qui, si vives qu’elles fussent, n’outrepassaient pas pourtant les limites admises en période électorale — préféra retirer sa candidature et demander au « Bloc des Gauches » de sa circonscription de désigner un autre candidat. Ce candidat fut le président Magnaud, radical, qui l’emporta au deuxième tour par 5 749 voix contre 5 541 au réactionnaire Galli.

La carrière politique de Deville était achevée. Sa carrière diplomatique allait commencer.

Nommé en 1907 par Stephen Pichon, sous le ministère Clemenceau, ministre plénipotentiaire, il fut délégué de la France à la commission européenne du Danube, puis appelé à la sous-direction des chancelleries et du contentieux administratif, et enfin nommé ministre plénipotentiaire de France à Athènes (5 juin 1909). Il s’acquitta de sa fonction, aidé le plus souvent par un unique agent, avec sa conscience et son activité habituelles. Survint la Première Guerre mondiale. Le 14 juillet 1915, il commit, dans un discours, l’imprudence de féliciter les électeurs grecs qui venaient d’assurer la victoire du libéral Venizelos. Le ministère conservateur Gounaris, alors en fonctions, et le roi Constantin (beau-frère de l’empereur Guillaume II) demandèrent le rappel de Deville, qui, en effet, fut aussitôt décidé par Delcassé, ministre des Affaires étrangères. Quarante-huit heures après le départ de Deville, Venizelos devenait chef du gouvernement. Mais la carrière diplomatique de Deville était terminée.

Depuis 1915 jusqu’à sa mort, survenue en 1940, Deville vécut dans la retraite. Il avait eu la tristesse, en 1908, avant son départ pour la Grèce, de perdre sa fille aînée, à l’âge de vingt-deux ans. Il perdit la seconde en 1931, puis sa femme en 1938. Deux ans plus tard, il mourait, seul, dans sa maison de Viroflay, qu’il avait acquise en 1915 et qu’il léguait par testament à la « Recherche scientifique ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article75950, notice DEVILLE Gabriel, Pierre par Georges Tanesse, version mise en ligne le 18 janvier 2010, dernière modification le 3 novembre 2018.

Par Georges Tanesse

ŒUVRE : Articles de journaux et de revues. Ces articles sont extrêmement nombreux. À signaler particulièrement : « Socialisme et Paysan » in Le Citoyen, 7 octobre 1881. — « Sur la journée de huit heures » in Devenir social, pp. 289 et suiv. — « Historique du Premier Mai » in Devenir social, avril 1896. — « Arguments contre l’intervention du socialisme dans l’affaire Dreyfus » in Devenir social, 1898, p. 785 et suiv. — « L’origine des mots « Socialisme » et « Socialiste » et de quelques autres » in La Révolution française, mai 1908 — « Article sur Blanqui » in Grande Encyclopédie.
Livres et brochures : Biographie du citoyen Émile Acollas, brochure, 1876. — Blanqui libre, brochure, 1878. — Le Capital, de Karl Marx, résumé et accompagné d’un « Aperçu sur le socialisme scientifique », in-12 Paris, 1883. L’édition de 1897 reproduit la Préface de la 1re édition, amputée cependant d’une page très agressive à l’égard des « possibilistes », et suivie d’un post-scriptum où Deville rend compte de l’évolution de sa pensée depuis 1883. L’« Aperçu sur le socialisme scientifique », réimprimé sans modification, occupe les pages 9 à 63 de cette édition. Traduit en espagnol (1887), en italien (1893) et en russe (1900). — Cours d’Économie sociale. L’Évolution du Capital, Paris, 1884. Réimpression en 1929. Traduit en roumain (1945). — L’Anarchisme, brochure, Paris 1885. — Philosophie du Socialisme, brochure, Paris 1886. — Gracchus Babeuf et la Conjuration des Égaux, brochure, Zurich 1887. Traduit en allemand (1887). — La Femme et l’amour d’après H. de Balzac, in-18, Paris, 1888. — Notes sur le développement du langage, in-8° Paris, 1891. — Principes socialistes, in-18 Paris, 1896. Traduit en espagnol (1898). Recueil en un volume de cinq conférences, articles ou lettres des années 1893, 1894 et 1895, savoir : Socialisme, Révolution, Internationalisme, 1893 (traduit en anglais) ; Salaire et Profit, 1894 ; L’État et le Socialisme, 1895 (traduit en anglais et en italien ; Le Salaire et la rémunération future, 1895 ; Tactique socialiste et Révolution (lettre à Garofalo) 1895. — Socialisme et propriété, brochure, Paris, 1897. Discours prononcé à la Chambre des députés le 6 novembre 1897 sur le problème agricole. — Thermidor et Directoire, in-4° Paris, 1904. Tome V de l’Histoire socialiste publiée sous la direction de Jean Jaurès. — L’Entente, la Grèce et la Bulgarie, in-8°, Paris, 1919. Informations intéressantes sur la carrière diplomatique de Deville. Examen rétrospectif, par Deville lui-même, de son passé politique, pp. 48 à 56. — Calendrier nouveau et chronologie ancienne, 1924, Versailles.

SOURCES : En dehors des ouvrages spéciaux sur le socialisme, ont été principalement consultés : Collection de la Petite République, quotidien ; de 1893 à 1906, en particulier février 1904 à mars 1905. — Collection de l’Humanité, quotidien ; de 1904 à 1906, en particulier mai 1906. — Collection du Socialiste, hebdomadaire ; de 1885 à 1905, en particulier 1895 et 1904-1905. — Collection de la Vie socialiste, mensuel ; en particulier n°s du 20 février et du 5 avril 1905. — Collection de la Revue socialiste, mensuel ; en particulier mai 1896 et 1er semestre 1904.
Les papiers personnels de Gabriel Deville sont conservés aux Archives nationales sous la cote 51AP
Et en outre : Documents aimablement communiqués par la famille de Gabriel Deville et en particulier par les docteurs Émile Carrère et Georges Carrère, neveu et petit-neveu de Gabriel Deville.

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