MAGNOT Gustave

Par Maurice Moissonnier

Maçon domicilié à Villeurbanne (Rhône), militant du cartel autonome du Bâtiment lyonnais, puis de la 13e région CGT du Bâtiment

Gustave Magnot était venu à Lyon vers 1925-1926. Il était devenu militant syndical après la Première Guerre mondiale, qu’il avait faite et dont il était revenu blessé. Il devint secrétaire adjoint du syndicat des maçons affilié au cartel autonome du Bâtiment lyonnais, organisation née d’une scission de la CGTU survenue au début de 1925. C’était disent ses compagnons de lutte "un modeste, un battant, un cœur d’or". Il avait largement participé aux "roulantes" de propagande, qui, dans les temps héroïques du syndicalisme du Bâtiment avaient pour tâche d’assurer l’exécution des décisions syndicales sur tous les chantiers, y compris par des moyens qui relevaient de l’intimidation. De ce fait, il avait plusieurs fois connu la prison. Lorsque le cartel connut en 1934-1935 sa grande crise marquée par l’affrontement des orientations préconisées par Hildebert Chaintreuil et Gustave Eysséris , il opta en faveur des conceptions unitaires du premier. En avril 1935, il fut choisi par le conseil syndical des maçons et aides pour le représenter au conseil d’administration de la Bourse du Travail de Lyon.

En 1936, au sein de la 13e région du Bâtiment, il milita à la CGT réunifiée. Il participa en particulier à la conduite de la grève qui dura onze semaines (à partir du 5 août 1938) pour lutter contre une sentence surarbitrale qui aboutissait à diminuer les salaires. A la suite de violents incidents survenus le 3 octobre à Gerland, dans la banlieue de Lyon, sur un chantier de l’entreprise Borie où s’opposèrent des militants CGT et des anciens amis de Gustave Eysseris ralliés au syndicalisme du PPF, puis, le 10 octobre, de l’assassinat d’un contremaître de l’entreprise Pitance, Magnot fut arrêté avec près de quatre-vingt-dix militants du Bâtiment dont les principaux dirigeants du syndicat : François Fau, François Bressand, Raymond Ducourthial. Le 17 octobre 1939, il passa devant la 5e chambre correctionnelle et le jugement, rendu le 3 mars, le condamna, pour "entrave à la liberté du travail" à trois mois de prison ferme.

Magnot mourut pendant le Seconde Guerre mondiale des suites de sa blessure de guerre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article119449, notice MAGNOT Gustave par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Archives de la Bourse du Travail de Lyon. — Archives de l’UD-CGT du Rhône. — Interviews d’anciens militants lyonnais du Bâtiment.

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