MERCIER Louis [Charles, Jean, Marin Cortvrint, dit Charles Ridel, dit Luis Mercier Vega, dit] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Charles Jacquier, avec la collaboration de Marianne Enckell

Né le 6 mai 1914 à Bruxelles (Belgique), mort le 20 novembre 1977 à Collioure (Pyrénées-Orientales) ; VRP, ouvrier puis journaliste ; anarchiste et syndicaliste.

Louis Mercier
Louis Mercier
Portrait par Phil Casoar.

Dès l’âge de 16 ans, le jeune Charles Cortvrint prit contact avec des anarchistes à Bruxelles (Hem Day*, Ernestan*), rencontra les exilés espagnols Francisco Ascaso et Buenaventura Durruti*, collabora au Réveil syndicaliste de Nicolas Lazarévitch*. C’est peu après qu’il abandonna sa véritable identité pour devenir sa vie durant, comme il l’a dit lui-même, « une fédération de pseudonymes ». En 1931, il était membre du Groupe anarchiste d’action sociale à Bruxelles ; à ce titre, il prit contact avec le mouvement anarchiste de langue française et allemande et correspondit avec Le Libertaire (Paris), Pierre Ramus à Vienne et Lucien Tronchet* du Réveil anarchiste (Genève).

Il gagna Paris vers 1933. Dans les milieux anarchistes parisiens, il se faisait appeler Ridel et fréquentait une petite bande de copains qui s’étaient baptisés les « Moules-à-gaufres », où l’on trouvait Charles Carpentier*, Félix Guyard*, Robert Léger* et Lucien Feuillade*. Ainsi une indéfectible amitié se noua à cette époque entre Ridel et Carpentier. Malgré son jeune âge, Ridel apparut doué d’une maturité d’esprit prometteuse. Délégué au congrès d’Orléans de l’Union anarchiste communiste révolutionnaire (juillet 1933), la qualité de ses interventions révéla sa solide culture sociale. Mais Ridel était aussi un homme d’action : on le retrouva avec Carpentier à faire le guet, revolver au poing, au siège de la CGT, 213 rue Lafayette, et au Secteur électrique de Saint-Ouen pendant les émeutes fascistes de février 1934.

Appelé sous les drapeaux, il retourna en Belgique où il tenta de renouer avec la tradition antimilitariste des militants ouvriers d’avant 1914 en organisant des comités de soldats, puis décida de se soustraire définitivement à ses obligations militaires en revenant en France (voir son article signé AJOR, La Révolution prolétarienne, n° 193, 25 février 1935).

Après avoir donné des articles au Libertaire de 1933 à 1935 sous divers pseudonymes (Couramy, Liégeois), il y collabora régulièrement sous le nom de Charles Ridel de juin 1936 à octobre 1937, tandis qu’il écrivait aussi pour La Révolution prolétarienne, notamment un compte rendu du congrès de la CNT espagnole à Saragosse (mai 1936) auquel il avait assisté. Il fit aussi l’apprentissage de la coutume ouvrière en exerçant successivement les métiers de manœuvre aux halles, d’ouvrier du cuir, de camelot et de correcteur.

Il appartint à la Fédération communiste libertaire (FCL), née d’une scission de l’Union anarchiste au congrès de Paris (20-21 mai 1934). Ce groupe reprochait à l’UA son manque d’homogénéité tactique et organisationnelle ainsi que sa participation, au début de 1934, au Centre de liaison des forces antifascistes de la région parisienne, né à l’initiative de la Fédération socialiste de la Seine. Ridel intervint au congrès de Paris (12-13 avril 1936) qui décida la réintégration dans l’UA de la FCL, qui se maintint néanmoins comme tendance. Il devint alors membre de la commission administrative de l’Union anarchiste, chargé de la propagande.

Avec ses amis de la Jeunesse anarchiste communiste, Ridel était un ardent défenseur du communisme libertaire et de l’organisation anarchiste. Pour lui, « l’anarchisme n’est pas un système philosophique. Il se situe dans l’espace et dans le temps. Il est un socialisme, un secteur du mouvement ouvrier » (Le Libertaire, 4 novembre 1937).

Partisan du développement des groupes d’usines de l’UA, il fut particulièrement actif, dans la région parisienne, pendant les grèves avec occupation de juin 1936. C’est à cette époque qu’il rencontra Simone Weil*. Il l’accompagna avec Félix Guyard, syndicaliste chez Sautter-Harlé, visiter les premières usines occupées de la région parisienne. À cette époque, Simone Weil reçut ses amis anarchistes Ridel, Carpentier et Guyard au domicile de ses parents, rue Auguste-Comte, en face du jardin du Luxembourg.

Dès l’annonce de la Révolution espagnole, Ridel n’attendit que la fin de la quinzaine pour toucher sa paie et partir en Espagne avec Carpentier. Ce dernier, de dix ans son aîné, avait l’expérience des armes pour avoir servi comme caporal dans un régiment de tirailleurs marocains pendant la guerre du Rif en 1925. En août 1936 à Pina del Ebro, Ridel fut, avec Louis Berthomieux et Charles Carpentier, l’un des fondateurs du Groupe international de la colonne Durruti, « légion internationale des sans-patrie qui sont venus se battre dans la péninsule pour l’ordre ouvrier et révolutionnaire » (Le Libertaire, 21 août 1936), que Simone Weil vint rejoindre une semaine comme milicienne, avec la ferme intention de combattre à leurs côtés. Ridel participa aux combats sur le front d’Aragon tout en envoyant des correspondances régulières au Libertaire avec Carpentier. Absent en mission, il échappa à la bataille autour du village de Perdiguera, à la mi-octobre, qui décima le Groupe international.

À ce moment, l’Union anarchiste demanda à Carpentier de convaincre Ridel de revenir en France afin d’entreprendre une vaste campagne d’information en faveur de l’Espagne révolutionnaire. Le Libertaire du 9 octobre 1936 annonça une tournée de conférences avec projection de films sur les événements d’Espagne animée par lui et Carpentier, dont le bénéfice devait aller au centre de ravitaillement des milices antifascistes d’Espagne. Jusqu’en février 1937, il sillonna la France pour y tenir meetings et conférences, récolter des fonds et faire œuvre de propagande, souvent en compagnie de Lucien Huart*. C’est au cours de cette tournée qu’il rencontra à Grenoble sa future femme, Sara D’Acquisto. Ils furent ensuite séparés pendant la durée de la guerre et se retrouvèrent en 1946 après son retour en France pour se marier un an plus tard.

Des divergences profondes tant sur le plan organisationnel (rôle des groupes d’usines) que sur l’appréciation des événements espagnols amenèrent Ridel et ses proches camarades à quitter l’Union anarchiste après le congrès de Paris (30-31 octobre et 1er novembre 1937). Il y avait stigmatisé le divorce entre la base et la direction de la CNT-FAI en mai 1937 et l’intervention des ministres anarchistes pour empêcher les milices de descendre sur Barcelone pendant les combats entre libertaires et staliniens.

Avec Marie-Louise Berneri*, Lucien Feuillade*, Nicolas Lazarévitch, Julien Coffinet et Jean Rabaut, Ridel fut alors à l’initiative d’une nouvelle revue, Révision, dont le manifeste proposait de faire surgir « un courant révolutionnaire libéré des boulets de la tradition et de l’uniforme des conformismes » (n° 1, février 1938). Dans cet esprit, il dénonçait vigoureusement les « anarchistes de gouvernement » et leur compromission avec la « démocratie bourgeoise ».

Ridel fit aussi partie du Cercle syndicaliste « Lutte de classes » dont l’organe, Le Réveil syndicaliste, parut à partir de janvier 1938 (voir Nicolas Lazarévitch). Au sein de la CGT réunifiée, les militants du Cercle luttaient pour la défense des conquêtes sociales de juin 1936, le rejet de l’arbitrage obligatoire, la revendication du contrôle ouvrier, la nationalisation sans indemnisation des industries clés et la lutte contre l’Union sacrée. Sous le pseudonyme d’Hersay, Ridel donna plusieurs articles au Réveil syndicaliste. Dans les débats internes du Cercle sur l’Espagne et les questions internationales, il partageait, comme Nicolas Lazarévitch, l’essentiel des points de vue de Jean Bernier* qui traitait des rivalités inter-impérialistes dans la revue.

Au moment de la déclaration de guerre, Ridel fut mêlé à une « vilaine affaire » : le vol à main armée, avec deux copains qui eurent moins de chance que lui, d’un encaisseur de la Banque de France à Champigny-sur-Marne. Il lui fallait en effet financer son exil vers des terres plus accueillantes car, comme l’avait proclamé un éditorial de Révision, « la seule trahison serait de marcher » (n° 3, avril 1938). En septembre 1939, il se rendit à Marseille où il rencontra notamment Pio Turroni*, mais constata que la ville ne lui permettait pas de quitter facilement l’Europe. Il repartit alors vers Bruxelles en octobre et réussit à s’embarquer en novembre, à Anvers, sur un cargo grec à destination de l’Argentine, sous le nom de Carlo Manni. La Chevauchée anonyme retrace cet épisode crucial de sa vie à travers les personnages de Parrain et Danton.

Après un bref séjour à Buenos Aires où il bénéficia de la solidarité des compagnons anarchistes de la Federación libertaria argentina, Ridel se rendit à Santiago du Chili. Il y retrouva André Germain*, un anarchiste français réfugié au Chili après avoir participé à toutes les luttes sociales de l’entre-deux-guerres en Europe. Dans cette ville, il s’efforça de renouer des contacts avec la poignée de militants internationalistes dispersés dans un monde en guerre, notamment l’équipe de War Commentary à Londres (voir Marie-Louise Berneri) et celle des anarchistes italo-américains de L’Adunata dei Refrattari à New York.

En Amérique latine, un réseau se structura dans trois pays (Chili, Mexique et Uruguay) autour de militants locaux et d’exilés européens de sensibilité anarchiste, anarcho-syndicaliste et socialiste révolutionnaire, sous le nom de Socialismo y Libertad, et aboutit à la publication du mensuel Mundo à Mexico en 1943. C’est Mercier qui, en contact avec Marceau Pivert réfugié au Mexique, en avait été l’initiateur sur le modèle des Cercles syndicalistes Lutte de classes. Entre-temps, il ne se résignait pas à sa condition d’émigré, et donc de spectateur. Il souhaita revenir à l’épicentre européen du conflit. Pour cela, il se rendit à Brazzaville où il s’engagea comme volontaire pour la durée de la guerre dans les Forces françaises libres, le 7 juillet 1942, sous la nouvelle identité de Luis Mercier Vega, né à Santiago du Chili. Nommé caporal en septembre, puis sergent l’année suivante, il finit la guerre comme adjudant. En décembre 1942, il se trouvait à Beyrouth où il fut détaché au service information de la France libre à Radio Levant d’avril à octobre 1945.

Démobilisé à Paris le 6 décembre 1945, il reprit sa collaboration au Libertaire, à la Révolution prolétarienne et à des périodiques anarchistes italiens et anglais sous divers pseudonymes (Santiago Parane, Damashki, L’Itinérant). Il devint rédacteur au Dauphiné libéré (Grenoble) de 1947 à 1951, sous le nom de Louis Mercier, s’occupant plus particulièrement de la rubrique sociale. Il anima aussi dans cette ville le périodique syndicaliste Alliance ouvrière.

Au début des années 1950, Mercier devint membre des Amis de la liberté, branche française du Congrès pour la liberté de la culture, une organisation internationale d’intellectuels anti-totalitaires créée à Berlin en juin 1950. À Grenoble, il fut le fondateur de la première Maison de la liberté, une antenne locale du Congrès inaugurée le 8 décembre 1951 par Denis de Rougemont, qui rayonna rapidement dans tout le sud-est du pays. Puis il fut appelé à Paris pour participer au comité de rédaction de Preuves, la revue francophone du Congrès, où il retrouva le « Moule-à-Gaufre » Lucien Feuillade, l’anarchiste André Prudhommeaux* et l’ancien trotskiste Paul Parisot. Après un voyage d’études en Amérique latine en 1953 avec l’ex-leader du POUM, le socialiste espagnol Julian Gorkin, il traita dans la revue le plus souvent des problèmes de l’Amérique latine, du Moyen Orient et des questions ouvrières et syndicales.

Il effectua ensuite un séjour de trois ans en Amérique latine qui lui permit de mettre en place des antennes du Congrès – en fait de véritables centres culturels – dans les principaux pays. Il publia alors une série d’articles sur la situation latino-américaine dans Le Monde. Cette connaissance approfondie du continent sud-américain et les nombreux contacts qu’il y avait noués depuis la guerre lui permirent d’accéder à la direction du département Amérique latine du Congrès qui devint l’Institut latino-américain de relations internationales (ILARI). Il y dirigea la revue Aportes qui compta vingt-six numéros de 1966 à 1972.

En 1957, en marge du Congrès, il tenta sans succès de créer un mouvement « Budapest-Barcelone » avec le syndicaliste tchèque Paul Barton (Jiri Veltrusky, dit) et le soutien d’Albert Camus* qui sympathisait avec les syndicalistes libertaires. Il s’impliqua également dans un grand nombre d’initiatives de solidarité internationale avec les victimes de toutes les répressions.

Mais certains lui reprochèrent vivement sa participation aux activités du Congrès pour la liberté et la culture, après les révélations de la presse américaine sur son financement en 1967, et une polémique éclata dans les colonnes de La Révolution prolétarienne à l’initiative de Robert Louzon. Dans un de ses derniers textes, Mercier répondit d’une manière générale à ce type de critique : « Quant à la sempiternelle considération que tout acte, tout sentiment exprimé, toute attitude fait le jeu de l’un ou l’autre antagoniste, elle est sans nul doute exacte. Le tout est de savoir s’il faut disparaître, se taire, devenir objet, pour la seule raison que notre existence peut favoriser le triomphe de l’un ou l’autre. Alors qu’une seule vérité est éclatante : nul ne fera notre jeu, si nous ne le menons pas nous-mêmes. » (Interrogations, n° 11, juillet 1977).

Mercier avait participé activement à la création de la CGT-Force ouvrière dans la région de Grenoble. Il milita aussi à l’Union des syndicalistes. Il donna de nombreuses conférences dans des cercles ouvriers comme, par exemple, sur le problème de la participation ouvrière à la gestion des entreprises au cercle Zimmerwald (La Révolution prolétarienne, n° 133, décembre 1958) ou sur la presse et les syndicats au groupement intersyndical d’études et de culture ouvrière de Saint-Étienne (La Révolution prolétarienne, n° 149, mai 1960). Après la Seconde Guerre mondiale, il constatait « la presque totale inexistence du prolétariat [...] dans la candidature à la succession du capitalisme » mais, au lieu de renoncer, souhaitait la naissance d’une « internationale de fait entre tous ceux qui ne désespèrent pas » (La Révolution prolétarienne, n° 32, novembre 1949). Conscient, par la fréquence de ses contacts internationaux de « l’urgente nécessité d’établir un réseau de relations permanentes entre les éléments libertaires et syndicalistes révolutionnaires de différents pays » (Nicolas Faucier), il créa en 1958 la Commission internationale de liaison ouvrière (Cilo) qui édita un bulletin d’informations en plusieurs langues. Cet « organisme de relations et de travail en commun entre courants libertaires actifs dans les mouvements ouvriers » s’efforça jusqu’en 1965 de publier des travaux « sur les problèmes des sociétés modernes et de diffuser une information responsable entre militants », selon ses propres termes. L’expérience reçut le soutien, non sans difficultés et conflits, d’organisations ou de groupes anarcho-syndicalistes de Hollande, de Suède, de France et d’Espagnols en exil.

En 1970, Mercier publia L’increvable anarchisme dans lequel il s’interrogeait sur l’actualité de l’anarchisme et les formes de résurgence de l’utopie libertaire dans les sociétés contemporaines, de l’insurrection hongroise de 1956 au mouvement de mai 1968.

La mort prématurée en 1973 de la compagne qui partageait sa vie et son action depuis 1953, Éliane Casserini, fut pour lui une épreuve qu’il surmonta en créant une nouvelle revue, Interrogations, « revue internationale de recherches anarchistes », dont le premier numéro (décembre 1974) parut avec cette déclaration préliminaire : « L’anarchisme ne peut plus se contenter de répéter ce qui fut vrai hier. Il doit inventer ce qui correspond à sa mission d’aujourd’hui. » Le colloque tenu à Lausanne en 1972, Société et contre-société chez les anarchistes et les anti-autoritaires, lui avait aussi permis d’élargir son réseau de contacts à de nouvelles générations de militants. Il écrivit le manuscrit de La Révolution par l’État sur les nouvelles classes dirigeantes en Amérique latine, dont deux chapitres parurent dans la revue de Bertrand de Jouvenel, Futuribles (tome XVII, n° 2, février, & n° 3, mars 1974), et qui parut intégralement après sa mort.

Après trois ans d’intense activité, il mit fin à ses jours le 20 novembre 1977. Il donna son corps à la faculté de médecine de Montpellier et ses archives au Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) de Genève. Ses derniers fonds furent distribués à des éditions militantes.

Militant animé de la double passion de comprendre et d’agir, Louis Mercier avait toujours eu conscience « du caractère inévitable de la solitude » qui n’interdisait « ni les œuvres collectives, ni l’existence de communautés fraternelles », répudiant toutes les fois pour vivre « parmi les points d’interrogations ». Sa pensée, comme celle d’André Prudhommeaux, reste une des plus stimulantes par sa volonté affirmée de rechercher en priorité « une ouverture à la réalité du neuf, une sensibilité au nouveau qui advient dans l’histoire » (M. Abensour).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155043, notice MERCIER Louis [Charles, Jean, Marin Cortvrint, dit Charles Ridel, dit Luis Mercier Vega, dit] [Dictionnaire des anarchistes] par Charles Jacquier, avec la collaboration de Marianne Enckell, version mise en ligne le 7 mars 2014, dernière modification le 21 août 2018.

Par Charles Jacquier, avec la collaboration de Marianne Enckell

Louis Mercier
Louis Mercier
Portrait par Phil Casoar.

ŒUVRE : « Pour repartir », L’Espagne nouvelle, été 1939 (reproduit in Aden, n° 5, octobre 2006, « Aux côtés de la République espagnole 1936-1939 ») — Les Anarchistes face à la technocratie, éditions du Libertaire, s.d. [1950] — Pourquoi et comment se bat la Hongrie ouvrière, Union des syndicalistes, s.d. [1956] — Présence du syndicalisme libertaire, Édition de l’Union des syndicalistes et de la Commission internationale de liaison ouvrière, s.d. [1962] — Mécanismes du pouvoir en Amérique latine, Belfond, 1967 — Technique du contre-État, Belfond, 1968 — L’increvable anarchisme, UGE, 1970 (réédition Analis, 1988) — « Les défauts des trotskistes » (Le Libertaire, 1936) ; « Quand les grévistes ne dirigent pas leur grève » (La Révolution prolétarienne, 1938) ; ces deux articles signés Ridel sont reproduits dans Révolutionnaires du Front populaire de Jean-Pierre Rioux, 10/18, 1973 — Autopsie de Peron, Duculot, 1974. – « Simone Weil sur le front d’Aragon », in Les écrivains et la guerre d’Espagne, Cahiers de l’Herne, 1975 (réédition in C. Jacquier (dir.), Simone Weil, l’expérience de la vie et le travail de la pensée, Sulliver, 1998) — La révolution par l’État, une nouvelle classe dirigeante en Amérique latine ; préf. de M. Abensour, Payot, 1978 (rééd. 2015, avec une préface de Jean-Pierre Lavaud) — Anarcho-syndicalisme et syndicalisme révolutionnaire, Spartacus, 1978 — La Chevauchée anonyme ; préf. de M. Enckell, Genève, Édition Noir, 1978 [iconographie] (réédition, Agone, 2006, avant-propos et postface Charles Jacquier ; témoignage M. Enckell) — « Confluences et particularités latino-américaines », in Les nouveaux patrons, onze études sur la technobureaucratie, Genève, Éditions Noir, 1979.

SOURCES : Fonds Louis Mercier (Archives CIRA-Lausanne) – Archives Marceau Pivert (Centre d’histoire sociale du XXe siècle, université Paris-I) — Archives Pierre Ramus et Ugo Fedeli (IISG Amsterdam) — Fonds Lucien Tronchet, Collège du Travail, Genève — « Les anarchistes dans la Résistance, témoignages 1939-1945 », Bulletin du CIRA-Marseille, n° 22-23, vol. II. — Nicolas Faucier, « Louis Mercier internationaliste », La Révolution prolétarienne d’octobre 1973 [nécrologie d’Éliane Casserini] et de janvier 1978 — Le Réfractaire de décembre 1977 [nécrologie par N. Faucier] — Le Monde libertaire de décembre 1977 (photo) et du 29 mai 1988 [Nécrologie de F.-C. Carpentier par Lucien Feuillade et Phil Casoar] — Preuves de juillet 1953 — Interrogations de janvier 1978 [entretien de Josep Alemany avec L. Mercier Vega] — Jean Rabaut, Tout est possible ! Les gauchistes français, 1929-1940, Denoël 1974 — Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, tome 2, Gallimard, 1975 — Lucien Feuillade, Une vie comme ça, Quai Voltaire, 1988 — Amedeo Bertolo, préf. à L’increvable anarchisme, Analis, 1988 — Entretiens avec Raymond Guilloré (1986) et Jean Rabaut (1987) — L’anthologie The Left & World War II. Selections from Anarchist Journal War Commentary 1939-1943, Freedom Press, 1989, reproduit ses articles dans cette revue – Pierre Grémion, Intelligence de l’anticommunisme. Le Congrès pour la liberté de la culture à Paris 1950-1975, Fayard, 1995 — David Berry, Amedeo Bertolo, Sylvain Boulouque, Phil Casoar, Marianne Enckell, Charles Jacquier, Présence de Louis Mercier, Lyon, ACL, 1999 — A Contretemps de juin 2002 [ce numéro, entièrement consacré à Mercier, reproduit deux de ses textes : « Esquisse du monde anarchiste d’hier », extrait de Société et contre-société chez les anarchistes et les anti-autoritaires, CIRA-Genève, 1974, et son compte rendu du livre de Burnett Bolloten, The Grand Camouflage (1961), dans La Révolution prolétarienne] — Michel Léger, De Brigades en Brigades, auto-édition, 2004 – Antoine Gimenez & les Giménologues, Les Fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d’Espagne, Les Giménologues et L’insomniaque, 2006 — Lettres de Nicolas Faucier et Marianne Enckell — Renseignements de Phil Casoar.

Version imprimable Signaler un complément