MIQUEL Mucio (Muç en catalan), Joseph, Emmanuel [“ Roca ”, pseudonyme de clandestinité]

Par André Balent

Né le 13 février 1902 à Barcelone (Espagne), mort le le 27 mai 1945 à Lübtheen (Mecklembourg–Poméranie occidentale, Allemagne) ; militant du PSUC et du PC ; résistant (FTPF) ; déporté en Allemagne.

Mucio Miquel et sa famille
Mucio Miquel et sa famille
Communiqué par sa famille

Son patronyme est souvent mal interprété. Certains pensent que son prénom est « Miquel » (catalan) et le castillanisent parfois en « Miguel » et que son prénom « Mucio » [Muç » en catalan] est son nom de famille. C’est le cas des listes des déportés du convoi du 21 mai 1944, publiées dans le Livre mémorial de la déportation où Mució Miquel fut ainsi enregistré : “ Miquel-Mucio [patronyme] Serret [sic, prénom]”. Le mensuel du PSUC, Lluita, dans un article nécrologique laisse entendre qu’il est né à Vilaseca (province de Tarragone) alors qu’il naquit a les Corts une ancienne commune devenue l’un des districts de Barcelone. Mais il se peut qu’il ait vécu à Vilaseca.

Cycliste de renom et d’excellent niveau dans les années 1920, Miquel eut un palmarès flatteur. Il fut deux fois vainqueur de la Volta ciclista de Catalunya (1924, 1925), vainqueur de la Vuelta des Asturies (1927), champion d’Espagne sur route (1927). Il conquit une seconde place à la Vuelta de Cantabrie (1925) et à celle des Asturies (1926) et à la Volta de Catalogne (1926). Il fut troisième du Grand Prix de Biscaye en 1927.

À une date indéterminée et pour des motifs inconnus, Mucio Miquel vint vivre à Perpignan qu’il fréquentait, depuis l’âge de seize ans, selon Le Travailleur catalan. Il milita dans les rangs du Parti communiste. Il participa aux activités du Comité d’aide à l’Espagne républicaine des Pyrénées-Orientales, aussi bien, sans doute légales et clandestines. Il est vraisemblable qu’il adhérait, dès cette époque, au PSUC (Parti socialiste unifié de Catalogne, communiste). En 1939, au moment de la Retirada, il accueillit dans sa maison perpignanaise du 21 avenue de Bompas de « nombreux compatriotes, sans distinction d’idéologies » (Lluita, traduit du catalan).

Mucio Miquel intégra les FTPF [3e subdivision, Inter région D, région I (Pyrénées-Orientales)]en novembre 1942. Il devint agent liaison de de cette formation armée et fut sous les ordres de Pierre Garcias* (alias « Passamon »), chef départemental du service de renseignements des FTPF. Miquel récupéra des plans, recueillit des renseignements divers concernant notamment les mouvements des troupes allemandes et récupéra des explosifs pour l’organisation. Il fut arrêté le 14 avril 1944.

Mucio Miquel fut déporté en Allemagne par le convoi parti de Compiègne le 22 mai 1944. Envoyé au camp de concentration de Neuengamme (ville libre d’Hambourg), il fut successivement affecté à deux commandos de ce camp : Fallersleben-Laasberg (Basse-Saxe), rattaché aux usines Volkswagen de Wolfsburg du camp de ; commando de Wöbbelin (Mecklembourg) de ce même camp créé seulement en févier 1945. Le camp fut libéré le 2 mai 1945. Les sources divergent quant à la date exacte de son décès.

Le Livre mémorial de la déportation indique le 23 mai ; Gual et Larrieu qui ont utilisé les archives d’associations de déportés des Pyrénées-Orientales donnent le 27 mai pour la date du décès de Mucio Miquel dans les listes des déportés du département parmi lesquels figure Mucio Miquel. Il en est de même pour le site internet siteducyclisme.net, la Wikipédia catalane et l’attestation de sa femme reproduite par Gual et Larrieu (p. 978). Lluita, l’organe du PSUC édité en France quelques mois après la mort de Mucio Miquel indique qu’il serait mort le 28 mai. Cette même publication affirme qu’il aurait péri des suites d’un empoisonnement ainsi que « 20 autres antifascistes » car, après leur libération, ils seraient « tombés à nouveau entre les mains des hitlériens » (traduit du catalan). Sa femme accuse des personnels allemands à qui les Américains avaient confié des déportés libérés nécessitant des soins d’avoir empoisonné son mari avec des aliments. Le Travailleur catalan, l’hebdomadaire du PCF reprit cette version de Lluita. Déclaré mort pour la France, Mucio Miquel fut enterré dans un des carrés militaires du cimetière de l’Ouest à Perpignan. Dans la notice du site MemorialGenWeb, nom et prénom sont classiquement inversés. Il apparait sur la liste publiée comme étant Mucio (nom) Miquel (prénom).

Mucio Miquel était marié. Il était le père d’un fils, Robert qui fit plus tard une carrière de musicien sous le nom de « Bob Miquel ».

Le nom de « Mucio Miquel » fut attribué à une rue de Perpignan située dans les nouveaux quartiers des Remparts-Sud, urbanisés entre 1935 et 1955.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article146368, notice MIQUEL Mucio (Muç en catalan), Joseph, Emmanuel [“ Roca ”, pseudonyme de clandestinité] par André Balent, version mise en ligne le 16 mai 2013, dernière modification le 23 août 2016.

Par André Balent

Mucio Miquel et sa famille
Mucio Miquel et sa famille
Communiqué par sa famille

SOURCES : Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Nostra Terra, 1998, pp. 976-978, 1053. — Georges Sentis, Les archives des FTP catalans (hiver-printemps 44), Lille, marxisme / régions, 1984, 72 p. [p. 62]. — Lluita, organe du Parti socialiste unifié de Catalogne (PC) édité en France, octobre 1945. — Le Travailleur catalan, 3 novembre 1945. — Le Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression consulté sur le site de la FMD (http://www.bddm.org/liv/index_liv.php) consulté le 10 mai 2013. — Site http://wwww.siteducyclisme.net consulté le 11 mai 2013. — Article « Miquel, Muç » in Wikipédia catalane (Viquipèdia), consulté le 12 mai 2013 où n’est évoqué que le passé de champion cycliste de Mucio Miquel. — Site MemorialGenWeb consulté le 23 août 2016.

ICONOGRAPHIE, Gual & Larrieu, op. cit., pp. 976, 977.

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